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d’une salve de mousqueterie, tandis que d'Iberville profitant du moment où son navire se dresse, envoie, à bout portant, toute la bordée de ses deux battéries sous la ligne de flottaison du Hampshire. Celui-ci, crevé dans ses œuvres vives, fait tout juste sa longueur de chemin, s'enfonce et sombre sous voile, engloutissant avec lui ses deux cent trente hommes d'équipage. Le Péhican vire de bord et court sur le Hudson-Bay * qui ‘s'efforce d’entrer dans la rivière.
Sainte-Thérèse. | — À l’abordage, mes enfants ! crie Dibeville | Maïs comme on va jeter les grapins, Re commandant anglais amène son pavillon et met bas les armes. Le Derring fuit vers le Nord et d’'Iberville lui donne aussitôt la chasse; mais pour le moins aussi fin voilier que le Pélican, l'anglais a pris : de l'avance et il faut renoncer à le rejoindre. Du reste le Péhican avec ses agrès coupés, ne peut forcer de voile.
Une forte voie d’eau s’est aussi déclarée à la ligne de flottaison qu'un boulet a
trouée. Il faut virer de bord pour ré-
parer les avaries. Pendant ce temps, le
ÉIO LES MACHABÉES
Derring s'échappe à la faveur de la nuit.
En retournant vers le Hwdson-Bay,
d'Iberville mouille près de l’endroit où
le Hampshire à coulé bas, pour tâcher de sauver ceux de l'équipage qui ont
pu échapper au désastre; mais il ne
reste plus rien du fier vaisseau qui repose à jamais sous les eaux sombres avec tout son. peuple de matelots,
Dans la nuit du six au sept septembre, le vent s'étant mis à souffler avec une violence extrême, d’Iberville s’ ’éloigna de
la rade avec le Pélican et sa prise, le Hud-
son-Bay, pour aller ancrer un peu plus loin
de terre. Mais les cables se rompirent |
sous l'effort de la tempête, et quoiqu'il n’y eût pas en France, au dire de Char-
levoix, de meilleur manœuvrier que d’I- berville, ses deux navires furent jetés à
la côte, à l’entrée de la rivière Sainte-
Thérèse. Ses équipages n’eurent que le
temps de se sauver à terre.
Sur ces entrefaites survinrent le Profond, le Palmier et le Wesp. Le dix septembre, d’Iberville fit dresser des batte-
ries en face du fort Bourbon, et ouvrir
le feu sur la place deux jours après. ‘A
peine quelques bombes avaient-elles éclaté
sur le fort, que son commandant, Henry
Baïley, fit battre la chamade et capitula.
D? Iberville prit possession du pays,
‘et retourna en France sur le Profond,
laissant le commandement à son frère Sérigny qui attendait que l’on eut réparé
le Palmier à moitié désemparé. Sérigny reprit lui-même le chemin de la France
l’année suivante, 1698,après s’être démis
du commandement en faveur|de son Cou-
sin le sieur de Martigny.
Cette: conquête, qui couronna digne- { nt les exploits d’Iberville dans ‘la
Baie d'Hudson, devait assurer pour
longtemps à la France la possession de cette partie de l'Amérique du Nord.
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