‹ Les maitres chirurgiens de l'École de Chirurgie de Montpellier: étudeChapitre 9 sur 9 · TITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

TITRE ONZIÈME

De la police générale de la chirurgie.

cxxx. Sera payé, par chaque année, tant pour les dépenses à faire pour le service divin que pour l'entretien du Collège et de l'Ecole de chirurgie, savoir par chaque maître du Collège la somme de six livres ; par ceux des villes du ressort, deux livres; et par les autres chirurgiens des bourgs, villages et simples paroisses, ainsi que par les sages-femmes et les experts, une livre.

cxxxi. Les prévôts en charge feront leurs visites, toutes et quantes fois ils le jugeront à propos, dans les maisons particulières, palais, hôtels, collèges, prisons, enclos, communautés religieuses, hôpitaux, casernes, et autres lieux privilégiés, ou prétendus tels, en se faisant accompagner d'un notaire, d'un commissaire de police, ou d'un huissier, pour découvrir et vérifier les contraventions aux présens statuts.

cxxxii. Sera faite tous les ans une visite par le lieutenant du premier chirurgien du Roi, assisté du greffier, chez tous les maîtres en chirurgie, sages-fem-

mes, experts, et autres dependans du Collège, tant de la ville que des fauxbourgs et du ressort, pour examiner s'ils sont munis d'instrumens et de médicamens nécessaires à leur état, et s'assurer s'il ne se commet point d'abus contraires aux réglemens. En cas de contravention, ils en dresseront procès- verbal, dont il sera laissé copie aux contrevenans, qui seront assignés par-devant le juge de la sénéchaussée, pour être condamnés à telle peine qu'il appartiendra. Sera payé par chacun de ceux ou celles chez qui se fera la visite, deux livres au lieutenant, et une livre au greffier.

Gxxxui. Défenses sont faites à tous les maîtres en chirurgie de consulter avec d'autres chirurgiens que ceux reçus et admis à la maîtrise en la forme requise, à peine d'amende et d'interdiction ; comme aussi de lever aucun appareil posé par d'autres maîtres, si ce n'est en leur présence, ou eux duement appelés, à moins toutesfois d'un péril éviden t, à peine d'interdiction et de trois cens livres d'amende, cxxxiv. Les maîtres du Collège seront obligés d'avertir incessamment les commissaires de leur quartier, des blessés qu'ils auront pansés en premier appareil ; comme aussi d'informer les parens et autres que regardera le soin des malades chez lesquels ils auront été appelés, des risques de la maladie, lorsqu'elle deviendra dangereuse, afin de leur faire donner les secours spirituels, cxxxv. L'ouverture des cadavres ne pourra être faite que par les membres du Collège, et il ne pourra y être procédé que vingt-quatre heures après la mort. Ceux qui mourront subitement ne pourront être ouverts qu'après quarante-huit heures, en toutes saisons, à moins qu'il n'en soit autrement ordonné par justice. Gxxxvi. Dans toutes les consultations, l'avis des plus jeunes sera pris le premier ; et seront les consultations signées, en commençant par les plus anciens. Gxxxvu. Nul ne pourra faire imprimer, afficher ou distribuer dans la ville, fauxbourgs et ressort de la sénéchaussée de Montpellier, aucune recette ou remède dépendant dudit art, s'il n'en a obtenu la permission des juges de police, sur le certificat de la Chambre de commission, celui du lieutenant du premier chirurgien et des prévôts : et ceux qui obtiendront ladite permission seront tenus d'exprimer dans leui*s placards, affiches ou billets, leurs noms et demeures ; le tout à peine de cinq cens livres d'amende, de confiscation de leurs effets et équipages au profit du Collège, et d'emprisonnement de leurs personnes pour un moiS; à la seule requête des lieutenant et prévôts du Collège. Défenses leur sont faites, et sous les mêmes peines, de colporter les remèdes en ville, et d'exercer la chirurgie, ou aucune partie d'icelie, sous prétexte desdits remèdes, dont l'administration et l'application leur sera interdite.

Gxxxvui. Les dommages et intérêts, ainsi que les amendes qui pourront être prononcées par contravention aux présens statuts, seront appliquées au profit de la bourse commune, et perçues par le receveur, lequel sera tenu de s'en charger dans la recette de son compte.

Gzxxix. Le Collège fera choix, à la pluralité des voix, des notaires, procureurs, avocats et autres officiers, dont il aura besoin pour la suite de ses affaires. Ces officiers une fois élus, ne pourront être révoqués que par délibération, passée aux deux tiers des suffrages.

cxL. Les édits, lettres-patentes; déclarations, statuts et réglemens, ordonnances et usages concernant la chirurgie en général, et notamment ceux donnés pour le Collège de Montpellier, seront au surplus exécutés selon leur forme et teneur en ce qui ne sera pas contraire aux présens statuts. Seront pareillement observées les délibérations que le Collège pourra prendre, suivant les circonstances, pour plus grande perfection de sa police intérieure, lorsqu'elles ne contiendront rien de contraire aux droits du premier chirurgien du Roi, ses lieutenans, greffiers et commis, après qu'elles auront été homologuées au parlement, sur les conclusions du procureur général du Roi.

