‹ Les machinations contre le colonel PicquartChapitre 7 sur 21 · CONTRE LB COLONBL PICQUART · texte numérisé non relu

CONTRE LB COLONBL PICQUART

fac-similé du bordereau, M. André Castelin annonça son intenlion d'interpeller le gouvernement sur les menées des « amis du traître ». Esterhazy fui avisé, par Henry sans doute, qu'il allait 6lre dénoncé à la tribune comme complice de Dreyfus. Il vint à Paris, où son altitude fut extraordinaire. On le vil, courant comme un fou din s les rues, sous une pluie battante ..

L'ava Tpellation Caslelin, Pic-

quart rc ... .;.. ,.cmenl l'ordre de quitter Paris, sans même rentrer chez lui pour y prendre du linge. On rélolgnail sous le vain prétexte d'une mission.

El alors commençait pour lui celte lamentable odyssée qui devait, en fin de compte, le conduire dans les geô!es du Cherche-Midi.

L^œuvre des Faussaires-

Pic4]uari a iravers i,i rraoce. — La larluferie du général Oonsc. — Une correspondance tripatouillée. — En Tanisie. — Henry se démasque. — Pic-iuarl prépare sa défense. — Une visite à M« Lcblois. — Une □nMsioD trop périlleuse. — Les manœuvres d'Esterhazj. — La dame voilée entre en scène.

Georges Picquart avait été nommé lieutenantcolonel le 6 avril 1806, un mois avant l'arrivée du « petit bleu » au ministère de la guerre.

En l'éloignant de Paris le 16 novembre de la même année, le Tartufe Gonse, pour endormir sa méQance, l'assura qu'il n'avait nullement perdu la confiance de ses chefs et que la mission trôs importante dont on le chargeait en était la preuve. La plus grande discrétion loi était demandée. Il ne devait pas même dire à sa famille où il allait.

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Enfin, on le priait de faire adresser sa correspondat: iaistère de la guerre, d'où elle lui se-

rait e.

i lusieurs mois, le colonel Picquart fut

la dupe de Gonse, qui continua à lui adresser des lettre^! «iïectueuses.

On l'envoya d'abord à Nancy. Quand il fut arrivé dans celte ville, on lui dit : « Allez ailleurs ». On le promena -"delafron-

tière de l'Est cl u.. ^ successivement, sous des prétextes divers, Marseille, Grenoble. Lyon, tiriançon, Cbambéry.

\ la date ' ' - --bre 180C, Gor rivait: • Le i charge de \- -nir confidentiellement qu'il va se rendre à Nice et qu'il désire \* ' «'r dans cette ville. » C'était là une iioL liie. Huit jours plus lard,

Gonse lui ordonnait, en ces ternies, de partir pour l'Afrique : • Le ministre vient de me dire qu'il

«liiiiiiilft w,tre mission une an- '•• "f^,

et il ^< ii> < hif^e d'aller organi-i renseignements en Algérie et en Tunisie. Vous d> ' Miittant Marseille

le::-^ r ,. ie. .

l'n peu surpris de tous ces ordres et contre- <M juart obéit. Il se rend à Philippeville,

pui> il 4.«Jii!>iantine. Mais ee gêneur n'est pas encore Aufflsammenl éloigné, aux yeux de ceux qui ont la garde de 1' • honneur du 2* bureau • :> La

question relative à la division de Constanline n'est rien à côté de celle de Tunis, lui écrit Gonse le 6 janvier. Partez le plus lût possible pour la Régence. Vous allez trouver un travail de longue haleine qui demandera le \*\\\^ grand tact et la plus grande discréliori. »'n r.iis.n du voisin lu'e. »

UN NOUVEAU 1 Al A

Tandis qu'à tout propros il prodiguait au co« lonel Picquart des témoignages de sympathie, Gonse laissait ouvrir sa correspomî.«n •.» par Henry.

Le 20 novembre, quelques jours après le départ de Picquart pour sa prétendue mission, une lettre, qui lui était adressée, avait été momentanément retenue et copiée. Cette lettre émanait d'un brave garçon, qu'il avait connu au régiment, M. G. Ducasse, et qu'il avait placé comme secrétaire chez la vieille demoiselle de Gomminges, une amie de vingt ans. La lettre se terminait par ces mots : « Tous les jours, le demi-dieu demande de vos nouvelles. » Par le demi-dieu on désignait, dans le salon de mademoiselle de Gomminges, le capitaine Lallement, ofUcier d'ordonnance du général des Garels.

Ces mots <> demi-dieu » éveillèrent aussitôt l'attention de Henry et de son complice du Paty de

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Clam. C'est alors qu'ils fabriquôrenl l'an des faux que Picquart devait dénoncer plus tard à M. Bertuluset qui était ainsi conçu :

Votre brusque départ doos a toas mis dans le désarroi ; l'œuvre est compromise. Parlez et le demidieu agira.

Bt ils signèrent • Speruun •, de ce nom que l'on retrouvera au bas de l'un des faux d'Esterbazy l'année suivante.

Ils créaient ainsi, à l'intention des autorités militaires dont dépendait Picquart. la légende tant exploitée depuis lors d'une sorte de complot, ourdi en faveur de Dreyrus par un syndicat dont l'ancien cbef du bureau des renseignements serait resté lécher occulte.

Pour que Piequart ne pût se douter de rien, les faussaires ne lui envoyèrent pas leur lettre. Après l'avoir mise à la poste. Us la saisirent à son passage par le ministère de la guerre et la placèrent dans le dossier de l'homme qu'ils comptaient ainsi compromettre déflnitivemeni.

Picquari n'en eut connaissance que lorsque, rappelé h P&rls, il fut Interrogé par le général de Pellieiu

Cet ir. ! l«>ment l'attitude

apparenlo Uc Uou»c. u. '•> <lt> Henry —

pas même celle de Gribc. ard du lieu-

tenant-colonel disgracié, auquel ils continuèrent à envoyer (le temps en temps des lettres paraissant empreintes de la cùrdlaliié la plus vive.

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