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Nous avons cité l'axiome : Vhomine ne crée rien^ ni force ni matière, II est pourtant une chose que rhomme peut créer, une chose immatérielle, bien entendu : la valeur. Les considérations que nous allons présenter sur ce sujet nous permettront d'apprécier rimportance des machines et les services qu'elles rendent à l'humanité.
Avant tout, remarquons, avec Frédéric Bastiat, que la valeur d'un objet n'est pas identique à son utilité; car certaines choses sont très utiles et n'ont aucune valeur*. Tel est par exemple l'air atmosphérique : rien n'est plus utile, puisque sans air nous ne pourrions vivre, et l'air est sans valeur, puisqu'il
1 . Certains économistes admettent une valeur à V échange et une
«ileuT à V usage. Ils appellent valeur à Vusaye ce que nous appe- Ds ici utilitéj et valeur à Véchange ce que nous appelons simplement valeur.
affliM* Dkiluff^U'emiHit reis nos Toies respiratoires, sia> qf[k^ iM>as ayiC4is jamais besoin d'en acheter ni J>n faifie {:"r!:"rit>|iùin. riîlîté et Taleur sont donc deux â liées nTorlne diffère'nt. Poar déclarer un objet utile, U n'y a «^~â OL>*n<u]iter dois besoins et nos goûts, et à reoonnaitr^ dan> cet objet quelque qualité qui le rende prv^pne- à les satisfaire. Au contraire^ la valeur d'un objet dêp^end non seulement des qualités qui en font un <î^jet utile, mais encore de rabondance ou de la rareté des objets analogues qui pourraient *-n tenir lieu. La valeur se mesure par l'étendue du sacrifice que des acquéreurs consentiraient à faire pour entrer en jouissance de l'objet dont il s'agit, movennant un échanj^e librement débattu. L'abondance d'un pro^luît tend à en diminuer la valeur, J la rareté tend à l'augmenter; et ces circonstances fl n'influent en rien sur futilité du produit, qui est un résultat nécessaire de sa nature et de la nôtre.
Pour l'homme qui vi\Tait seul dans un désert, cette distinction entre valeur et utilité serait illusoire. Le mot valeur n'aurait pas de sens éconc mique pour lui. Ne pouvant rien se procurer par voie d'échange, il serait forcé, sous peine de mort, de produire par lui-même tout ce qui est indispensable à ^entretien de sa vie. Il aurait assurément le droit d'attribuer une valeur aux produits de son travail, mais la valeur ainsi déterminée serait arbi-* traire et par conséquent fictive; pour devenir réelle, il faut qu'elle soit reconnue dans un débat contradictoire entre divers intéressés : or cette sanction fait défaut aux appréciations d'un homme isolé ( tc^s les autres.
Laissons là les cas singuliers, et revenons aux conditions communes de notre existence ici-bas. Nous vivons en société. La solitude absolue ne se rencontre nulle part, pas même pour le chartreux qui s'est condamné volontairement au silence de la cellule : car, chaque matin et chaque soir, le bon Père trouve dans son tour la nourriture préparée pour lui dans les cuisines de la communauté. Nous avons tous besoin pour vivre, et, s'il est possible, pour vivre agréablement, de consom/mer un nombre extrêmement grand de produits. La classe des con-^ sommatey/rs englobe la totalité de l'espèce humaine. Celle des producteurs est un peu moins nombreuse, car, pour l'obtenir, il faut retrancher du genre hu-
ain, d'abord les sujets trop jeunes et les sujets trop vieux, puis les infirmes, les paresseux, et enfin les individus, plus nombreux qu'on ne croit, qui, par goût ou par conviction, se livrent à des travaux complètement inutiles. Ce qui reste après toutes ces suppressions constitue la classe des producteurs, dont l'industrie et les efforts font vivre l'humanité tout entière.
