Scène I
L'office religieux va finir, et l'orgue accompagne le dernier choral que chantent pieuse-
1 Les indications scéniques ont été prises dans la partition avec paroles françaises d'Alfred Ernst, publiée par MM. Schott frères, à Mayence et Bruxelles. Représentant à Paris : M. Froment, 40, rue d'Anjou.
ment les fidèles. Appuyé contre un des piliers de l'église, le chevalier Walther de Stolzing, jeune seigneur de Franconie, regarde amoureusement Eva, la fille de l'orfèvre Pogner, chez lequel il est descendu. En une mimique expressive, il adresse à la jeune fille une ardente prière, son espoir d'être aimé, la joie dont son âme serait pleine; et ce n'est qu'avec timidité, pudiquement, qu'Eva repousse cette prière muette. Mais voici que les fidèles se lèvent de leurs bancs et se dirigent vers la sortie; vivement, Walther traverse leur foule pour se rapprocher d'Eva, car pendant le choral, il lui a fait comprendre qu'il voulait lui parler. La jeune fille est émue, mais pas au point de ne pouvoir trouver à l'instant un prétexte pour éloigner Magdalène, sa nourrice. « Oh ! mon écharpe ! » s'écrie-t-elle ; et Magdalène court chercher l'écharpe ; puis c'est le tour de la broche et celui du livre que la belle Éva a oubliés et que Magdalène va successivement rechercher au banc des fidèles. Pendant ces courts instants de tête-à-tête, Walther interroge la jeune fille avec
insistance: « Êtes- vous fiancée ? rien qu'un
mot : un oui, un non? » Eva lui apprend qu'elle
est promise à celui qui demain sera couronné au concours des Maîtres-Chanteurs ; mais elle laisse aussi comprendre qu'elle aime Walther, et qu'elle sera à lui ou à personne. Le jeune chevalier jure de sortir vainqueur du tournoi, assuré qu'il est de mériter Eva.