V. II déclara ne pas comprendre. Alors
rai lui montra la Tausse lettre du 15 dé-
ibre IKOO, Tabriquée «^ans les bureaux de
at Major, et qui, aprè^ avoir été mise à la
te, avait 6té saisie et placée dans le dossier du
- lU'gardez la signature, dit (]•> l'cllimix.
1 i#>Mr«> ^i-tî) ^'ie'née Sperauz j r.it." rnî* pir.
néral de Pellieux lui montra encore une
" de Comminges, qui tvail
i droit. Cette lettre éttit
nianehe, comme le faux télégramme do
lu novembre.
Kiilln. il l'interrogea au sujet du propos suivant, attribué —sans aucun doute par du Paty d«* Cm m, l'ancien commensal de la maison de C«)i -idemoisel' -'"---* 'îe Com-
mit que le < lart n'a-
VOUi' J \
— J u avuuc • que roâdamoiMUadeCummiogei
et moi, nous en avons bien ri eii^fniDit-, un k» coloQel Picquarl dans sa déposition au proci\s Zola.
Toutes ces queslions, au moyen des^quelies le colonel Picquarl se trouvait transformé en accusé, étaient la conséquence et la suite des machinations ourdies contre lui pendant son séjour en Tunisie.
Il lui fut plus qu'aisé, il lui fui agréable de s'expliquer sur tous ces poinls, ainsi que sur bien d'autres.
Le général de Pellieux, qui < Muuit*
argent complanl les divagations i - d'Ksler-
bazy, interrogea enfin le colonel Picquarl sur la Dame voilée et sur le document libérateur.
Il reprocha, en termes amers, à l'ancien che! du bureau des renseignements, ses efforts pour démasquer un espion doublé d'un escroc el d'un faussaire. Il lui fil surtout un griof (! " adressé à .M* Leblois et de lui avoir coni: les lettres du général Gonse. El ce reproche siproduisait au moment même où les événeni- '< justifiaient pleinement la défiance et les prér ilions du colonel Picquarl.
l'affaire picquart
Il n'y avait plus d'affaire Esterhazy. Il n'y avaj plus qu'une affaire Picquarl.
CONTRE Ll COLONIL PICQOART 47
« Il esl clair, disait \'Intran$igeant, que Pic-
]uart est gardé à vue. ■ Et le Jour, de Vervoort,
eo sortant des bureaux de la^ Place,
y allait fumer sa pipe, déclarait que « le
lel Picquart était sous le coup d'une arrestation imminente ». L'ami du Uhlan faisait remar- " e «qu'on avait perquisitionné lis non cbex Esterhazy; qu'on n'avait jamais saisi ses lettres, à lui Bsterbaty, •t qu'il circulait librement».
r "'•■^"» '*".(-: Alors qu'il faisait filer Pictï, le général de Pellieux affeclait de serrer la main de son « cber commandant » à riji-suc do '1 -'vues.
Un conceri „ „ „^. :e début, entre
l'accusation et la défense, comme le démontrent
]r< in[[r<^^ saisies chez Esterhazy, ou plutôt chez
' -> sse, et versées au dossier de la Cour de
Il (scellé 4) : ■ Dans cet lettres, a dit
M' Momard, on voit Esterhazy écrivant au géoé*
i "fenseur t'est enfin rangé à son avis,
— ivec le général de Pellieux lui-même
i>s d'une communication qui doit être
ïiiUi à l';4<;«nc« liavoê. » Prévenu et magistral
!iiiiilairc collaboraient !
A renqiiAie de Pollleux succéda l'enquête de llavary. Celle-ci fut sensiblement la répétition de hi précédente. Comme de Pellieux, Uavary s'oe- • tipa t>f>aueoup plus du colonel Picquart que
d'Esterhazy. Il s'appesantit, notamment, sur l'afTaire de cette dame de B..., qu'un rapport de police désignait comme ayant tenu ' rs fuis
les rênes du cheval du colonel, q . idis il
revenait de la promenade.