Le phénomène de la production, considéré au point de vue de l'économiste, résulte en général du concours de trois éléments distincts qu'on nomme, dans le langage de l'école, la terre, le travail, le capitat. Dans cette énumération, la terre représente l'ensemble des forces naturelles et des qualités inhérentes aux objets placés autour de nous : c'est le fonds primitif sur lequel la vie de l'homme s'est ^tablie et persiste. En cela, point de différence entre tes diverses espèces vivantes, végétales ou animales, qui habitent notre planète : aucune n'eût vécu si
ZOk LES MACHINES.
la nature Favait placée dans un milieu dépourvu des principes qui lui sont strictement nécessaires. Jj Le second élément de la production, le travail, met' en œuvre les matériaux bruts fournis par la terre, pour en dégager des produits appropriés à notre usage. Ici encore, le rôle de l'homme ne diffère pas essentiellement du rôle de l'animal; car l'animal travaille, soit qu'il chasse, soit qu'il se creuse un | terrier ou qu'il se construise un nid. Là où l'homme se sépare complètement des espèces inférieures, c'est dans la formation et la conservation du capital, troisième et dernier agent de la production. La plupart des animaux vivent au jour le jour. Les plus économes n'étendent pas leur prévoyance au delà du prochain hiver. Au bout d'un temps assezfl court, tout est usé ou détruit, et l'espèce se retrouve ramenée à sa situation primitive. Tout est à recommencer pour elle, et aucun progrès définitif n'a été accompli. Il en est autrement de l'homme, et le mot capital résume une série de phénomènes particuliers à notre nature. Le capital est l'ensemble des produits qui, n'ayant pas été consommés, peuvent servir à en obtenir de nouveaux : c'est pour ainsi dire le bénéfice net des opérations de l'humanité. Grâce au capital, chaque génération n'a pas à reprendre sur nouveaux frais le travail des générations précédentes, et, de l'une à l'autre, on peut constater un progrès réellement acquis. Bâtiments, vêtements, provisions, voies de communication, meubles, outils, machines, aménagement du sol, tout cela rentre dans le capital ; il forme à côté d fonds naturel désigné par le mot de terre, un S( cond fonds dans lequel l'homme puise à pleines
mains pour son travail, et qui rend la production plus facile et plus féconde.
f Gomment firent nos premiers pères pour se passer d'un auxiliaire aussi utile? avaient-ils moins de besoins que nous? étaient-ils plus robustes, plus près de cet état hypothétique que les philosophes du siècle dernier nommaient Vélat de nature? Nul ne le sait, et Tabsence absolue de capital à Torigine de rhumanité répand sur ses débuts comme une teinte merveilleuse. Pour nous, modernes, l'usage du capital nous est devenu si familier que nous ne concevons pas qu'on puisse en être complètement privé sans périr. Aussi Daniel de Foë, en confinant Robinson Crusoé dans son île déserte, a-t-il eu soin
I de mettre à sa portée les richesses du bâtiment
' naufragé, et de le doter d'un bon capital à son entrée dans la vie solitaire.
Des deux sources où va s'alimenter notre travail, l'une, l'ensemble des forces naturelles, se conserve sans variations à travers les âges; l'autre, le capital, s'accroît ou diminue avec le temps, selon que l'homme est plus ou moins laborieux, plus ou moins prévoyant, plus ou moins économe. A dire vrai, la première source subit des variations comme la seconde, non pas en elle-même, mais dans l'usage que nous en faisons. Les forces naturelles d'aujourd'hui ne diffèrent pas de celles d'autrefois, mais nous les connaissons beaucoup mieux, et nous en lirons un bien meilleur parti. Ce ne sont pas elles qui varient, mais c'est la science humaine, et chaque découverte est pour ainsi dire une création de
Aouvelles puissances à notre profit.
Quel est donc le véritable intérêt de l'humanité?
