Il s’agit des fistules congénitales
2. Voir l’article consacré à Roux et celui consacré à Chassaignac.
« Cette méthode ne peut guère être employée que pour l’ouverture de la trachée ; on lui reproche la blessure de la paroi postérieure de ce canal ; un peu d’embonpoint, du gonflement, de l’œdème ou de l’emphysème au cou rendront difficile son exécution, car il faut, avant tout, fixer invariablement le canal qu’on veut ouvrir; or, on ne le peut rarement à ce point. D’un autre côté, les mouvements de déglutition élevant et abaissant le conduit aérifère, les rapports de son ouverture avec la plaie de la peau changent ; de là, des tiraillements dans les chairs, des déplacements de la canule, etc. ; aussi, le trocart a été presque généralement abandonné ; on préfère exécuter cette opération en divisant d’abord la peau et le tissu cellulaire ; on écarte ensuite les muscles, on les coupe quelquefois, on écarte les vaisseaux, on en divise aussi ; mais alors, s’ils sont importants, on les lie immédiatement. « Le traumatisme des gros vaisseaux et la pénétration de l’air dans les veines auraient d’autant plus de tendance à se faire que l’incision- serait faite à un niveau plus infé^ rieur.
« Plus l’incision sera supérieure et plus elle se rapprochera de l’os hyoïde, moins il y aura de craintes pour l’hémorragie et plutôt le conduit sera découvert.
« En descendant vers la poitrine, le conduit aérifère devient toujours plus profond et s’entoure de vaisseaux dont le nombre, la disposition ne peuvent pas toujours être prévus ; quelquefois on tombe sur un lacis veineux que la gêne de la respiration développe extraordinairement ; si on le divise, o’n peut être fort inquiété par le sang qu’il fournit.
« Dupuytren conseille d’exhorter alors le malade à respirer largement ; mais que peuvent ces exhortations, quand l’obstacle à la respiration existe tonjours? Mieux vaut alors ouvrir promptement et largement la trachée et faire tenir le malade sur son séant, ou même lui faire pencher' la tête en ayant pour que le sang ne tombe pas dans le conduit aérifère. Si cet accident arrivait, on imiterait M. Roux : on aspirerait le sang avec une canule, une sonde de femme, une sonde de gomme élastique ; ou bien même, l’opérateur appliquerait ses lèvres sur la plaie pour faire encore mieux le vide. »
Voici ce qu’il dit à propos de la bronchotomie pour corps étrangers et quelle est sa technique. « Quand c’est pour l’extraction d’un corps étranger qu’on a ouvert le canal aérifère, une fois l’élimination faite, l’opération est terminée, il n’y a qu’un pan-^ sement très simple à appliquer. Mais le corps étranger ne se présente pas toujours, à l’instant, à l’ouverture qu’on vient de pra-
VIDAL DE CASSIS
tiquer : on a vu, par exemple, un haricot resté en face de la bifurcation des bronches ne pouvoir être expulsé par un enfant affaibli, lequel succomba pendant que le chirurgien courait chez un coutelier pour se procurer des pinces nécessaires à l’extrac tiondu corps étranger.
«Il faut donc avoir de petites pinces courbes avec lesquelles on puisse aller à la recherché du corps étranger du côté des bronches, puis vers les ventricules du larynx. Après avoir ouvert la trachée pour l’extraction d’un corps étranger, M. Rigal, de Gaillae, fut obligé d’employer un moyen d’expulsion fort ingénieux.
« Le corps étranger était logé dans les ventricules du larynx ; M.‘Rigal passa par la plaie de la trachée une sonde courbe et solide qui servait de mandrin à une sonde élastique ouverte à ses deux extrémités. Quand le bec de la sonde-mandrin fut parvenu par la plaie à la hauteur du larynx, d’une main le pavillon fut fixé, tandis que l’autre main poussa vivement la sonde de gomme élastique vers le haut du larynx et le corps étranger qu’il contenait fut poussé dans la bouche et fut peu après complètement expulsé. On ne prolongera pas trop ces manœuvres qui pourraient fatiguer le malade. Il vaut mieux, après quelques tentatives, chercher à maintenir ouverte la plaie du conduit aérifère ; il n’est pas rare qu’à un second pansement, on trouve le corps étranger sur les pièces d’appareil ; il y est porté par un effort d’expiration. »
Voici de quelle façon Vidal de Cassis décrit le procédé suslaryngien qu’il avait inventé en même temps que Malgaigne :
«Je démontrai, dans les amphithéâtres de la Charité, une opération qui consistait : 1° à diviser transversalement la membrane thyro-hyoïdienne en rasant le bord inférieur de l’os hyoïde ; 2° à s’arrêter après la section de la membrane fibreuse ; 3° alors, avec un petit stylet, on devait écarter les mailles du tissu cellulaire qui la sépare de la muqueuse afin de donner issue au pus ; 4° si celui-ci n’existait pas ou n’était pas encore formé, l’incision qu’on venait de pratiquer servait de débridement et de saignée locale, ce qui pouvait très bien empêcher la suffocation. Jusque-là, la plaie que je produisais n’était pas pénétrante ; c’était une plaie parfaitement simple ; 5° si les accidents persistaient, je conseillais de rendre la plaie pénétrante afin de mettre les lèvres de la glotte à découvert pour l’explorer et agir sur elle au besoin ou en les comprimant ou en les scarifiant.
« On peut aussi, par ce procédé, extraire les corps étrangers engagés entre les lèvres de la glotte ou retenus dans les ventri- G. Chauveau. — Les Maîtres de l'École de Paris, t. II. 18
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cules du larynx. Mais je ne songeai point à cet avantage de mon procédé, je ne l’avais imaginé que pour le traitement de 1 œdeme
« Voilà franchement l’origine de la bronchotomie sus-laryngienne. J’en parlai à Velpeau qui me demanda une note pour
l’insérer dans son livre de médecine pratique.
« Ce que je dois surtout faire remarquer, c est qu en faisant une incision au-dessous de l’os hyoïde, on ne lèse rien d essentiel ; en longeant le bord inférieur de cet os, on laisse au-dessous de l’incision la veine et l’artère laryngiennes supérieures et le nerf laryngé qui suit ces vaisseaux. »