Bourguin, op. cit., p
frères (marque Le Lion) possède plusieurs usines et manufactures, c'est que les articles qu'elle fabrique trouvent leur écoulement dans ses 700 maisons de vente.
Notre travail nous permettra également de voir si la spécialisation commerciale augmente ou disparaît; elle nous donnera certains aperçus sur le rôle que le commerçant joue vis-à-vis du fabricant à l'époque moderne, sur le rôle du commissionnaire : elle pourra, envisagée sous cet angle, être considérée comme le chapitre d'une étude plus large qui serait à faire et aurait pour titre « production et commerce ».
Nos observations nous permettront de plus de déterminer quelles corrections il faut apporter aux statistiques relatives à la concentration pour éviter certaines erreurs.
Enfin le problème que nous avons étudié présente cet intérêt de n'avoir pas encore été traité dans son ensemble ^ Il y avait là une lacune que
1. Le problème des grands magasins a fait l'objet d'études complètes [voir notamment : Aus den Warenhàiiseni beider Welten, Berlin, Schottlaender& Go, Wallstr. — D' Julius Hirsch, Das Warenhaus in Westdeutschland, Leipzig, 1910. — D'Avenel, Le Mécanisme de la Vie moderne. — Du Maroussem, Les Magasins tels qu'ils sont, Reme d'Économie politique, 1892. — Garrigues, Les Grands Magasins de Nouveautés et le Petit Commerce, 1898. — Lux, Studien uber die, Entwickelung der Warenhàuser in Dcutschland, léna, 1910. — Gohre, Das Warenhaus, Frankfurt a. M., 1907. — Vouters, Le Petit Commerce contre les grands magasins et les coopératives de con-
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AVANT-PROPOS
nous avons tenté de combler en entreprenant le présent travail qui est à la fois une étude des formes nouvelles de concentration et une description d'une organisation commerciale originale autrement dit une contribution apportée à l'économie commerciale^.
Nous venons de dire l'objet et l'intérêt de notre travail, il nous reste, dans cet avant-propos, à
sommation, Paris, 1910. — Wussow, Geschichte und Entwickelung der Warenhiiuser, Berlin. — Matija, Grossmagazin und Kleinhandel, Duncker und Humblot, 1891. — Wernicke, Kapitalismus und Mittelstandpolitik, Berlin, 1907]; celui des maisons à succursales n'a encore été qu'abordé, mais non traité à fond : voir Bourguin, op. cit., passim. — Passama, op. cit., passim. — Sombart, Der moderne Kapitalismus, t.U,p. 397, Duncker, Leipzig, 1902.
— Macrosty, The Trusts Movment in British Industry, 1907, London.
— Macrosty, Trusts and the State, 1901. — Poupart, Bévue politique et parlementaire. Les Sociétés de Grands Bazars, année 1902.
— Martin Saint-Léon, Le Petit Commerce français, Paris, 1911, passim. — Moride, revue Athena, janvier 1912. — Gemâhling, La Concentration commerciale sans grands magasins. Revue d^Économie politique, mars 1912, Paris. — Bernard Lavergne» Les Établissements à succursales multiples et les Coopératives de consommation. Rapport présenté, en novembre 1912, au Congrès coopératif de Tours.
1. M. Brouilhet, rendant compte de l'ouvrage de M. Clerget intitulé Manuel d'Économie commerciale, s'exprimait comme il suit à propos de cette expression « économie commerciale ». « C'est à mon avis cette science du commerce qui deviendra l'économie commerciale, et telle est la conception, encore imprécise, que j'adopte de celle-ci. » Ques^tions pratiques de législation ouvrière, mai-juin 1910, p. 131.
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indiquer la méthode que nous avons employée et le plan que nous avons adopté.
La nature même de la question nous imposait la méthode d'observation : c'est à elle que nous avons eu recours. Nous avons donc fait une enquête et cette enquête a été conduite dans quatre pays : l'Allemagne, l'Angleterre, la Belgique et la Suisse.
Nous avons tenu à donner à notre enquête cette étendue pour deux sortes de raisons. Tout d'abord, ne nous limitant pas à une seule branche de commerce, ni à un seul pays, nous avons pu constater IdL généralité du phénomène étudié. En second lieu les renseignements, dont nous avions besoin, étaient fort difficiles à obtenir^ : on faisait preuve, trop souvent, à notre égard d'une prudence exagérée, il était donc indispensable d'élargir le champ
1. Les sociétés coopératives, elles, sont d'une étude relativement facile, car elles vous fournissent, avec la plus grande obligeance, tousles renseignements et documents qu'on leur demande ; les banques, montées en sociétés, outre qu'elles donnent sans difficulté leurs rapports et bilans, admettent l'enquête dans une certaine mesure, les autres sociétés sont plus réservées; quand il s'agit d'entreprises privées l'enquêteur a le regret de voir invoqué trop souvent le « secret des affaires ». Cette prudence est regrettable. Les hommes de la pratique reprochent souvent aux théoriciens d'ignorer la vie. Qu'il nous soit permis de constater que lorsque les économistes veulent étudier les faits on ne leur facilite pas toujours la tâche : j'en appelle au témoignage de tous ceux qui ont fait des enquêtes : que de mal parfois pour une pauvre moisson ! Mais en général, quand les renseignements donnés étaient maigres, l'accueil était toujours aimable. En Allemagne, nous avons été particulièrement bien reçu.
AVANT-PROPOS
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de nos investigations pour obtenir là des renseignements refusés ailleurs. Autrement dit : il fallait étendre notre enquête pour qu'elle pût gagner en
profondeur.
Ajoutons que nous nous sommes placé exclusivement au point de vue scientifique : nous n'avons voulu prononcer ni un plaidoyer en faveur des maisons à succursales, ni un réquisitoire contre
elles.
Les lignes du début de cette introduction permettent au lecteur de prévoir notre plan. Après avoir précisé Yobjet de notre étude — et ceci ne pourra être fait qu'en étudiant les méthodes de vente voisines du procédé de vente par succursales — nous montrerons V importance de cette forme de concentration et nous en expliquerons le mécanisme. Dans notre conclusion nous indiquerons les avantages et les inconvénients du système.
Avant de clore cette introduction, il nous reste à adresser nos vifs remerciements à la « Société des Amis de l'Université de Paris » qui a bien voulu nous faciliter ce travail. Nous adressons également l'expression de notre gratitude à tous ceux, trop nombreux pour les citer, qui, lors de notre enquête, ont eu l'amabilité de répondre aux questions que nous leur avons posées*