Ârrélé en conseil d'État du Roi, tenu à Versailles le neuf septembre mil sept

cent soixante-dix.

Phelipeanx.

Vu par nous Germain Pichault de Lamartinière, conseiller d'Etat, chevalier de Tordre de Saint-Michel, premier chirurgien du Roi, président né de l'Académie royîale de chirurgie, chef et garde des chartes, statuts et privilèges de la chirurgie du Royaume, le projet des statuts et réglemens pour le Collège des maîtres en chirurgie de Montpellier, contenus en gxl articles ; estimons, sous le bon plaisir de Sa Majesté, que lesdits statuts peuvent être accordés audit Collège de chirurgie de Montpellier, comme contenant les dispositions les plus essentielles pour entretenir le zèle et l'émulation parmi les membres de cette Compagnie, et ne renfermant rien d'ailleurs de contraire à la police et à la discipline générale de la chirurgie.

Fait à Versailles, le trente-un août mil sept cent soixante-dix.

Lamartinière.

LettreS'patentes portant confirmation des statuts en faveur du Collège des maîtres

en chirurgie de Montpellier.

Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre, à nos amés et féaux conseillera, les gens tenant notre cour de parlement à Toulouse, et à tou$ autres nos officiers ou justiciers qu'il appartiendra, salut.

Les maîtres en chirurgie de la ville de Montpellier nous ont exposé que par l'arrêt de notre Conseil du premier juiUet 1741 , et nos lettres-patentes sur icelui, nous aurions établi dans leur Collège quatre professeurs-démonstrateurs royaux, pour y enseigner et démontrer les principales parties de la chirurgie ; que par les dispositions testamentaires du feu sieur de Lapeyronie, notre premier chi-

rurgiea, qud nous avons agréés, ce nombre ayant été augmenté de six autres professeurs, ils se seroient trouvés eu état de former une Ecole publique de cbij*urgie, sur la perfection de laquelle il ne leur restoit rien autre chose à désirer, si ce n'est qu'il nous plût fixer d'une manière invariable les fonctions de chaque professeur, Tordre et la durée des coucs^ ainsi que les matières qui y seroient traitées, enleux accordant un règlement particulier, qui expliqueroit nos intentions sur ces objets, et contiendroit en même temps les dispositions nécessaires, tant pour porter les examens de ceux qui se destineront à se faire admettre à la maîtrise à des épreuves plus rigoureuses que celles prescrites par les statuts généraux, donnés indistinctement pour toutes les communautés de chirurgiens du Royaume ; de favoriser par là leur zèle et leur émulation pour les progrès de ta chirurgie, que pour entretenir le bon ordre et la discipline dans leurs assemblées ; que flattés de l'espérance d'obtenir à cet égard de nos bontés la même grâce que nous avions déjà accordée à dilTérens autres Collèges de chirurgie de plusieurs grandes villes de notre Royaume, ils avoient fait dresser, du consentement et avec l'approbation du sieur de Lamartinière, conseiller d'Etat^ notre premier chirurgien, un projet de statuts et réglemens particuliers pour lem* Collège, qu'ils nous supplioient de confirmer du sceau de notre autorité royale : à ces causes, vu lavis dudit sieur de Lamartinière et ledit projet de statuts, contenu en cxl articles, que nous avons fait examiner et arrêter en noti-e Conseil, voulant favorablement traiter lesdits maîtres en chirurgie de notre bonne ville de Montpellier, et leur donner des marques de notre satisfaction de l'empressement avec lequel ils ont concouru jusqu'ici aux progrès de l'art important qu'ils professent, nous avons approuvé, autorisé et confirmé, et par ces présentes, signées de notre main, approuvons, autorisons et confirmons lesdits CXL articles de statuts ci-attachés, sous le contre-scel de notre chancellerie. Voulons et nous plaît qu'ils soient gardés et observés selon leur forme et teneur. Si vous mandons que lesdits statuts et ces présentes vous ayez à faire enregisti'or (même en temps de vacations), et de leur contenu faire jouir et user le Collège des maîtres en chirurgie de Montpellier, pleinement et paisiblement, cessant et faisant cesser tous troubles et empéchemens quelconques, nonobstant tous édits, déclarations, statuts, arrêts et réglemens contraires, auxquels nous avons dérogé et dérogeons par ces présentes : car tel est notre plaisir.

Donné à Versailles, le neuf septembre, l'an de grâce mil sept cent soixantedix, et de notre règne le cinquante-sixième.

Signé Louis. Et plus bas. Par le Roi, Phelipeaux K

1 Suit l'extrait des registres da parlement de Toulouse, constatant que l'enregistrement desdits statuts y a été effectué le 5 novembre 1770. (Biblioth. de la Fac. de méd. de Montp. Mélanges. A 18, G 2, no 1.)

La FacQlté de médecine crut devoir ne pas laisser passer ces statuts sans objection. Témoin sa délibération da 25 novembre 1770.