Cesl d'accroître son double héritage : le capital et la science. Les progrès de la science sont très ca- , pricieux, et la loi de son développement n'est pas ' encore bien connue. A la période la plus féconde succède souvent une longue série d'années stériles. L'imagination s'endort; on dirait qu'elle se repose des efforts de ceux qui ne sont plus. Après les génies originaux, inspirés par une sorte de révélation divine, viennent les érudits, les vulgarisateurs, et tous ceux qui, dans une sphère plus modeste, conservent les traditions des maîtres et passent aux générations d'une autre époque le flambeau du savoir humain. Mais ce qu'il importe ici de faire ressortir, c'est le rôle essentiel du capital dans le développement, dans l'existence même de la science, m Le géomètre le mieux doué par la nature, un Archimède, un Newton, s'il était obligé pour vivre de courir chaque jour les bois à la poursuite du gibier ou à la recherche des fruits sauvages, manquerait à coup sûr du temps et de la liberté d'esprit nécessaires à des méditations suivies. La première condition pour qu'il y ait des savants, c'est que les nécessités de la vie matérielle n'absorbent pas toutes les ressources de leur esprit, et cela suppose l'accumulation antérieure d'un certain capital. L'histoire vérifie cette remarque. Elle raconte, par exemple, que les premiers astronomes furent des bergers de la Chaldée, qui, en gardant leurs troupeaux, avaient le loisir de suivre chaque nuit les mouvements des astres : des troupeaux, voilà le capital déjà formé, et permettant aussitôt les premiers es sais de la science spéculative.
Leê hotnmeô ont en définitive uti Immetise Inté-
rêt à accroître le capital, puisque cet accroissement est la condition indispensable de tous les progrès, y compris ceux de la science elle-même. Or le capital s'augmente par une double opération : la production d'abord, l'épargne ensuite. La production demande des efforts plus ou moins pénibles ; d'un autre côté, on ne peut nier qu'il n'y ait une certaine satisfaction naturelle attachée à la plupart des consommations improductives. Soyons donc sûrs que le capital ne se formera pas, ou que, formé, il sera aussitôt détruit, si les hommes ne sont pas intéressés d'une manière bien évidente à prqduire et à conserver les choses produites. La production cesse vite, par exemple, dans une société anarchique, sans justice, f sans police, où personne n'est assuré de jouir en paix des fruits de son travail. La formation et l'accroissement du capital exigent avant tout la sécurité dans la jouissance des biens, c'est-à-dire la propriété et Vhérilage. Car « Thomme vit peu de jours»; et quel est le philanthrope assez désintéressé pour s'imposer les fatigues de la production et les luttes de la vie économe, s'il n'est pas fondé à croire que son travail quotidien peut assurer le repos de sa vieillesse, et, après lui, l'avenir de sa famille ? Aussi le principe de la propriété personnelle est-il la condition absolue de tout progrès, de toute amélioration du sort des hommes. Ce principe est-il méconnu, plus de sécurité, plus d'activité, plus de liberté individuelle, plus de dignité humaine : l'État devient le propriétaire universel, l'individu n'a rien et n'est
#rien, le peuple n'est bientôt qu'un troupeau tremblant sous la verge d'un maître.
Au nombre des causes qui contribuent à dévelop-
per le capital, il faut citer un principe économique dont nous avons déjà souvent reconnu la portée, le principe de la division du travail.
En vertu de ce principe, chaque homme, au lieu d'éparpiller ses efforts pour produire successivement les innombrables objets nécessaires à son existence, se consacre à une production particulière, dans laquelle il ne tarde pas ordinairement à acquérir une certaine habileté. La masse produite augmente en conséquence; en même temps la qualité des produits s'améliore. L'échange permet ensuite à chaque producteur de se procurer les divers produits étrangers à sa fabrication personnelle. Le boulanger, par exemple, ne produit que du pain; mais avec ce pain qu'il livre au tailleur, au cordonnier, â au boucher, il achète des souliers, des habits, de la viande. Aussi la division du travail suppose l'échange; elle est d'autant plus développée que le marché au sein duquel elle s'exerce est lui-même plus étendu. Très restreinte dans un hameau, où le même individu exerce à la fois plusieurs métiers d'une manière également grossière, elle est plus complète dans les villes, et surtout dans les grands centres de population, où la spécialité des talents se dessine davantage. Enûn elle atteint ses dernières limites dans les ateliers de manufactures, où une production industrielle alimente un débouché indéfini, et où l'on dispose d'une armée de travailleurs. L'échange met en présence le producteur et le consommateur y deux classes dont les intérêts sont opposés, bien qu'elles soient formées, à dire vrai, par les mêmes personnes.
