CHAPITRE SÉPTIEME
Nouvelle expédition à la Baie d Hudson — Mort . de M. LeMoyne de Châteauguay. — Le fort Nelson repris par d’Iberville. — M. de Maricourt se distingue dans une autre expédition contre les Iroquois. — D’Iberville. prend Pemquid; il se
rend à Terreneuve: ses démélés avec M: de.
Brouillan; tous deux s'emparent de Saint-Jean.
— Glorieuse campagne des Canadiens à Terreneuve, — Couronnement des exploits d’Iberville ‘ à la baie d'Hudson.
ANS l'été de l’année 1604, MM. a À
berville et de Sérigny, reçurent in- .Struction de la cour de lever un détache-
-ment de Canadiens pour aller reprendre
les postes de la Baie d'Hudson dont les Anglais s'étaient encore une fois. emparés. Les deux frères d'Iberville com-
mandant le vaisseau la Charante, et Sé-:
rigny le Poli, prirent avec eux cent canadiens et parvinrent au port Nelson le vingt-
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quatre septembre, après avoir couru maints dangers dans les glaces qui couvraient la Baie tout entière. (r) Pendant plus d'un mois encore, les glaces empéchèrent les vaisseaux de pénétrer dans la rivière Sainte-Thérèse, et ce ne fut. que le vingt-huit octobre qu’ils purent remonter jusqu’au fort Nelson, situé à une demi-lieue de l'embouchure de la rivière. C’était une maison carrée flanquée de quatre bastions, le tout fortifié d’une double palissade et défendu par trente-six canons et six pierriers. La garnison se composait de cinquante hommes, assez mal commandés il est vrai.
Dès les premiers jours du siège, comme MM. d’Iberville et de Sérigny inves-
(1) M. d’Iberville se maria le 8 octobre 1693, à Québec,
avec Marie-Thérèse Pollet, «fille de feu François Pollet, écuier, seigneur de la Combe Pocatière, en son vivant capitaine au régiment de Carignan et de dame Marie-Anne Juche® reau son épouse». Dans un voyage que d’Iberville, alors “capitaine de frégate, fft dans le golfe Saint-Laurent, dans - été de 1694, madame d’Iberville accompagnait $on mari et lui donna un fils, Pierre-Louis-Joseph qui naquit sur le Grand-Banc de Terreneuve le 22 juin. D’lberville eut encore une fille, connue en France sous le nom de dame Grandive de Lavanaie. $
Après la mort de son mari, madame d’Iberville épousa en France le comte de Béthune, lieutenant-général des armées du Roi. :
tissaient la place, ils eurent la douleur
bu La saison était tellement avancée .
| tellement obstruée par les glaces, pen
de perdre leur jeune frère, M. de Cha- ; teauguay qui servait sur le Pol en qualité d’enseigne. Il fut tué d’un coup de mousquet en s’opposant à une sortie que tentaient les assiégés (r). | C'était depuis quatre ans le troisième des frères LeMoyne qui mourait en combattant pour le service du roi. 1
Enfin le. des dl novembre, à Hal les batteries de siège étant élevées, d’Iberville somma le commandant anglais de se rendre, ce que celui-ci, homme plus prudent que brave, exécuta sans 40 tarder. La capitulation fut signée le lendemain, et M. d’Iberville prit possession du fort, auquel il donna le nom de fort Bour-
que d'Iberville dut se résigner à hiverner en cet endroit. L’hiver fut très rude et le scorbut enleva plusieurs hommes, entre autres M. de Tilly, officier de marine.
Pour surcroît d’ embarras, la He fut
(1) Le nom de chaos fut donné au. plus jeune des | frères LeMoyne qui devint plus tard gouverneur de Cayenne,
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dant l’été de 1605, que d’Iberville n’en | put sortir avec ses vaisseaux qu'au commencement de septembre. Le fort Bourbon restait sous le commandement du sieur de la Forêt, du lieutenant de Mar-
tigny, cousin germain des frères Le- Moyne, et sous la garrda de soixante-qua-
tre canadiens et de six iroquois du Saut
Saint-Louis. D’Iberville avait d’abord eu l'intention de retourner au Canada, | mais des vents contraires et le scorbut qui continuait à décimer ses équipages, furent cause qu’il mit le cap sur la France.
Il arriva à la Rochelle le neuvième jour d'octobre avec une riche cargaison de pelleteries.
Dans une grande expédition que M.
de Frontenac dirigea lui-même, l’année suivante, pour dompter les Iroquois, M. de . Maricourt se distingua fort à la tête des Iroquois du Saut Saint-Louis et des Abénaquis domiciliés. Nous glisserons légèrement sur cette entreprise, à peu près semblable par ses incidents et le succès dont elle fut couronnée à celles que nous avons exposées précédemment, afin de nous étendre davantage sur les
victoires signalées remportées par MM.
d'Iberville et de Sérigny à Pemquid,
sur l'Ile de T erreneuve et dans la Baie
d'Hudson.
La cour de France avait à cœur de détruire le fort de Pemquid, situé sur les terres des Abénaquis ; car de cette
place fortifiée les Anglais pouvaient,
avec toutes les forces réunies de la Nouvelle-Angleterre, écraser d'un moment
à l’autre nos amis fidèles, les Abénaquis, ‘ou les détacher peu à peu de notre al- :
liance. Aussi, au mois de février 1696, M. Begon, intendant de LaRochelle, fit-1l armer à Rochefort l'Envieux et le Profond
dont MM. d’'Iberville et de Bonaven- À
ture prirent bientôt après le comman-
dement. L'expédition était dirigée par d'Iberville, qui commandait l’Envieux.
Les deux vaisseaux jetèrent l'ancre le
vingt-six juin dans la baie des Espagnols, à l’Ile du Cap-Breton. Là, d’Iber-
ville, apprenant que trois vaisseaux anglais croisaient à l'entrée de la rivière Saint-Jean, s’y porte en toute hâte, démâte l’un d’entre eux, le Newport, vaisseau de vingt-quatre canons, dont il
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