L'an mil sept cent soixante-dix, et le vingt-cinquième novembre, assemblés dans le conclave de l'Université de Médecine de Montpellier MM. les doyen et professeurs, M. René professeur a dît qu'ayant connoissance que les maîtres chirurgiens de la présente ville avoient obtenu de nouveaux statuts, dont ils poursuivoient l'enregistrement au parlement de Toulouse, il n'avoit pas été peu surpris d'y voir que lesdits maîtres chirurgiens s'y arrogeoient des droits qui n'ont appartenu de tous temps qu'à la seule Université de médecine....

Sur quoy, lecture faite desdits statuts, il a été unanimement délibéré qu'il seroit donné pouvoir à M. Meynier, procureur au parlement de Toulouse, de former opposition par-devant la souveraine cour du parlement à l'exécution desdits statuts, etc.

Lamure. Venel. Le Roy, Barthez. René. Gouan. Broussonnet*.

Simple témoignage d'opiniâtre rivalité ; stérile protestation. L'enregistrement des statuts ainsi attaqués avait eu lieu le 5 novembre précédent, et nos chirurgiens pouvaient librement chanter en chœur leur hymne do reconnaissance à Lapeyronie. Leur transformation en grande École reposait sar des bases propres à défier toutes les jalousies.

Un avantage de plus advint à notre Collège de chirurgie par Timportante fondation qu'y fit, en 1 782, François Houstel, d'une chaire d'études pratiques. Honstel avait inscrit dans son testament, 50,100 livres pour cette création*.

1 Déltb. de l'Univ. de Méd. de Montp., 1768-1794, pag. 11.

3 François Houssel est qualifié, dans les actes relatif à cette institution, de membre agrégé du Collège de chirurgie de Montpellier, de maître en chirurgie de Paris, de premier chirurgien de Sa Majesté le feu roi Stanislas de Pologne, et d'ancien premier chinurgien des armées de Sa Majesté le roi de Fnnce.— Livre des maîtres chirurg. de Montp., de 1777 à 1785, fol. 40 v^ e 51 ro. — Houstel avait déjà, en 1765, fondé à perpétuité quatre médailles d*or, de cent livres chacune, pour être distribuées annuellement aux quatre élèves les plus méritants de l'École de chirurgie de Paris. La légende de ces médailles portait : Studiorum et peritis prxmium in schola ehirurgica praetiea in perpetuum assignahat Fr, Houstel, 1765. L'établissement de rËcole pratique dont il dota le Collège de chirurgie de Montpellier témoigne de l'honneur qu'il éprouvait d'ea avoir été nommé membre agrégé.

Au lieutenant du premier chirurgien du roi, Jean Poutingon, incomba le sein d'organiser ce nouvel enseignement*. Son programme est exactement tracé dans les lettres d'autorisation qu'en donna Louis XVI au mois de mars 1 785, et dont voici la teneur.

Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre, à tous presens et à venir, salut.

Nos chers et bien amés le lieutenant de notre premier chirurgien, les prévôts, professeurs et autres membres du Collège de chirurgie de Montpellier, nous ont exposé que le sieur François Houstel, maître en chirurgie du Collège de Paris, agrégé à celui de Montpellier, ancien premier chirurgien de nos armées et de notre très honoré bisayeul Stanislas premier, roy de Pologne, inspecteur des études audit Collège de chirurgie de Paris, après avoir reconnu par son expérience que l'école pratique d'opérations et de dissections établie dans ledit Collège de chirurgie de Paris, et à la perfection de laquelle il avoit déjà lui même contribué par la fondation de plusieurs prix en faveur des étudiansqui se distinguent le plus dans les différens exercices de cette école, réunissoit les plus grands avantages pour le progrès de l'art, en excitant l'émulation, tant parmi les élèves que parmi les maîtres eux mêmes, a, par son testament olographe du premier avril mil sept cens soixante douze, légué audit Collège de chirurgie de Montpellier une somme de trente mille cent livres en contracts sur les États de notre province de Languedoc, pour y former une semblable école, dont par sondit testament ledit Houstel avoit lui même arrêté le plan et les conditions ; que les exposans, in formés d'une fondation aussi utile, se sont empressés de prendre une délibération par laquelle, en acceptant ladite fondation, ils ont arrêté qu'elle seroit consignée dans les registres de leur Collège; que tous les ans, à l'ouverture du cours pratique et à la première séance du concours pour la nomination du professeur de ladite école, il sera fait lecture du titre de cet établissement par un des professeurs du Collège, qui seroit en outre chargé de faire l'éloge de son fondateur; que, comme aucun établissement public ne peut avoir lieu sans notre autorité, ils nous ont très humblement supplié de leur accorder nos lettres patentes, à ce nécessaires. A ces causes, et autres à ce nous mouvant, voulant traiter favorablement lesdits maitres en chirurgie de la ville de Montpellier, de l'avis de notre Conseil, qui a vu ledit testament dudit sieur Houstel, du premier avril mil sept cens soixante douze, et la délibération prise le huit octobre dernier par le Collège des maîtres en chirurgie de Montpellier, dont les extraits sont attachés sous le contrescel de notre chancellerie, nous avons dil,

* Livre des maîtres chirurgiens de Montp., de 1777 à 1785, fol. 60.

statué, et ordonné, et par ces présentes, signées de notre main, statuons et ordonnons, voulons et nous plaît ce qui suit.

