‹ Les machinations contre le colonel PicquartChapitre 20 sur 21 · CONTRE LE COLONEL PICQ04RT · texte numérisé non relu

CONTRE LE COLONEL PICQ04RT

droit de légitime défense contre une brute armée de ^'^ ' '•"f»,

l. lion fut longue. Elle fll découvrir que

l'adresse du petit bleu avait été grattée. C'est sur ce grattage que repose la partie principale de l'accusation actuelle.

Clemenceau a lumineusement exposé, dans l'aurore du 27 novembre, l'absurdité de l'accusation portée, à ce sujet, contre le colonel Picquari par la Justice de Zurlindeu :

L'accoMtJon repose tar e^ fait qoe l'adresse du c petit blett » est grattée et qae le nom do dettioa* taire a été eflacé pour y inscrire celui d'Eslerhazy. Le eolooel Pieqoart est acco»é d'avoir fait ce faaz pour détourner sur Esterhaiy des lODpçons qui se <«. On sait <l«jà qae la photogra- • u, au moment de la réception, démontre qa'alors il n'y avait pat de grattage. On sait aaiai qoe iei experts déclarent que l'écritare n'est pas de Pieqoart, et qoe le nom d'Ktterhaxy a été écrit sor on grattage loos leqoel reparaît le non d'Ksterbaxy.

Ptc<)aart n'aeo connaisaance do petit bleo qo'aprèa la rrconatitotion faite par Laoth, et, comme on ne pouvait pu faire le grattage avant la reconatita. tion d'uor- pièce eo soixante fragments, il faot bien qoe legr.itt«ge soit poetérleor. Or, qoel nom a va •or raiiti'i«e, avant le grattage, le commandant Laolb, jtii, le premier, a réoni les morceaux du petit bleu 7 Le nom d'BsUrbaxy lui-même, tel que

les experts le retrouvent sods le gratlsge. Et d'ailleurs, s'il y avait un ^Tattage, comment ne Taurait-il pas vu? Et comment aurait-il pu direau procès Zola qu'il n'avait pas de preuves? Il est bien forcé d'en convenir.

Alors, que nous veut>on? Picquart n'a pas pu gratter le petit bleu avant la reconstitution, puisque, s'il avait fabriqué cette pièce, il n'aurait pas eu besoin de la gratter du tout, et que, d'ailleurs, le commandant Lauth aurait, en rapprochant attentivement les soixante petits morceaux, facilement reconnu l'opération pratiquée. Picquart n'a pas pu le faire après, parce qu'il ne pouvait avoir aucune raison concevable de gratter le nom d'Esterhazy pour récrire le nom d'Esterhazy sur le grattage.

.Mais, s'il n'avait aucune raison de faire cela, certains personnages avaient un motif évident de fabriquer ce faux, c'est ceux qui disaient : « Nous le croyons l'auteur du petit bleu, mais nous n'avons pas les preuves. » (Juand il n'avait pas de preuves, Henry en faisait. Du Paly de Clam se faisait fabricateur de faux avec Esterbazy, contre Picquart, pour sauver le Uhian. Y aurait-il un truisième faussaire? En tout cas, de l'aveu de tout le monde, il y a un nouveau faux. Et comme il ne s'est pas fait tout seul, et que non seulement Picquart n'a pas pu le faire, mais qu'il a été manifestement fait contre Picquart, il faut qu'il ait été fait par Henry, par du Paty de Clam ou par Lauth, qui avaient la disposition du dossier, et ne se gênaient pas pour le mettre à la disposition d'Esterhazy, comme le prouve l'his-

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loirede la Dame voilée avec son docameot libérateor.

A ■ scène change, el d'accu»*'

viti ileur. Un faux aélérail co

Par qui? Uû est lefan«aaire?On cherchera, on trouvera. Qui sait »i déjà Ton n'a pas trouvé? V ui perdre son ennemi, le faoetaire s'eel dénonce m même.

Ce rai^fonnement est Irrérutable. Il est conUrmé par cette dépèche, adressée le 2-1 septembre au Figaro :

Berlin, e b. M, soir.

l-,i ^lu.'iir ac > uiogne et le Hertiner Tajeblatt, qui viennent de paraître, déclarent savoir, de source autorisée, que le c petit bleu » dont on a publie le texte n'est pas un faux. Il n'a pas été écrit par le c«>l<>tiel de Sehwarzkoppen, mais par l'agent ■iccrt'i de l'ambassade d'Allemagne, qui servait d'interni)'(iiaire à l'attaché militaire allemand dans *ûê rappTlsavec les espions.

C'est clair I comme dirait Alphonse Hurabert.

Le parquet militaire, sanctionné par Zurlln- <ler il pas sr< htioD de-

lou de toute ^ -.uanl-co-

lonel Picquart pour fauK et usage de faut. Ra« cui'tll int les « charges • abandonnées par le Juge I thf. il se propose de lui demander également coiu|*ie de la prétendue dlTolgatlon de documents secrets à M* Leblols. D'accusé, celui-ci se

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trouve transformé en un simple témoin, car cet expédient juridique est nécessaire pour que le colonel Picquart puisse être poursuivi de ce chef par la justice militaire.

En acceptant môme la thèse des accusateurs, qui donc consentira jamais à admettre de bonne foi que la communication à quiconque du « petit bleu » ou de la pièce : « Ce canaille de D... » aurait pu mettre un seul instant en péril les intérêts de la défense nationale?

