‹ Les maîtres apothicaires de Nancy au dix-septième siècleChapitre 22 sur 67 · LES ANOBLIS · texte numérisé non relu

LES ANOBLIS

Par la dignité de leur vie, nos devanciers méritaient la considération dont ils étaient justement entourés. De nombreux apothicaires furent honorifiés par nos ducs et, en récompense de leurs loyaux services, reçurent, pour eux et pour leurs descendants, des armoiries. Les lettres patentes à eux octroyées, celles par exemple accordées à Claude Gaspard, le 10 janvier 1628, contiendront les louanges les plus flatteuses. Nous publions in extenso ce document à la fin de cet ouvrage.

La collation de la noblesse aux maîtres apothicaires devait, un jour, souffrir quelques difficultés, en raison des objections opposées par les gentishommes de vieille souche. Préparer des médicaments pour les vendre ensuite au public, était-ce honorer le sang reçu des aïeux ? était-ce au contraire déroger ? La question fut gravement débattue; on distingua subtilement les maîtres qui pratiquaient un art et ceux qui exerçaient une profession. Mieux valait, au regard des opposants, souffler dans le verre(*), plutôt que de préparer, au fond des cornues, les remèdes nécessaires à la santé du corps et à la conservation de la vie. Bref, les métiers manuels, en général, étaient considérés à cette époque comme une dérogeance. Aussi le duc Léopold dut-il, au commencement du dix-huitième siècle, reviser les titres possédés par les nobles et par les anoblis.

En 1702, pour sortir un instant de la période historique à laquelle nous nous sommes attaché, César Serre, avocat à la cour et au siège de Bar, descendant de Antoine Serre, bourgeois de Nancy, anobli en 1556, mais

(1) Allusion aux gentilshommes verriers.

fils de maître apothicaire, ayant exercé cette profession, dut adresser une requête aux fins de réhabilitation, suivant le terme consacré : ce qui lui fut accordé par lettres du Mina 04).

Quelques années après, Charles-Christophe Barot, fils de Christophe Barot et petit-fils de Jean Barot, dont nous avons rencontré les noms, ayant voulu faire entériner les lettres de noblesse accordées, le 22 février 1634, à son aïeul par le duc Nicolas-François et des lettres confirmatives à luimême délivrées par le duc Léopold, le 16 mai 1705, le procureur général de Lorraine et Barrois fit opposition à leur enregistrement, alléguant que, mise hors de cause la parfaite honorabilité de la personne, avoir exercé la profession de maître apothicaire et tenu boutique ouverte constituait une dérogeance, aggravée encore par la mésalliance de Barot père, lequel avait épousé une fille de bourgeois. En vain l’impétrant adressa requête sur requête, produisant des lettres de réhabilitation, concédées par Léopold le 22 février 1706, la Chambre réitéra son refus et il fallut la haute intervention du prince lui-même pour obtenir enfin un pénible entérinement. Le chevron d’argent et les trois besants d’or ne furent plus désormais contestés (7).

Nombreux furent les maîtres apothicaires anoblis par nos ducs au cours des seizième et dix-septième siècles. Nous citerons chacun de ces noms, ceux même antérieurs au temps de notre étude, ou étrangers à notre cité, afin de montrer, par cette extension, que la noblesse ne fut pas conférée chez nous exceptionnellement. Pour dresser cette liste, nous

(1) Henri Lepace et Léon GERMaIN, Complément au Nobiliaire de Lorraine. Nancy, 1885, in-8 de 388 pages, p. 320, n° 1496. (2) Ibid., p.45.

nous sommes référé au Nobiiaire de dom Pelletier (°), ouvrage faisant autorité en la question.

LISTE DES MAITRES APOTHICAIRES ANOBLIS PAR LES DUCS DE LORRAINE DE ISO$S A 1705

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