Article premier. — Confirmons le testament olographe du sieuf Houstel, maître en chirurgie de Paris, du premier avril mil sept cens soiiante douze, et la délibération prise parle Collège des maîtres en chirurgie de Montpellier le huit octobre dernier, permettant auxdits maîtres en chirurgie de recevoir la donation portée audit testament. Voulons, en conséquence, qu'il soit incessamment établi dans ledit Collège une École pratique d'opérations et de dissection, à rinstar de celle déjà formée depuis plusieurs aunées dans le Collège de chirurgie de Paris.

Article 2. Ladite Ecole pratique sera composée d'un professeur, de douze élèves, d'un inspecteur, d'un prévôt.

Article 3. Le professeur de ladite École sera toujours choisi dans le nombre àes maîtres en chirurgie lettrés de Montpellier, et qui ne rempliront pas déjà l'une des dix places de professeur dudit Collège, fondées par le feu sieur de Lapeyronie.

Article 4. Ledit professeur sera choisi dans un concours ou examen public, qui durera deux jours ; le premier desquels sera, autant que faire se pourra, le quinze janvier, jour de la naissance du feu sieur de Lapeyronie, premier chirurgien de notre très-honoré ayeul. Des questions d'anatomie feront le sujet de ce premier examen. Le second jour sera employé à traiter des opérations chirurgicales. Les concurrens s'interrogeront et s'examineront eux-mêmes, et les professeurs dudit Collège, qui seront les seuls juges de la capacité des concurrens, choisiront entre eux, par la voie du scrutin, celui qui leur aura paru mériter la préférence; et en cas de partage égal des voix, celle du plus ancien des dix professeurs présens sera prépondérante.

Article 5. Le sujet qui aura la pluralité des suCFrages sera présenté par les lieutenant et prévôts à notre premier chirurgien, pour avoir son agrément.

Article 6. Ledit professeur ainsi nommé sera en place pendant quatre années ; et huit mois avant l'expiration de ses quatre années d'exercice, il sera procédé en la même forme au choix de celui qui le remplacera.

Article 7. Nous avons confirmé la nomination faite par ledit sieur Houstel du sieur Vigarous, maître en chirurgie du Collège de Montpellier, pour remplir pendant sa vie la place d'inspecteur de ladite École pratique. Voulons qu'en cas de vacance de ladite place, par mort, démission ou autrement, les professeurs du cours d'anatomie et de celui des opérations soient chargés alternativement chacun pendant leur vie, de ladite inspection, sous la direction générale de notre premier chirurgien, ou de son lieutenant.

Article 8. Les douze élèves qui seront admis chaque année aux exercices de l'École pratique seront nommés par les dix professeurs du Collège, et seront

pris dans le nombre des étudians régnicoles. Les deux plus anciens professeurs en nommeront chacun deux, et les huit autres en nommeront seulement un chacun. Cette nomination ne sera faite par lesdits professeurs qu'à la dernière leçon de leur cours, et ne pourra tomber que sur ceux de leurs étudians qui se seront présentés pour ladite Ecole, et qu'ils auront jugé avoir le mieux répondu aux interrogats publics, qu'ils seront tenus de leur faire pendant leurs différentes leçons. Les élèves qui auront été admis à ladite Ecole pendant une année ne pourront être nommés une seconde fois. Aucuns autres élèves, pas même les fils des maîtres, s'Us n ont pas mérité le suffrage des professeurs, ne pourront avoir entrée dans ladite École pratique.

Article 9. Le professeur de TEcole pratique fera choix, à sa volonté, d'un prévôt ou élève principal, pour sous ses ordres faire les préparations anatomiques, et veiller à ce que tout se passe dans ladite Ecole, relativement aux cadavres, avec la réserve qu'inspirent les sentimens de religion et d'humanité.

Article 10. Le professeur de l'École pratique donnera des leçons aux élèves tous les ans, pendant les mois de novembre, décembre, janvier^ février et marsi tous les jours, excepté les dimanches et fêtes. Il les formera à la dissection, à la réduction des fractures et des luxations, et à toutes les opérations de chirurgie, qu'il leur fera pratiquer sur le cadavre. Sera tenu ledit professeur, en cas d'absence, de maladie ou autre empêchement légitime, de se faire remplacer par un de ses confrères. L'inspecteur de ladite École tiendra la main à Texécution de la présente disposition, et veillera à ce que les leçons se fassent exactement et avec le plus de fruit pour les élèves. Il aura soin aussi qu'il ne soit rien distrait de ladite Ecole, et qu'aucuns autres que ceux qui ont droit d'y assister n*y soient admis.

