‹ Les maisons a succursales multiples en France et à l'étranger [microform]Chapitre 4 sur 51 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

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Nous avons intitulé notre étude : Les maisons à succursales multiples, car cette expression est courante. Mais cette terminologie est vicieuse* et

1 D'abord le terme « maisons » est défectueux, parfois on dit . établissements à succursales multiples . : ce qui ne vaut pas mieux. C'est le mot - entreprises » qu'il faudrait employer, U nous semble tout à fait indiqué, quand on veut désigner 1 ensemble d'une affaire.

Quant au second vocable de l'expression : le terme « succursales ., il ne correspond pas, dans un grand nombre de cas, a l'objet qu'on prétend désigner. Le mode de concentration, par nous étudié, est en effet le suivant : un individu, une société, au lieu de posséder un seul magasin, une seule boutique, pour vendre leurs marchandises, en ont 5, 10, 20, 30, 50 ou plus. La plupart du temps ces différentes maisons sont toutes d'égale importance, et l'on ne peut dire que l'une soit une succursale de l'autre : dans la majorité des cas, on se trouve en présence de succursales sans maison-mère, donc d'établissements auxquels le nom de succursales sied assez mal. Le terme « succursales • éveille a notre sens l'idée d'une hiérarchie. On pourrait définir la succursale « tou't établissement qui est la propriété d'un autre établissement de même nature, mais plus important, appelé maison-mere ou siège social .. Si telle est la définition de la succursale, quelle est celle qu'on peut donner de la filiale'? « La filiale est une entreprise ayant son individualité propre, mais qui est liée à une ou

MOBIDE.

il vaudrait mieux dire Entreprises à établissements multiples ou Entreprises à maisons de vente multiples. En Angleterre, l'expression habituelle est « Multiple Shops ». En Allemagne, le procédé de vente par succursales, c'est le « Filialsystem ». En Belgique et en Suisse, nous rencontrons tantôt la terminologie française, tantôt l'allemande.

§ 1. Succursales de fabrication. — Nous occupant des entreprises ayant plusieurs maisons de vente, nous laisserons donc de côté les entreprises

plusieurs autres entreprises par des liens qui peuvent être de nature diverse. . Le Crédit Lyonnais, la Société Général tnt de véritables succursales. Mais prenons l'exemple de l'épicerie Coûté qm possède à Paris deux magasins. Ces magasins, ^an d'I" le importance, on ne peut dire que celui du boulevard RaspaU est une succursale de celui de la rue de Maubeuge. Il en esTde même pour les chaussures Raoul : les différentes boutiques de ceUe firme ne devraient pas s'appeler des succursales. Quand il s^git d hôtels, l'expression est particulièrement mauvaise : une soS possède par exemple cinq hôtels (c'est là une forme de concentration fort intéressante qui rentre dans le cadre de notre ou vra^e^ ira-^on dire que l'hôtel situé à Nice est une succursale Se cflui SIS à Trouville? Nous ne le pensons pas. Au vrai ily a là 1 sieurs établissements qui sont . dans la même main ', mais' ne" sont pas des succursales. Ces établissements qui se Zvent .dans une main . - . in einer Hand . - pour prendre l'exnrpf sion allemande, peuvent être de même natu're ouTn ul'^T^^^^

auf fiiMvl /T"/"'' '' '^'^'' ^'"«^^ ««^« d« concentration qui fait 1 objet même de notre travail. Dans le second. - c'est le cas, par exemple, d'une société qui possédera à la fois un

Sel LuTtià) ''i,"v" "'^'^ ^'' ^°" ''''''' -' propriétaire de notel Lutetia) - il y a une concentration particulière qui serait

DÉLIMITATION DU SUJET i9

qui possèdent plusieurs établissements de fabrication. Et pourtant, les « entreprises à établissements de fabrication multiples » constitueraient un sujet fort intéressant, soit qu'il s'agisse de trusts, de grandes sociétés capitalistes, de coopératives ou d'affaires privées.

Ces « entreprises à usines multiples » que nous opposons aux « entreprises à maisons de vente multiples », ces Fabrikfilialen peuvent constituer, suivant les cas, ou une forme de concentration simple ou une forme de concentration accompagnée d'intégration. Il y aura intégration si ces

intéressante à connaître, mais sur laquelle on a peu de renseieneraents. Pourtant en Allemagne, on a essayé dans les documents statistiques de faire une place à cette sorte de concentration : la rubrique qui la concerne est intitulée « Die Vereinigung grôsserer selbstândiger Gewerbetriebe in einer Hand .. (Voir Gewerhe md Handel in Bayern, Lindauersche Buchhandlung. Mûnchen, 1911, p. 377.) Que plusieurs affaires de nature différente se trouvent appartenir à un même individu ou à une même société c'est là un fait encore fréquent. Cette situation se rencontre'souvent pour les lieux de plaisir. Il arrive que celui qui . sort le soir » éprouve le besoin de changer d^établissement, mais souvent ces divers établissements sont dans « la même main -. A Berlin il existe ainsi deux établissements cor nus : le Palais de Danse et Wo«e: dans l'un on danse jusqu'à une heure du matin, dans l'autre on soupe : les clients qui vont de lun dans l autre s'îmaginent changer d'entreprise, il n'en est rien : l'argent va toujours dans la même caisse. Ces faits montrent la souplesse du système, ils indiquent aussi que les directeurs de ces affaires connaissent à fond la - psychologie du noctambule • . - Que de fois aussi une même société possède un hôtel, un casino, un restaurant, un café et un bar. Tous les établissements de Monte- Carlo appartiennent à la même société.

diverses usines sont de nature différente et tendent à « embrasser la série complète des fabrications nécessaires à la production dune marchandise achevée' »; il n> aura pas intégration si les usmes sont de même nature : qu'un industriel possède 5 papeteries ce n'est pas de l'intégration, mais simplement de la concentration.

Nous n'insisterons pas sur les avantages présentés par l'intégration, avantages que M. Passama a judicieusement analysés dans son intéressant ouvrage^ mais nous voulons dire un mot du procédé qui consiste pour un industriel à avoir plusieurs usines.

Cette méthode doit être employée lorsque l'entrepreneur se heurte à la « loi du rendement décroissant «. Quand il a atteint la dose de capital et de travail - suivant les expressions de MarshalF qui le rémunère tout juste, quand le rendement obtenu est le rendement limite, alors il n'a plus intérêt à employer dans son usine de nouvelles doses de capital et de travail : la création d une usme nouvelle est le seul moyen qu'il ait d'augmenter son entreprise sans voir jouer à son détriment la loi du rendement non proportionnel.

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