Le consommateur ne peut acquérir l'objet qu'il
convoite que par Tabandon d'une valeur égale, valeur comptée en argent ou représentée par toute autre marchandise. Son intérêt, c'est que la valeur de l'objet en question soit la moindre possible, c'est, en d'autres termes, que la production des objets semblables soit abondante, et qu'elle les jette en foule sur le marché. L'idéal du consommateur est donc une production tellement développée que les objets utiles soient communs comme l'air ou comme l'eau, dont l'usage est gratuit. Une telle abondance serait le retour de l'âge d'or, si l'âge d'or avait jamais existé autre part que dans notre imagination. Le producteur, qui oublie volontiers qu'il est consommateur à son tour comme tous les autres hommes, n'est pas aussi libéral. Son intérêt le plus cher, c'est que les produits de son industrie aient sur le marché une grande valeur. S'il abaisse ses prix, c'est parce qu'au-dessus d'un certain niveau, aucun acheteur ne se présenterait plus pour les prendre. L'idéal d'un producteur serait de fabriquer à peu de frais une certaine quantité de produits, et de les vendre ensuite au prix le plus élevé possible; pour cela il souhaiterait d'être seul à les produire, car si plusieurs producteurs livrent à la fois sur un même marché une certaine masse de produits semblables, la concurrence qu'ils se font tend à égaliser les prix au taux le plus bas consenti par l'un quelconque d'entre eux. Ainsi le producteur, bien qu'il ait le droit de fixer arbitrairement lefprix des objets qu'il met en vente, voit ses prétentions restreintes autant par la concurrence des producteurs rivaux que par les ressources limitées des acheteurs auxquels il s'adresse.
Tout marché se résume dans une appréciation contradictoire de valeur qui résulte du jeu naturel de Yoffre et de la demande : c'est ainsi qu'on indique les rôles particuliers du vendeur et de l'acheteur. Y a-t-il abondance de produits, Toffre est grande, la demande restreinte, les prix s'abaissent, le consommateur en fait son profit. Y a-t-il, au contraire, rareté relative des produits, ou, ce qui reviendrait au même, excès du nombre des consommateurs qui se disputent un produit trop peu abondant, l'offre diminue, la demande augmente, les prix s'élèvent et le producteur a momentanément l'avantage du marché. Mais pour peu qu'elle dure, la hausse du prix stimule un accroissement dans la production des objets demandés : cet accroissement augmente l'offre et tend par suite à limiter l'élévation des prix. De même l'empressement du consommateur à profiter d'une baisse tend à arrêter cette baisse et à maintenir les prix à un certain niveau moyen.
Admirons la simplicité de ces lois économiques, en vertu desquelles la liberté assure la satisfaction de nos besoins bien mieux que ne le ferait la réglementation la plus savante. Pour être sûrs d'avoir toujours sous notre main les produits utiles, nous n'avons pas à revenir aux maîtrises et aux jurandes de l'ancienne législation des métiers, ni à nous mettre en frais d'imagination pour découvrir quelque autre organisation tyrannique du travail. Nous n'avons qu'à laisser faire: l'intérêt individuel* et la liberté suffiront. Les industries se développent d'elles-mêmes, jusqu'à ce que l'offre atteigne l'étendue de la demande, et les prix se fixent aux taux qui assurent à la fois à la production un
débouché rémunérateur, et à la consommation une production suffisamment abondante. Tout ce qu'on peut demander à la loi écrite, c'est de ne pas intervenir pour troubler arbitrairement Tharmonie de l'ordre naturel.
