Scène IV
Sachs est tiré de sa rêverie par l'arrivée d'Éva. On sait ce qui l'amène : elle voudrait faire parler le bon cordonnier pour savoir ce qui s'est exactement passé à la séance du matin . Éva s'est assise sur le banc de pierre placé près de la maison, tandis que Sachs se penche vers elle en s'appuyant au vantail inférieur de la porte. Mais elle a beau ruser, elle ne parvient pas à faire parler Sachs, qui a vite découvert le secret de la jeune fille; bien plus, il s'amuse à la taquiner, il simule la colère contre le chevalier, affecte du mépris pour sa personne, parle de lui comme le ferait Beckmesser, tant et si bien qu'Éva prend ce jeu au sérieux, et qu'elle quitte le cordonnier très en colère et en le maudissant. Heureusement Sachs est bon, et sa bonté aidera la jeunesse et l'amour; d'abord, il ferme le vantail ouvert de sa porte, et ne laisse plus passer qu'un rai lumineux suffisant pour rester
LE POÈME DE RICHARD WAGNER Sg
aux aguets. Bien lui en prend, car à peine est-il là à veiller que Walther apparaît, et Eva, perdant toute prudence, s'échappe des bras de Magdalène qui voulait la faire rentrer.