Article 11. Il sera fait chaque année dans l'amphithéâtre du Collège, à la fin* du mois de mars, en deux jours différens, un examen des élèves qui auront travaillé à l'École pratique. Le premier jour, lesdits élèves seront examinés par le professeur de ladite École, en présence du lieutenant et des prévôts ; le second jour ils seront examinés par les lieutenant et prévôts ; ensuite duquel examen lesdits lieutenant et prévôts se rendront dans la salle de leur assemblée, pour juger entre eux, à la pluralité des voix, du mérite respectif des élèves. Les quatre sujets qui auront mérité la pluralité des suffrages auront chacun, sçavoir les deux premiers une médaille d'or, du prix de cent livres , et les deux autres qui en auront approché de plus près, chacun une médaille d'argent, de la valeur de quinze livres, frappées, les unes et les autres, au même coin que celles qui se distribuent à TÉcole pratique de Paris. Ces quatre prix seront annoncés et distribués à la première leçon qui se fera ensuite dans ledit amphithéâtre.

Article 12. Les quinze cens cinq livres de rente léguées par ledit sieur Houstel audit Collège de chirurgie de Montpellier, pour former et doter l'établissement

de ladite Ecole pratique, seront appliquées et distribuées annuellement, conformément à ses intentions, en la manière suivante : sçavoir six cens livres au professeur de TÉcole pratique, pour chacune des quatre années qu'il restera en exercice; cinquante livres au prévôt de ladite École; deux cens livres pour transporter des sujets et cadavres, qui serviront aux opérations et dissections de ladite Ecole, services et prières pour lesdits sujets, et autres dépenses relatives à cet objet; deux cens trente livres pour les médailles des prix des élèves ; et sera le restant desdites quinze cens cinq livres employé aux différens objets de dépense détaillés au testament dudit sieur Houstel.

Si donnons en mandement à nos amés et féaux conseillers les gens tenant notre cour de parlement de Toulouse, que ces présentes ils ayent à faire registrer, et de leur contenu faire jouir et user ledit Collège de chirurgie de Montpellier, perpétuellement et paisiblement ;... car tel est notre plaisir, etc.

Donné à Versailles, au mois de mars, Tan de grâce mil sept cens quatrevingt-trois, et de notre règne le neuvième.

Signé Louis. — Par le Roy. Amelot.— Visa. Hue de Miromenil *.

Le lieutenant Poutingon n'eut pas de peine à connprendre toute l'importance de la fondation de Houstel, et en fit ressortir avec bonheur les avantagest dans l'assemblée générale qu'il convoqua le 2 août 1783, pour remercier, au nom de TÉcole de chirurgie, l'exécuteur testamentaire du généreux bienfaiteur, le professeur Tenon, du Collège de chirurgie de Paris, membre de l'Académie des Sciences.

Celte fondation d'une École pratique à notre Collège de chirurgie, déjà renouvelé et si brillamment doté par Lapeyronie, contribuait à le transformer d'une manière admirable. Aussi n'y a-t-il pas lieu de s'étonner du ton dithyrambique sur lequel Poutingon en préconisa la valeur.

« Le beau présent de cette École pratique, que l'immortel M. Houstel a » fait à notre Collège, — lit-on dans le procès-verbal de cette solennelle » assemblée du 2 août 1783, — le met en possession d'un vaste champ 3> d'enseignement, qui sera dans tous les temps animé et cultivé par Tému- » lation, et du fonds le plus riche et le plus propre à faire germer, éclore, 9 fleurir les talens, et à produire une tige féconde d'élèves instruits dans 1^ l'art de guérir, qui se répandront dans les armées, dans les villes et dans ^ les campagnes, pour se rendre utiles à TÉlat et à leur patrie, qui seront

^ Livre des maîtres chirurg. de Montp., de 1777 à 1785, fol. 64 v©.

y> autant d'échos de la répalation des professeurs qui les auront instruits ; » et les prix dont on les décorera autant de monumens de leurs triomphes, y> et autant de trompettes qui, en publiant par la renommée la gloire du » bienfaiteur, en éterniseront la mémoire dans tous les cœurs*. »

L'enthousiasme un peu calmé, on s'occupa de mettre au concours, — selon les dispositions du fondateur, — la chaire du nouveau professeur de l'École pratique. Le concours s'ouvrit, le 15 septembre 1785. Deux candidats s'y présentèrent, Joseph Courrège et Guillaume Verney. A la suite de quatre jours d'épreuves, conformes au programme tracé par Houstel, et réparties en huilséances, Courrège remporta, et fut nommé pour quatre ans*.

Les deux rivaux étaient l'un et l'autre maîtres en chirurgie, et maîtres és-arts de l'Université d'Orange.

 partir de là, les concours passent, dans notre École de chirurgie, à l'état habituel, pour le recrutement du professorat. Le premier chirurgien du roi, àndouillé, en impose Tobligalion, et en formule le règlement, au moyen d'un programme d'ensemble, daté de Versailles le 14 janvier 1784'. C'est le concours qui vaut à Louis Laborie, le 16 mars 1784, la place de professeur des Principes de chirurgie, vacante par la mort d'Espinas ; c'est aussi le concours qui, à celle de professeur d'anatomie, laissée par Méjan, élève, le 28 septembre de la même année, Guillaume Verney*. C'est encore le concours qui procure, le 9 avril 1786, à Joseph Courrège, lex-premier professeur de l'École pratique, la chaire des Principes de chirurgie, à la mort de Sarrau*.