Le développement du capital, en rendant la production de plus en plus industrielle, a le double avantage d'augmenter les quantités produites et d'abaisser les prix. Cette dernière partie du phénomène économique peut être masquée, il est vrai, par la dépréciation de l'or et de l'argent, marchandises soumises comme toutes les autres à la loi de l'offre et de la demande, et sujettes par conséquent à une diminution de valeur à mesure qu'elles affluent I plus abondamment sur le marché. La baisse continue de valeur des produits fabriqués n'en est pas moins certaine; pour s'en rendre compte, au lieu déconsidérer les variations des prix nominaux, mesure trompeuse, puisqu'on l'obtient à l'aide d'une unité dont la valeur varie d'une époque à l'autre, il suffit d'avoir égard à la manière de vivre des classes les moins favorisées : le progrès est sensible à tous les yeux quand on compare leur sort d'aujourd'hui à celui qu'il était, par exemple, au commencement du siècle. Une masse énorme de satisfactions, devenues abordables pour elles, leur étaient autrefois tout à fait refusées. L'accroissement du capital a une action bienfaisante sur tous les hommes, mais les travailleurs sont les premiers à en ressentir l'influence. A mesure que le capital augmente, sa valeur diminue, le taux de l'intérêt décroît, le travail devient plus abondant, plus productif et mieux récompensé; en même temps la vie devient pour tous
plus facile et plus agréable. D'où vient donc ce sinistre préjugé qu'on trouve répandu dans les bas- i fonds de la société, et qui fait du capital un ennemi du travail, un tyran qu'il faut haïr et renverser? Le capital est si peu un ennemi du travail, qu'il en est, nous l'avons vu, l'indispensable auxiliaire. D'autres rêveurs, moins radicaux en apparence, ne déclarent pas au capital une guerre aussi acharnée : ils aimeraient mieux sans doute l'accaparer que le détruire, et se bornent à en réclamer la gratuité; il ne s'agirait d'après eux que d'abolir légalement le taux de l'intérêt : ce serait là la grande réforme. Ici encore le socialisme abandonne la proie pour l'ombre. L'intérêt décroît à mesure que le capital se développe : phénomène conforme aux principes les ( plus élémentaires sur la valeur. Mais la légitimité et la nécessité de l'intérêt sont des conséquences nécessaires du principe de propriété; contester l'un, c'est contester l'autre. Prohiber l'intérêt, outre que c'est apporter une restriction arbitraire à la liberté des contrats, c'est pousser le producteur à la dissipation des choses produites^ c'est par conséquent accroître la rareté des produits, diminuer la somme de travail à offrir à l'ouvrier, et en fin de compte réduire à la misère un très grand nombre de familles. Cette prétendue réforme est d'ailleurs peu nouvelle, car nombre de législations anciennes ont interdit le prêt à l'intérêt, et n'ont jamais réussi qu'à entraver les transactions, à nuire au commerce honnête, et à faire la fortune de quelques usuriers, classe peu scrupuleuse, en général, sur la légalité de ses opérations. L'envie seule peut inspirer des aiberrations aussi étranges : mais est-ce sur une
telle base qu'on prétendrait fonder quelque chose de solide? La science impartiale est un guide plus avouable et plus sûr. Elle montre un concours harmonieux là QÙ d'autres prétendent apercevoir une hostilité systématique. Elle proclame la solidarité de tous les hommes, le parallélisme final de tous les intérêts, et contribue ainsi à éteindre leurs haines, à effacer leurs divisions. Sans doute elle n'offre pas à l'ignorance des masses l'appât d'un bonheur chimérique, mais elle fait briller aux yeux de tous les lois du progrès naturel : comme Milton, mais à un tout autre point de vue que lui, elle justifie l'ordre établi par la Providence *. Augmentation du capital j diminution du taux de r intérêt, accroissem,ent des salaires, amélioration du sort des travailleurs *, telles sont les conquêtes quotidiennes qu'elle signale, conquêtes accomplies sans bruit par le travail, par le respect du droit, par le sentiment de la responsabilité humaine. Hors de là, il n'y a que les trompeuses paroles des ambitieux, et la crédulité de ceux qu'ils endoctrinent.