Esterhazy comparut le 10 janvier 1808 devant le conseil de guerre. Ce procès fut une apothéose pour le Uhlan de M. de Schwarzkoppen. Si le rapport de Ramollol-Uavary — major de table d'hôte, mAliné de coureur de tripolg — fut un plaidoyer chaleureux en Tavcur de l'accusé, par contre, il fut un violent réquisitoire contre le lieutenant-colonel Picquart,
La sagacité de Picquart ayant fait échouer en partie le plan des faussaires, élaboré sur la base des télégrammes Blancheei Speranza, ils combattaient maintenant à visage découvert. Le trio Henry- Lauth-Gribelin s'était dressé contre le colonel Picquart pendant les instructions de Pellieux et de Ilavary, et le rapport de celui-ci, œuvre de haine et non œuvre de justice, relevait s * it
toutes les accusations, toutes les . ~,
toutes les insinuations qu'il leur avait plu do formuler.
Ravary concluait en ces termes contre Picquart :
L'information a révélé des faits particuliers qui donneraient à croire que le lieutenant-colonel Picquart pourrait bien avoir été l'&me de la camapgne
CONTRt LB COLONEL PICQOART 49
teandaleoM qoi Tient de m produire et dans laquelle il aurait eu rhahiicté de sa dissimoler et de laisser les autres porter les premiers coups.
Au mois d'août I8ÎK>, profitant d'une absence du lieutenant-colonel Henry, M. Picquart se fit ouvrir Tarrooire de cet officier et s'empara d'un dossier contenant des pièces secrètes. Pendant deux mois(!!) il le consenrâ, bien que ce fût l'habitude de remettre «'hfique soir à leur place les documents importants.
Un soir que le lieutenant-colonel Henry, de retour à Paris, était *-• -quement chez M. Picquart, il aperçut M' .. , avocat, dont le colonel recevait de fréquentes et longues visites, assis auprès du bureau et compulsant avec lui le dossier secret. Une photugra{>liie portant ces mots : « Cette
canaille de D m était sortie do dossier et étalée
l'ureao.
on conâidère que c'«s< une pièce identique
i a été renvofée au miniêtère de la guerre par
fit à te i!
le» deux ! '
:* le résultat de cette indiMcrition.
lA première de ces arflrmaliont roensoDgères tit la reproduction presque textuelle de la décla- Taite au romnian<l.tnt U.iv.iry par Heury. La le. était une allusion À lu groti.>sque histoire la dame voilée. Elle émanait d'Bslerhazy, le her commandant» du général de Pellieux.
' ' ' arrière le général de Luxer, lui
e les Instructions de l'Ktat-MaJor.
Ravary ajoutait :
Nous n'avons point mission de faire le procès do lieatenant-colonel Picquart. II appartiendra à l'autorité militaire le soin d'examiner et d'à i -<es actes et de leur donner la suite qu'il ai>j >ra.
L'interrogatoire d'Esterhazy fut une charge furieuse contre Picquart. Le Uhian raconta, entre autres choses, que l'ancien chef du bureau des I !'*raenl8 avait fait faire chez lui des per-
q Ais «une masse de lois», et qu'il avait été,
de sa part, victime de nombreux « cambriolages » . C'était complètement faux. Esterhazy ayant été, en 1896, rais sur ses gardes par le faussaire Henry, une perquisition chez lui n'eût donné aucun résultat. Cequiétait vrai c'est que, sur l'ordre de Picquart, un agent du ministère était allé visiter son appartement qui était à louer^ et que cet agent avait constaté qu'une quantité considérable de papiers avait été brûlée dans la cheminée. Comment Esterhazy avait-il connu cette visite? Par Henry encore.
Quand toutes les accusations eurent été produites devant le Conseil de guerre contre le lieutenant-colonel Picquart, et alors qu'il allait déposer et pouvoir se défendre, le hais-clos fut ordonné. Il ne fallait pas que ses protestations indignées fussent entendues au dehors.
On sait comment cette parodie de justice, où