‹ Les Machabées de la Nouvelle-FranceChapitre 22 sur 34 · SO LES MACHABÉES · texte numérisé non relu

SO LES MACHABÉES

teurs ile la ville dont ils tentéraient ee saut, tandis que les soldats et les marins de la flotte feraient une diversion du côté du fleuve. 4

Pendant : que. le gouvérneur se tenait sur la rive droite de la rivière Saint- Charles avec près de mille hommes, MM. de Longueuil et de Sainte-Hélène à la tête d’un petit corps de volontaires attaquaient la tête de l’armée anglaise et la harcelaient par un de ces feux de tirailleurs où nos Canadiens excellaient.

Après une vive escarmouche pendant laquelle une balle cassa la jambe à M. de Sainte- Hélène, tandis que M.de Longueuil en recevait unc autre qui l’eût tué si sa corne à. poudre n’eut amorti le coup, les nôtres retraitèrent en bon ordre, ôtant pourtant à messieurs les Anglais l'idée de s’aventurer de ce côté-ci de la rivière.

Parfaitement revenu de. ses velléités de conquérant, l’amiral Phipps fit rembarquer ses troupes avec tant de précipitation, dans la nuit du vingt-et-un au vingtdeux octobre, qu'ils abandonnèrent sur le rivage de Beauport cinq canons avec: se aïfûts de campagne et cents livres

de poudre, outre une cinquantaine de boulets. Enfin, dans l'après-midi du vingt-deux, les vaisseaux anglais mirent à la voile et disparurent en arrière de la Pointe- -Lévy, comme une nuée d'oiseaux de proie qui, après avoir jeté quelques rauques clameurs, s’enfuient à tire d’ aile à la vue du chasseur.

La joie immense que cette victoire répandaïit . dans la colonie devait être pourtant troublée par la perte deMi;de Sainte-Hélène qui mourut à l’Hôtel-Dieu des suites de sa blessure, dans les premiers s jours du mois de décembre. ;

Le deuil causé par la mort de ce vail- Jant capitaine durait encore, quand une autre perte, non moins douloureuse et regrettable, vint frapper la colonie et la ‘famille LeMoyne, le sept juin de l’année suivante. Les Iroquois recommençaient leurs sanglantes incursions, et plusieurs de leurs partis de guerre s ‘étaient répandus aux environs de Montréal, lorsque M. de Vaudreuil, avec François de Bienville, le chevalier de Crisasy et le capitaine de la Mine se portèrent au-devant des barbares avec une centaine de soldats

| et de miliciens. Le sept juin 1697 la petite ï troupe se dirigea sur Repentigny où une bande d’ Onnéyouts s'étaient logés dans une maison que les habitants avaient dé sertée à l'approche des maraudeurs. On * .

arriva de nuit près de cette habitation devant laquelle quinze iroquois dormaient aussi paisiblement que s'ils eussent été couchés dans leur village. On les massa- :

cra sans pitié et l’on attaqua la maison où les douze iroquois, qui s'y étaient rétranchés, opposèrent la plus vigoureuse résistance. Dans la chaleur de l’action, le sieur de Bienville s'étant trop exposé, reçut en plein corps une arquebusade \ qui le renversa mort.Exaspéré par la perte de son brave compagnon, M. de Vaudreuil fit mettre le feu à la maison. Les iroquois forcés dans leurs retranchements, tentent une sortie dans laquelle huit succombent, tandis que les autres sont repoussés dans les flammes qui les enveloppent et les consument en un instant.

Les Canadiens commençaient à comprendre que pour amener ces barbares à les traiter plus humainement, il fallait d’a- 154 bord user à leur égard des mêmes pro- } cédés oi ils se servaient envers nous. à

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