Scène III
Depuis l'orageuse séance du matin dans l'église Sainte-Catherine, Sachs est obsédé par le chant de Walther. A l'heure où l'on songe au repos, il est assailli par les rythmes et la forme insaisissables de cette étrange mélodie. Il a fait dresser par David son établi près de la porte ouverte de sa maison, mais il a beau vouloir travailler, le chant passionné tourbillonne autour
de lui sans qu'il puisse le saisir Et puis l'air
est tiède, la nuit est parfumée; le sureau qui ombrage sa fenêtre répand une odeur pénétrante, alanguit son courage. Pourtant il se remet au travail avec une sorte de rage pour chasser ce chant qui le poursuit; c'est en vain;
la mélodie l'obsède toujours, et ses harmonies dom.inent le bruit du marteau. Walther serait-il le vrai poète?