‹ Les maisons historiques de ParisChapitre 42 sur 54 · LE 4 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

LE 4 SEPTEMBRE

EST MORT

DANS CET HOTEL

La vieillesse de Chateaubriand s'écoula dans une monotonie désespérante. Cet homme, aux pieds duquel on avait brûle tant d'encens, finissait sa vie sans enfants, dans un intérieur froid et triste, sans aucun de ces goûts qui aident les vieillards à se traîner doucement jusqu'à la tombe. L'unique distraction de ses dernières années consistait à aller

go Les maisons historiques

tous les jours passer deux ou trois heures chez madame Récamier, à V Abbaye aux Bois^ et l'existence de celle-ci se passait à son tour à chercher les moyens de desennuyer ce Louis XIV de la littérature, aussi ennuyé que le grand roi.

Chaque jour, à la même heure, avec la même exactitude, les habitants de la rue de Sèvres le voyaient passer, élégamment vêtu, en redingote courte, une badine à la main, se dirigeant vers la grille de V Abbaye aux Bois. Peu à peu, au lieu de venir à pied, il fallut venir en voiture, puis s'aider d'une canne pour monter l'escalier, puis enfin se faire monter dans un fauteuil.

Cette vieillesse, taciturne et triste, offrait un spectacle douloureux, mais aussi commandait le respect.

Chateaubriand qui, sous la Restaur'ation et sous le règne de Louis- Philippe, avait souvent prédit l'avé-

le Pari^. f)i

nement de la République, put la saluer de ses regards mourants. Il eut la douleur de voir les journées de Juin, et mourut au milieu du deuil général qui couvrait la capitale. Sa dépouille mortelle fut conduite à Saint-Malo, et déposée dans la sépulturequ'il s'était depuis longtemps choisie lui-même, sur une petite île voisine, appelée le grand Bé. Ses funérailles furent admirables, et M. Ampère put dire à propos d'elles, dans une lettre adressée à l'Académie : « Il semble qu'à lui seul parmi les hommes, il ait été donné d'ajouter après sa mort une page splendide au poème immortel de sa vie. »

Avant de quitter ce quartier, nous rappellerons encore la plaque posée dans la cour de l'hospice des Enfants malades, pour perpétuer le souvenir des médecins victimesde leur devoir et de leur dévouement. Malheureu-

Les maiso/is historiijiics

sèment cette inscription placée dans l'intérieur de l'établissement n'est pas visible pour les passants, et nous nous transporterons de suite dans le quartier du Luxembourg.

Le quartier du Luxembourg, si paisible et si recueilli, semble avoir été de tout temps lequartier préféré des penseurs et des hommes d'étude.

Ainsi, rue d'Assas, nous nous heurtons aux souvenirs de Michelet et de Littré : rue du Montparnasse à ceux de Sainte-Beuve et d'Edgar Quinet.

Arrêtons nous d'abord devant le numéro 44 de la rue d'Assas :

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