‹ Les Machabées de la Nouvelle-FranceChapitre 3 sur 34 · partie de la même expédition, s oi AE · texte numérisé non relu

partie de la même expédition, s oi AE

Hu des blanches falaises de Dieppe et voguait pu . avec les deux autres bâtiments vers les 4 Di côtes lointaines de la Nouvelle-France. a | Ces trois vaisseaux portaient la fortune

hi naissante de Montréal et les deux personà nes qui devaient le plus contribuer à en } ‘assurer la fondation et l'existence : M. de MT Maisonneuve, nommé gouverneur de la colonie qu’il allait établir, et mademoi- PR selle Mance, fille d’un procureur royal à d Nogent-le-Roi, et chargée par madame de on Bullion, veuve d’un surintendant des finances, d'aller établir un hôpital à Mont réal.

On sait que M. de Maisonneuve, Aides moiselle Mance et leur suite passèrent l’hiver de 1641 à Sillery, près de Québec, et qu'ils ne jetèrent les fondations de Montréal, nommée d’abord Ville-Marie, qu’au printemps de l’année suivante, le 18 Le 1642: « ho M. de Montmagny remplaçait alors comme gouvérneur-général de la Nouvelle ie France M. de Champlain qui, depuis d six ans, reposait dans cette terre que, le … + premier, il avait réussi à coloniser, et sur À laquelle il avait jeté le fructueux grain de

NÉGLS

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DE LA NOUVELLE- FRANCE 19 ani

sénevé de l'évangile et de la bon!

Les temps étaient alors des plus difficiles au Canada, et de cette époque date ce que l’on est convenu d'appeler

ie période héroïque de notre histoire.

Au milieu des fatigues du défrichement, de plus de mille lieues de la patrie, le colon, perdu au sein de forêts profondes, avait à

lutter, sous un climat extrêmement rigou-

reux, contre les Iroquois, ces implacables ennemis des Français. Membres de la grande confédération des cinq cantons

d’Agnier, d'Onneyout, d'Onontagué, de Goyogouin et de Tsonnontouan, situés

entre le lac Ontario et la rivière Hudson, les Iroquois n'avaient pu oublier que

| Champlain avait pris contre eux fait et

cause pour les Hurons ; aussi, avaient-ils juré une haine mortelle aux alliés de leurs ennemis, et leurs disputaient-ils pied”

à pied l'immense contrée que les nouveaux venus tentaient d’arracher à la

barbarie et d assujétir à la domination

française.

M. de Maisonneuve s ’aperçüt, en arrivant à Québec, qu'il lui faudrait déployer

la plus grande vigilance ; car les Iroquois,

qui déjà commençaient à harceler les co-

lons de Québec et de Trois-Rivières, ne

manqueraient certainement pas de faire tous leurs efforts pour empêcher les

Français de s'établir encore plus près des

Cinq Cantons. C’est ce que les événements ne tardèrent pas à démontrer.

Une bande d’'Iroquois, ayant reconnu le fort de Montréal dans l'automne de 1643, revint en plus grande force pour attaquer la place, dès le commencement de l’année suivante. Le 30 mars 1644, les chiens «qui faisaient tous les matins une grande ronde sous la conduite d’une chienne nommée Pilote », pour découvrir les ennemis qui pouvaient être cachés aux énvirons, se mirent à aboyer vivement. Chacun courut aux armes et vint

se ranger sous les ordres de M. de Mai-

sonneuve, qui, à la tête de trente hommes seulement, sortit bravement du fort pour

charger deux cents Iroquois que l’on voyait rôder sous les bois. Outre leur

grande infériorité numérique, les français

avaient aussi contre eux l’énorme diffi-

culté de marcher dans une neige molle,

dans laquelle ils enfonçaient à chaque

pas, tandis que les sauvages, chaussés de leurs raquettes, couraient aussi faci-

HE ne,

lement que s'ils eussent été sur la terre dure. C'était comme une charge d’infanterie contre un corps de cavalerie.

Tous ces désavantages n’empêchèrent pas la petite troupe de courir à la rencontre des ennemis. M. de Maisonneuve

déploya son monde derrière les arbres et

l’on commença à se fusiller vivement de part et d'autre. Accablés cependant par le nombre et manquant de munitions, M. de Maisonneuve et ses hommes du-

rent songer à la retraite. Elle commença

avec ordre et lentement, les blessés passant les premiers, les hommes valides ensuite, et enfin, à l’extrême arrière-garde, M. de Maisonneuve qui voulait être le dernier à se retirer.

A ce moment, les Iroquois quittent le lieu où ils sont embusqués, et s’élancent vers les fugitifs qui, se voyant suivis de trop près, précipitent leur course vers le fort, et laissent leur commandant loin derrière eux. Sans un chemin de traînage, qui servait à transporter le bois destiné à la construction de l'hôpital et offrait une surface assez ferme pour les porter, tous les nôtres eussent été faits prisonniers ou massacrés sur les lieux.

M. de Maisonneuve continuait de retrai-

‘ter bravement en faisant face, de temps à à autre, aux poursuivants qu’il maintenait à “une certaine distance au moyen de ses deux pistolets braqués sur eux.

Mais, pendant que notre troupe retraitait de la sorte, un autre danger la menaçait du côté du fort. Une pièce de canon était pointée en plein sur le chemin qui menait à la place, de manière à

le prendre en enfilade. Un de ceux qui Li

étaient restés dans le fort, voyant accourir les nôtres en désordre, sans distin-

guer français d’iroquois, mit dans sa fray-

eur le feu à la pièce. Heureusement que l’amorce se trouva mauvaise et que le

coup ne partit point, car cette belle équi-

pée nous eût tué tout notre monde.

Quant aux iroquois qui voulaient faire prisonnier M. de Maisonneuve, qu'ils avaient reconnu pour le gouverneur de Montréal, ils se gardaient bien de tirer Sur lui et se contentaient de le poursuivre

pour le prendre vivant. Serré de trop

près par eux, M. de Maisonneuve se retourne soudain et ajuste son homme. Le

pistolet rate, et l'iroquois qui s'était baissé pour éviter le coup, se relève pour .

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