II y eut, toutefois, des exceptions à l'application de ce mode de recrutement, lorsque, par exemple, le 27 février 1188, Seneaux obtint du roi, sans

1 Liv. des maîtres chirurg , de Montp., de 1777 à 1785, fol. 63.

2 Registre du Collège de chirurgie de Montpellier, poar ce qui concerae l'École pratique, fol, 1-2, — Le concours mil Balaguier à la place de Courrège, le 22 mai 1786 (Livre des maîtres chirurg., de 1785 à 1792; loi. 12 v<»); puis, le 16 janvier 1790, Combes k la place de Balaguier ; puis, lorsque Combes passa, par un autre concours, à la chaire d'opérations, à la fin de la môme année, TËcole pratique eut pour professeur Estor, qui en fut le dernier représentant. (Registre de l'École pratique , fol. 7-11.)

* Livre des maîtres chirurg. de Montp,, de 1777 à 1785, fol. 74 v<>.

*/fcid., fol. 77 v^et 84 v».

5 Livre des maîtres chirurg. de Montp., de 1785 à 1792, fol. 11. Cf. foi. 6 et 9.

concours, un brevet de professeur de maladies des yeux à notre Collège de chirargie, sur la simple présentation du premier chirurgien Andouillé; lorsque aussi, de parle même Andouillé, Combes recueillit, le 14 décembre 1790, la succession de Vigarous, comme professeur d'opérations ' . Combes venait, il est vrai, d'obtenir par concours, au commencement de la même année (16 janvier 1790), la place du professeur de TÉcole pratique, et ne faisait conséquemment que changer de chaire.

Mais ces perfectionnements mêmes apportés à renseignement de notre École de chirurgie, faisaient d'autant plus ressortir rinfériorité de ses élèves. Il nepouvaity avoir pour elle de progrès véritables qu'en intéressant tout le monde à apporter son tribut personnel à Fœuvre commune de rénovation. On avait essayé maintes fois déjà, et toujours infructueusement, de mettre les étudiants à la hauteur des maîtres. 11 fallut prendre, à cet égard, une résolution héroïque. Je ne puis mieux peindre la situation qu'en citant les termes du procès-verbal de l'assemblée du 8 octobre 1783, où elle se trouve exactement retracée.

L'an 1783, et le S* octobre, le Collège de chirurgie de Montpellier assemblé suivant la forme prescrite par ses règlemens, M. Poutingon, lieutenant de M. le premier chirurgien du Roi, a dit:

Il règne, Messieurs, dans notre Collège les plus grands abus parmi les étudians. M" les professeurs chargés de les instruire s'empressent de leur développer les préceptes de Tart de guérir, pai* une doctrine saine et la mieux établie. Mais quelque grand que soit leur zèle, et quelque pénibles que soient leurs travaux, leurs succès ne répondent point à leurs soins, par le défaut d'émulation parmi leurs élèves, et par le peu d'ordre et d'exactitude qu'ils observent dans leurs études et dans les cours qu'ils font. Quelques uns, abandonnés à une stupide indolence, ne se font point immatriculer; et on ignore leur nom, leur patrie, jusqu'à leur qualité d'étudiant. Quelques autres, qui sont absens de la ville, portent la témérité jusqu'à se faille inscrire par commission sur les listes des professeurs en exercice. Un grand nombre ne s'inscrit sur ces mêmes listes que pour la forme. Ils n'assistent presque jamais aux leçons, et le Collège n'est que

* Livre des maîtres chirurg, de Montp., de 1785 à 1792, fol. 17-20, et 36-37.

leur pis aller. Les jeux, les débauches formeut les cercles de leurs plaisirs, et les occupent la plus grande partie de la journée. Us dissipent les fonds que leurs parens leur envoyent, et qui sont destinés à leur avancement, en dépenses superflues et nuisibles. Il en est même parmi eux, nous ne pouvons nous empêcher de le dire à leur honte, qui ont de quoi se soutenir honnêtement dans leur état, et qui se livrent à des professions qui leur sont étrangères, pour se ménager des moyens de divertissement et de dissipation. Tous les élèves qui mènent de si mauvaises conduites sont incapables de s'adonner à aucune étude réfléchie: et si quelque temps avant leur départ ils font à la hâte des efforts pour y parvenir, ils viennent à bout tout au plus d'apprendre quelques mots d'anatomie et de chirurgie, à la faveur desquels et des attestations de leur assiduité dont ils sont muuis, ils se présentent avec emphase à la maîtrise dans^quelque collège ou dans quelque corps de chirurgie, où ils doivent plutôt leur réception à l'indulgence de leurs examinateurs qu'à l'intégrité de leurs suffrages. Entichés sur Texterieur imposant de leur nouvelle qualité de maître, ils exercent leur état pai* routine^ avec la même sécurité que s'ils l'exerçoient scientifiquement. lisse doutent des premiers principes des opérations, et ils osent les pratiquer, et faire par là autant de victimes qu'il y a de personnes qui se livrent à eux. Ils meurent enfin comme ilsont vécu, sans être agités, par aucun remords sur leur ignorance. C'est pour remédier à ces désordres, aussi contraires au bien de Thumanité qu'aux progrès de la chirurgie, que je vous prie, Messieurs, de délibérer.

