BOULEVARD S A IXT-GERM A IK
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Tout le monde sait que la mécaniqv^ a pour objet Tétude des forces et de leurs effets, c'est-à-dire du mouvement et de l'équilibre, et qu'elle est susceptible de deux grandes applications, d'une part au système du monde, de l'autre aux machines et à rindustrie. La première branche constitue la mécanique céleste; la seconde, la méco/nique industrielle. 'C'est de la mécanique industrielle que nous aurons ' ispécialement à nous occuper ici.
Une machine est un produit de l'intelligence et du travail de l'homme, destiné à suppléer à notre faiblesse, en nous permettant de faire un emploi utile des forces que la nature met à notre disposition. Le principal but à atteindre dans la construction des
achines est d'utiliser les forces naturelles qui se
/uvent à notre portée, et d'oblemt ^^\: \^ \«v^
àififartinn de plus en plus COmplfele aie TVO^\i^^^Vû5S»
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et de nos goûts. Quelque étendu que soit ce programme, et il est encore biA^oîK d'être entièrement épuisé aujourd'huifcil^y à, des esprits chimériques qui ne s'en contentent pas et qui demandent davantage. Ils voudraient qu'une machine créât des forces nouvelles au lieu d'exiger rem[)loi de forces préexistantes. Chaque année, on voit un t)on nombre de ces rêveurs perdre ainsi leur temps et leurs ressources à la poursuite d'un miracle. Créer de la force est en effet aussi impossible à l'homme que de créer de la matière, et quiconque veut y réfléchir reconnaît sans peine que notre action ici-bas se lK>rne simplement à diriger vers un certain but des transformations dont le monde phjsique fournit tous les éléments, sans que nous ayons Je pouvoir de rien créer ni de rien détruire. |
On peut partager les machines en deux classes :
Les unes, qu'on nomme spécialement outils, sont pour l'homme comme un complément de ses organes. Telle est l'aiguille pour le tailleur, la scie jjour le menuisier, la bêche pour le cultivateur, etc.
Les autres sont les machines proprement cliies^ (|ui, moyennant l'intervention d'un moteur étranger, suppriment ou réduisent le travail humain, en donnant le mouvement à une série d'outils ou de machines plus simples. Les roues hydrauliques et les machines à vapeur, dont l'usage est aujourd'hui si fré(iuent, ap[)artienncut à cette seconde classe.
Quelle que soit la couïplication des dispositions adoptées pour l'accomplissement d'un travail industriel, on trouvera toujours dans l'usine où s'effectue ce travail :
Un moieur;
Un récepteur;
Diverses transformations de mouvement,
Et des outils qui font le travail voulu.
Supposons, pour fixer les idées, qu'il s'agisse de faire des planches avec les arbres d'une forêt. La scierie qu'on établira dans cette forôt sera placée auprès d'une chute d'eau : cette eau servira de moteur. Le récepteur sera la roue sur laquelle l'eau viendra agir. Divers organes, mis en jeu par la roue, transformeront le mouvement de l'arbre de couche dans le mouvement des scies (flg.l). D'autres organes imprimeront en même temps à l'arbre débité un déplacement lent qui permettra à la scie de prolonger son trait à travers le bois. La scie constitue l'outil principal. Le travail produit est identique à celui des scieurs de long (fig. 2), et tout l'artifice de l'industriel se résume dans l'emploi d'une chute d'eau pour couper ses planches avec plus de rapidité et plus d'économie.
Nous nous proposons de passer en revue, non pas toutes les machines, mais du moins quelques-unes parmi les plus intéressantes. L'analyse sommaire que nous venons de présenter indique déjà les points -principaux qui doivent être l'objet de notre examen : d'abord les moteurs, avec les récepteurs qui en forment pour ainsi dire la contre-partie; puis les transformations de mouvement; enfin les outils, et le rôle qu'ils jouent dans les diverses branches du travail industriel. Mais le point de vue mécanique ou géométrique n'est pas le seul auquel on doive se placer dans une telle étude. Le point de vue économique et moral abîeivavi^^V^wvYKvportance, et notre travail serait troc \:ueoTOç\<à\.% 'sX
6 TNTRODOCTION.
nous passions tout à fait sous silence un sujet si digne d'Intérêt. Il ne sera pas inutile enfin, avant d'entrer en matière, de donner un aperçu de l'his-
toire des machines, et c'est par là que se terminera notre introduction.