Dupuytren, Roux, Thuillier, Bayle
véritable. Les ulcérations ne se rencontreraient que dans la laryngite chronique. « Une fois, l’inflammation aiguë du larynx s’est terminée par gangrène. » Donc, le sphacèle serait tout à fait exceptionnel. Mais, par contre, on pourrait trouver des abcès dans l’organe. « Quelquefois très circonscrits, ils acquièrent d’autres fois un volume assez considérable pour faire saillie dans l’intérieur du larynx et donner lieu à des symptômes de suffocation. » On les retrouverait principalement dans les replis muqueux de la région ou à l’union des deux moitiés du thyroïde.
Voici pour les muscles : « Dans les laryngites très violentes, les muscles du larynx peuvent se ramollir, s’infiltrer et parfois même disparaître. Il en est de même du tissu fibreux. » Quant aux cartilages du larynx, « ils ne présentent en général d’altération que dans les laryngites chroniques l . »
Donc, lésions très diverses. « D’après ce coup d’œil d’ensemblejeté sur les altérations que l’inflammation du larynx détermine, on voit qu’il est impossible de présenter un tableau général des désordres fonctionnels qui doivent en résulter; en elfet, les symptômes sont ici la traduction exacte des lésions que nous venons de passer en revue ; de sorte que, pour interpréter fidèlement les faits observés, il est nécessaire d’établir autant d’espèces dans la laryngite qu’il y en a dans les altérations auxquelles cette affection donne naissance. »
Voici les divisions que l’auteur adopte. « Nous reconnaissonsdonc :
« 1° La laryngite avec simple rougeur de la muqueuse (érythémateuse);^ ' ' V r"<
« 2° Là laryngite avec tuméfaction ou gonflement de cette membrane ;
« 3° La laryngite avec sécrétion abondante de mucus ;
« 4 ° La laryngite avec sécrétion de pus ;
« 5° La laryngite avec production de fausses membranes (croup) ou de tubercules.
« 6° La laryngite œdémateuse (œdème delà glotte). »
Voici ce que dit l’écrivain sur la laryngite érythémateuseaiguë : « La plus simple et la plus bénigne des formes de l’inflammation du larynx. Les causes sont souvent inconnues. Elles peuvent être extérieures ou dépendre d’une modification intérieure de l’individu.
« Les causes externes sont : variations de température ; ins-
1. C’est exact, sauf dans le laryngo-typhus et les affections semblablesd'autres pyrexies infectieuses.
ANDRAL
piration d’air chargé de molécules irritantes ; cou dépouillé de vêtements et soumis à une température froide.
« Parmi les causes internes : fatigue du larynx par le chant, la parole. Elle survient quelquefois dans le cours d’inflammations d’autres Organes, par simplé continuité de tissu ou bien par sympathie. Elle peut se montrer dans la variole. Cette maladie affecte tous les âges, mais est plus fréquente dans l’enfance. Bénigne chez certains sujets, elle est très grave chez d’autres. »
L’auteur admet parfois un début annoncé par des symptômes généraux. La réaction symptomatique sérait diverse : « Cette affection peut être précédée pendant vingt-quatre heures d’un mouvement fébrile plus ou moins intense. Quelquefois d’un malaise général.
D’autres fois, le mal serait annoncé par des phénomènes locaux,
« Quelquefois, elle débute tout à coup par une douleur au larynx, se traduisant tantôt par un sentiment de gêne, de chaleur ou de cuisson qui est parfois très vive quand le malade tousse ou parle. La voix est moins intense, s’altère, devient rauque ; déglutition difficile ; toux fatigante, répétée, sèche et enfin donne lieu à une expuitiond’un mucus parfois teint de filaments de sang, plus souvent opaque. »
Quand l’inflammation est intense, elle pourrait déterminer des troubles profonds de l’innervation qui. cachent les symptômes delà maladie locale. « Ainsi, la forme intense de la laryngite donne lieu à la sensation d’un corps étranger dans le larynx, à la toux plus ou moins intense, à la raucité de la voix, puis à l’aphonie complète. Rhoncus sonore au larynx, souffle rude et intense qui annonce la gêne dans le passage de l’air, et. qui se traduit ensuite par des symptômes ; d’asphyxie, bouffissure et pâleur de la face, gonflement des paupières.
« L’orthopnée est quelquefois très marquée ; fièvre intense, anxiété extrême, délire ou coma ; froid des extrémités, petitesse et rapidité du pouls. '
« La marche est continue jusqu’à la terminaison heureuse ou fatale, quelquefois avec des paroxysmes.
<c La durée peut être de quelques heures, de plusieurs jours, de sept à huit ; les récidives sont fréquentes.
. « La terminaison est heureuse d’ordinaire, mais elle pourrait se transformer en une autre espèce de laryngite, devenir chronique et quelquefois en phtisie laryngée. »
Elle se distinguerait de l’angine pharyngienne par des Caractères faciles à apprécier, si la laryngite ne devient pas grave.
La laryngite très intense tuerait trop souvent les malades par asphyxie, et parfois avec une rapidité extrême.
Le ti’aitement serait simple : boissons émollientes chaudes, loochs, cataplasmes sur le cou, pédiluves, lavements, émissions sanguines.
La laryngite érythémateuse chronique est assez longuement étudiée. Voici pour les lésions. « Gomme sur la membrane muqueuse des voies digestives, l’inflammation chronique produit, sur celle du larynx, de la rougeur,de l’épaississement, du ramollissement partiel ou général; dans quelques cas, cette membrane devient le siège de végétations qui peuvent acquérir un volume considérable. On peut y trouver des granulations blanches et dures. Du pus peut couvrir sa surface. Les follicules muqueux peuvent. participer à ces altérations ; ils peuvent s’épaissir et sécréter des mucosités abondantes. On y rencontre des ulcérations qui pourront ne pas déterminer l’altération de la voix si elles siègent au-dessus des cordes vocales, mais qui produiront ce phénomène si elles existent au-dessous. Ces ulcérations ont été principalement constatées à l’épiglotte, aux cordes vocales. Elles peuvent s’étendre en largeur et en profondeur, au point de donner naissance à des fistules. »
Dans la laryngite avec tuméfaction de la membrane muqueuse 1 2 , les causes seraient identiques aux facteurs étiologiques de la laryngite érythémateuse, mais la réaction symptomatique apparaîtrait infiniment plus grave. « Il y a constamment une dyspnée et une toux se rapprochant d^ celle qui existe quand le larynx est tapissé par de fausses membranes, qui ont pu faire prendre cette affection pour le croup. On entend quelquefois un sifflement pareil à celui que détermine la bronchite. Cette affection, plus fréquente chez les enfants que chez les adultes, a souvent aussi chez eux une terminaison funeste, à cause de l’étroitesse du larynx, naturelle à cet âge. La mort peut arriver brusquement, surtout chez les très, jeunes sujets. La maladie peut aussi se terminer heureusement, mais en laissant de la dyspnée, de la toux, et une voix rauque. »
La laryngite aiguë avec sécrétion (croup) se rencontrerait surtout dans l’enfance.
Dans un autre type à allure chronique-, « le tissu cellulaire sous-muqueux peut être épaissi ; il peut se présenter sous la forme de cordons squirrheux, ou bien être distendu par de la sérosité
1. Il s’agit probablement d’une variété dé laryngite phlegmoneuse.