Ouï l'exposé, il a été unanimement délibéré :

\^ De veiller désormais avec la plus grande exactitude sur les étudians qui feront leurs cours dans le Collège, et de prier M" les professeurs de s'assurer de leur assiduité à leurs leçons.

2« Que pour corriger les abus et prévenir les contraventions k la bonne police qui doit être établie dans nos Ecoles, aucun étudiant ne pourra plus s'inscrire à l'avenir sur les listes de M" les professeurs, s'il ne s'est point fait immatriculer dans le registre des élèves du Collège.

3** Que pour étabhr Tordre, la régularité et l'exactitude dans les inscriptions des étudians sur les feuilles des professeurs, et pour corriger les fraudes de ceux qui, comme par le passé, pourroient s'y inscrire pour les absens, tous les élèves seront obligés dorénavant de prendre leurs certificats après chaque cours qui se fera dans le Collège ; ce qui commencera à s'exécuter à la fin du cours prochain d'anatomie^ et successivement de tous les autres cours ; sans quoi ils ne pourront plus retirer leurs certificats ni autre attestation, de quelque nature qu'elle puisse être.

4<> Que la présente délibération sera imprimée, lue dans l'amphithéâtre aux étudians par Tun des professeurs en exercice, et affichée sur les portes du Collège, pour qu'aucun d'eux ne l'ignore, et qu'aile soit exécutée en tout ce qu'elle

coDtient, avec d'autant plus de raison que tous ces élèves sont intéressés à Feiôcution de dispositions aussi favorables à leur avancement. Ils doivent se glorifier de suivre le cours de leurs études dans les plus beaux jours de la cbij'urgie françoise : temps heureux et mémorable, où la plus utile des sciences est sous la protection du meilleur des rois, où les établissemens les plus beaux et les plus propres à exciter l'émulation, à encourager et à récompenser les talens ont été formés par le zèle et la générosité des Lapeyronie, des Houstel, noms illustres et chéris de leur patrie, que l'on ne prononcera jamais dans le Collège sans être saisi d'un sentiment de vénération, déplaisir et de reconnoissance ; bienfaiteurs immortels, qui en voulant porter leur état à sa perfection, ont porté leur propre gloire à son comble. Animés par de si belles dispositions, tous les étudians ne sçauroient assez faire des efforts, parleurs soins, leurs veilles, leurs travaux, pour s'en rendre dignes. Foibles et stériles de leur propre fonds au commencement de leurs études, ils doivent se nourrir et se fortifier par les bons principes des professeurs qui les enseignent. Peu à peu ils étendront leurs connoissances, ils multiplieront leurs idées ; ils les rendront plus variées, plus distinctes et plus vives. Ils parviendront à découvrir toute la fécondité des ressources et des avantages de l'art de guérir ; et le riche fonds d'érudition qu'ils auront acquis leur apprendra que les trésors de l'esprit sont inépuisables, en couronnant leurs belles entreprises, leurs nobles efibrts, et leurs brillantes opérations des plus heureux succès .

Curieux document, qui, soit comme mercuriale, soit comme peinture de mœurs, nous renseigne d'une manière unique sur l'état des élèves et sur la pensée des professeurs de notre École de chirurgie.

Il ne tarda pas, du reste, à être sanctionné par les lettres patentes de Louis XVI du 18 juin 1784, portant règlement pour les Écoles de chirurgie, et par la déclaration émanée, le même jour, du même monarque, concernant les exercices des élèves en chirurgie , où se lisent des dispositions analogues, prescrivant d'égales garanties pour la sincérité des études chirurgicales ; ce qui explique renvoi de ces deux pièces à notre École de Montpellier par le premier chirurgien du roi» Andouillé, « chef de la chirurgie du Royaume'».

« Livre des maîtres chirurg, de Mantp., de 1777 à 1785, fol. 70. 2 Jbid., fol. 88-91

Nos professeurs de l'École de chirurgie de Montpellier jouissaient alors de la plénitude déconsidération à laquelle ils avaient pu aspirer, et leur orgueil avâil lieu d'être satisfait. Ils se virent admis, au mois de mars 1789, à nommer parmi eux des députés pour coopérer, avec les divers corps publics de Montpellier, à la composition des cahiers des États généraux, ils désignèrent le professeur Jean Poutingon, lieutenant du premier chirurgien du roi, et François Beaumelle, maître en chirurgie, syndic de leur Collège, pour les représenter dans cette importante manifestation nationale* •

Nos chirurgiens poursuivaient ainsi glorieusement une existence bien mesquine, un demi-siècle encore auparavant. Quelle profonde gratitude ne devaient-ils donc pas à Lapeyronie et à Houstel, les généreux promoteurs de leur transformation!

L'École de chirurgie de Montpellier, législativement supprimée le 12 août 1792, cessa de vivre le 5 prairial an H (24 mai 1794), au sortir de la distribution de ses prix deTÉcole pratique, comme si elle avait tenu à honneur de ne pas mourir insolvable à l'égard de ses étudiants. Mais ceux-ci avaient alors Tesprit ailleurs. A peine s'offrirent-ils assez nombreux pour pouvoir se partager les récompenses annuellement décernées* .

