‹ Les Machabées, ou, Le martyreChapitre 58 sur 64 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

ANTIOCHUS, SALOMÉ, MÏZAEL.

mizael, se dégageant des bras de sa mère et se jetant aux pieds d'Antiochus.

C'est le Roi.... par tes pieds que j'embrasse,. Par ses pleurs , par les miens , sauve-moi . Grâce ! grâce !

salomé, tendant ses bras.

Antiocbus

mizael à Antiochus et lui montrant sa mère.

Tu vois son trouble , son effroi...

Dis-lui que je vivrai.

Reprenez votre fils.

ANTIOCHUS

Mizael , lève-toi.

SALOMÉ

Tu vivras!

MIZAEL.

Il Pattes*

SALOMÉ, tirant son fils à elle.

Que je m'assure bien qu'un de mes (ils me reste ! C'est lui ; c'est Mizael qu'ils allaient égorger. Rejeton tout sanglant, que Dieu veut protégé

ÀCTÏ V, SCENE VU. 89

Loin de ces lieux maudits où gronde la tempête, Viens AU fond des déserts cacher ta jeune tète ; Galaath nous attend; fuyons-y pour toujours.

A.vriOCHUS.

C'est pour d'autres destins que je sauve ses jours.

Nos Dieux n'exigent rien de son obéissance ;

Mais du nom d'Onias je connais la puissance ,

Et ne veux pas qu'un jour les conseils maternels

Préparent au désert ses complots criminels.

Vous avez de son ame égaré la faiblesse ;

Ici d'autres leçons instruiront sa jeunesse.

Le fils de tant de Rois doit vivre dans ma cour.

Oui, crois-en mes conseils.... libre dans ce séjour,

Ne crains plus, et deviens sous les yeux de ton maître

Digne de ses faveurs, qui t'attendent peut-être.

MIZAEL.

Ma mère !

SÀLOMÉ.

Antiochus qui nous tient sous sa loi, Laisse comprendre assez ce qu'il attend de toi. J'ai des conseils aussi que mon fils doit entendre. Eli ! quel autre eut jamais une mère plus tendre !... Dieu sait que tous mes fils m'occupaient nuit et jour ; Mais mon cœur, en secret, te donnait plus d'amour, Car tu m'avais aussi coûté plus de souffrance; : En toi surtout vivait ma plus douce espérance ; Aussi, lorsqu'Onias , terminant son destin , Me laissa veuve, et toi, mon cher fils , orphelin ,

go LES MACHABEES ,

Je vouai devant Dieu mes jours à ta défense ;

Mes yeux incessamment veillaient sur ton enfance.

Les périls, les déserts, la colère du roi,

Excepté le Seigneur , j'ai tout bravé pour toi.

Oh ! si de tant de soins la mémoire t'est chère ,

Mon fils, mon dernier fils, prends pitié de ta mère...

Viens mourir...

ANTIOCHUS

Puis-je , 6 ciel ! en croire vos discours î Vous repoussez la main qui protège vos jours !

SA LOMÉ.

Et d'où naît dans ton cœur cet orgueil sacrilège? Qui? toi nous protéger !... l'échafaud nous protège...

ANTIOCHUS

Frémissez, imprudente, et pour vous et pour lui...

MIZAEL.

11 nous perdra. Fuyons.

SALOtfÉ.

Tes frères ont-ils fui ?

ANTIOCHUS

Enfant, sépare toi d'une mère cruelle.

SALOMÉ

Fils d'Onias, regarde où le Seigneur t'appelle.

antiocht rs.

Je t'ouvre mou palais.

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