Par contre, que de coupables indiscrétions furent commises en faveur du traître Esterhazy ou des faussaires de l'Etat-Major, et dont les auteurs n'eurent jamais à répondre en justice!

Celui qui communiqua le bordereau au Matin; ceux qui rédigèrent, pour Vl^clair, un article mensonger, dans lequel ils fabiOèrent la pièce : « Ce canaille de D... », sont connus. Les at-on poursuivis?

A-t-on poursuivi la dame voilée, buUée et ëperonnée, répondant au nom de du Paty de Clam, qui remit à Esterhazy le fameux « document libérateur? »

A-t-on recherché el poursuivi 1 ulUcier d'étatmajor qui fournit & Judet-la-Hunte un document secret sur le père d'Emile Zola ?

A-t-on recherché et poursuivi les généraux, les colonels ou les commandants qui li\rèrent aux feuilles soumises, pour qu'elles en fissent leur

CONTRE LE COLONEL PICQOART Ht

profil, de fiii\ renseii '

noire inini>lre des ail „ -,^.- r

courtier léchine devanl l'ambassadeur d'Allemagne t

A-l-on pour M If commandanl P.t" • ->. Sainl-Morel, (loiii «Mre allô porler, rue P •,

en môme lemps que le drapeau de la France, le dossier B de r.«(Ttîro Dr»*\ fil"- .'i '■ " ^ <-

dire des lelln-s de 1 eiiipereur d ..-

quées par K»ierbazy et ses complices ?

A-l-on d^'Hiandé compte au général Pellieux-Ia- Ij^,. „»..,:. ^g 1^ coramunicalion aux jurés d'une pi* le qu'il savait perlinemmcnl Tausse?

Enfln, Cavaignac. ancien niinislrede la guerre, ne s'esl-il pas placé lui ous le coup de la

loi qu'on veul appliqui:. . .^ urd'hui au colonel Picquart, en lisant à la Iribune de la Cbambre de pseudo-documenls, lous plus lecreU les uns que les aulrp>?

La violalion du • secrel d'Élal •, pour employer le terme consacré, est devenue cbose cour.ir Saint-Dominique.

i, ....... il s'agit de tromper l'opinion et de défendre la canne d'un abominable traître, elle est rut) idérée comme un devoir. On ne la blÀmo, on ne II sn\\\ rh.ltierqu'en un seul cas : celui où elle poiirr.iit - I ,ir la cause de la vérité et de la Jus- Uce, amener le cbâiiment d'un coupable et la rébablliUttion d'un innocent.

LA PnOTBSTATION DES Cmn^ciencks

L'ordonnance par laquelle le général Zurlinden a envoyé le colonel Picquarl devant un conseil de guerre trié sur le volet, a soulevé dans ft "pays une émotion aussi puissante que légilime, parce qu'elle constitue, non une œuvre de justice, mais une œuvre d»' c Toutes le? ■ ocinles

se sont cou pour faire :. .. :re une

iramonse protestation. El cela, corarae le proclamait l'autre jour M. Buisson h laSorbonne, «parce qu'une question morale aussi poignanlequ'impré- \ue s'est posée devant la conscience d'un peuple, de noire peuple; celte question nousélreint lous aujourd'hui, et le monde anxieux suit les péripéties de notre supplice ». Et c'est vraiment un spectacle réconrorlanl pour ceux qui luttent depuis la première heure, de voir enfln la masse marchera leur suite et se mêler à la sainte ba- Kiiiie, pour la défense de la liberté et le respect ties nobles traditions françaises. C'est vraiment un spectacle réconfortant de voir affluer par milliers les signatures de ceux qui, au risque parfois (Iti perdre leur gagne-pain, tiennent à s'élever» « au nom du droit méconnu, contre les poursuites et les persécutions qui frappent le colonel Picquart, IhiToïque artisan de la revision, alor? qtic celle-ci s'accomplit ».

>rrm li colomil picquaiit 113

assistons avec joie, avec bonheur.

tioo tous

-•■->, if sang

des nKi*- le.

Ceux qui ont condamné injustement et illéga-

'^r les machinations . lyé de déshonorer et

de perdre l'admirable Plcqoart, ceux-là allaient à un but qii il- n'avaient guère prévi;

Jufîe-i n: '• ■--• - - donr 1 inijiiiie

suprême! J . us cette appré-

ciation, échappée à Ilochefurt, avant qu'il ne de-

-. trans-

- , .- , ...:cnt par

ardnêuf,éri-nr, ^i.iu:» teniraucun compte de l'acte oi des niotifi qui l'ont fait commettre. »

• 'S août 1^"- • - i^z. par

ité ei ()• •• n'est

pas lui que vous alteindrez, car II sortira plus

■\ et les justes

: , - -.. . pour lui. Mais

vous aurez i>«)riA le coup mortel à la ploutocratie <lu sabre et à i' • honneur de l'armée » person- ' " - • .- ' — nt par des faussaires; r-honi>résenté par des conseils de guerre qui acquittent les coupables et condamnent les innocents: 1' « honneur de l'armée • dé-

fendu par les Arthur Meyer, les Hurabert, les Judel, les Drumonl, les Rochefort, les Père Dulac et les Uodin.

L'aube des temps nouveaux point à l'horizon... Haut les cœurs l

Paris, 3 décembre 1898.

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