^ Livre des maîtres chirurg. de Montp,, de 1785 à 1792, fol. 23 v«

2 Registre du Collège de chirurgie, du 20 février 1793 au fi prairial an II, fol. 21 v». — Les professeurs présents à cette dernière fête chirurgicale se nomment Laborie, Gourrège, Dupin, Méjan, Bourquenod, Veraey. Serda, Poutingon. Combes et Seneaux. — Seneaux avait été délégué, en dernier lieu, pour expliquer aux étudiants les Droits de l'homme, ainsi qu'en témoigne le procès-verbal du 12 octobre 1793, couché sur le registre scolaire, comme il suit :

c L'an mil sept cent quatre-vingt-treize, et le second de la République française une et

> indivisible, le douzième octobre, après midy. les professeurs nationaux du Collège de chi-

• rurgie de Montpellier étant assemblés par billets de convocation, mandés par le citoyen

> Laborie père, doyen et président dudit Collège..., il a été dit qu'il y avait une loi qui en- » joignait à tous les professeurs de la République, chargés de l'instruction publique, de nom- » mer un professeur d'entre eux pour expliquer les Droits de l'homme et l'Acte constitutionnel » en entier aux étudiants en chirurgie. — Sur quoi le citoyen Laborie père, président, ayant s recueilli les voix, il en a résulté que le citoyen Seneaux, l'un des professeurs , a été nommé

• unanimement pour expliquer aux étudiants les Droits de l'homme et l'Acte constitutionnel. » — Laborie, Poutingon, Bourquenod. Laborie fils, Verney, Combes, Seneaux. >

Le dernier maître en chirurgie reçu par notre École fut. Augustin Salanson d'Anduze, à la

L'École de saoté, gae créa la CoDveDtioD nationale, le 14 frimaire an III (4 décembre 1 794 ) , devait rèanir les épaves de nos deux Écoles de chirurgie et de médecine, pour en constituer un seul et même corps, appelé à prendre bientôt après le titre de Faculté.

La nouvelle École, produit de cette fusion, fut installée dans Tancien évêché, précédemment monastère de Saini-Germain, qu'elle continue d'occuper aujourd'hui. Le Collège Saint-Côme, bâti à l'aide des largesses de I^peyronie, est actuellement affecté au service de la Bourse et du Tribunal de commerce.

Âurai-je réussi à montrer dans ce tableau d'ensemble, comme je me Tétais proposé, les divers aspects sous lesquels se présente l'École de chirurgie de Montpellier: humble à son berceau, et presque servante de l'École de médecine, son illustre ainée ; puis s'élevant peu à pendes régions industrielles de la barberie et de la saignée aux zones libérales de l'étude et de l'art ; et finissant par devenir, grâce à la splendide impulsion de ses magnifiques bienfaiteurs, secondée par l'intelligente collectivité d'eflbrts de ses chefs, rémule de son ancienne maîtresse '?

J'aurai du moins le premier entrepris d'exhumer de la poussière des archives les matériaux propres à donner au public une idée de ce progressif développement. Mon esquisse eût été plus complète si les registres officiels

date du 26 pluviôse an II (14 février 1794). Le môme Seneaux lui servit de coaducteur, et présida la soutenance de sa thèse sur les maladies des voies urinaires. L'examen fini, Salanson c prêta le serment entre les mains du citoyen Laborie, doyen, de maintenir l'unité et l'indi-

> visibilité de la République française, d'obéir aux décrets de la Convention nationale et aux

> arrêts des corps constitués, et de se dévouer uu service des armées françaises, de servir les

> pauvres malades gratuitement, et de respecter ses anciens d'&ge >.

^ Ai-je besoin d'ajouter qu'à la différence de ce qui avait eu lieu en 1640, où les quatre maîtres chirurgiens administrativement chargés de donner leurs soins aux malades atteints de la peste, s'étaient attiré, & la suite d'une l&che désertion, les sanglants reproches d'égoïsme dont le Parlement de Toulouse s'est constitué l'interprète / Nos chirurgiens de ces derniers temps, ennoblis par une culture intellectuelle plus raffîoée, se prodiguaient au ôontraire, avec un dévouement sans réserve, au service des pauvres : preuve touchante de la supériorité qu'assigne aux natures généreuses, en s* unissant aux salutaires inspirations de la charité, la pratique des humaniores litlerêf.l

ne m'avaient, par intervalles, fait défaut. Je serai heareQX de pouvoir perfectionner mon œuvre, quand on m'en aura fourni le moyen, en m'aidant à découvrir ceux dont j'ai vainement recherché la trace.

Je dois d'ailleurs traiter plus amplement ce sujet dans mon Histoire de l'Université de Montpellier, en ajoutant à ces premières recherches une série de notices spéciales sur les doctrines et sur le personnel enseignant de notre École de chirurgie. Je me borne aujourd'hui à soumettre au monde savant les résultats auxquels mes investigations m'ont permis d'arriver jusqu'ici touchant cette École, afin d'avoir le droit de quêter auprès de mes lecteurs, en les orientant sur mes desiderata, les renseignements nécessaires pour pouvoir convertir la présente ébauche en travail définitif.

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