‹ Les maîtres de l'Ecole de Paris dans la période préspécialistique des maladies du pharynx, du larynx et du nez. Tome IIChapitre 16 sur 117 · Desault · texte numérisé non relu

Desault

2. On attacha, un certain temps, beaucoup dïmportance à ce prétendu -symptôme, puis on reconnut qu’il était rare et qu’il se rencontraiten dehors de la phtisie laryngée.

3. C’est tout à fait exceptionnel. Il faut pour cela que la périchondrite retentisse sur le tissu cellulaire sous-aponévrotique.

ANDRAL

s’altère, les malades maigrissent et tombent dans le marasme.

« C’est à cette période de la laryngite chronique qu’on a donné le nom de phtisie laryngée.

« On voit donc que la laryngite chronique est variable en intensité ; qu’elle peut être primitive ou survenir d’emblée ou bien succéder à une laryngite aiguë. Elle dure de quelques mois à plusieurs années; elle peut se terminer par la guérison; la mort en est souvent la conséquence. Il faut contre elle agir énergiquement. »

Enfin, Andral a fait connaître un cas fort rare, à l’époque où il fut publié, de phtisie laryngée nettement syphilitique (voir Clin, méd., t. IV, p. 197, Paris, 1840).

« Une ouvrière en robes, vingt-trois ans, fut admise à la Charité, le 31 décembre 1821. Bonne santé antérieure ; menstruation un peu irrégulière. Depuis quelques années, toux sèche qui devient plus incommode avec les excès de travail. La maladie remonte à cinq mois avant son entrée. Elle dit qu’ayant passé la nuit près d’une fenêtre ouverte, elle s’était réveillée avec un enrouement considérable et un accès de fièvre. Au bout de quinze jours, enrouement et fièvre cédèrent au traitement; la voix seule contracta d’abord une dureté qu’elle n’avait pas eue jusqu’ici, et, peu de temps après, elle s’affaiblitconsidérablement.

« La malade travaillait au coton.

« A cette aphonie se joignait une toux plus fréquente, plus fatigante, mais toujours sèche. De l’oppression par intervalle, en montant un escalier, à la suite d’un exercice pénible ou lorsque le moral était vivement affecté.

« Respiration bruyante pendant l’inspiration.

« Le 30 décembre, les symptômes d’oppression deviennent plus forts; le soir, la malade remarque du sang dans ses crachats.

Examen à la visite. — « La malade offre les symptômes suivants : douleur rapportée sur les côtés du cou, au niveau des grandes cornes de l’os hyoïde, douleur plus légère derrière le sternum et profondément dans la région dorsale entre les épaules, douleur qui est exaspérée par la toux; respiration laborieuse, bruyante au passage de l’air à travers le larynx.

« Toux fréquente avec son particulier que l’on peut comparer à celui du croup, de sorte qu’à ce caractère seul on est conduit à présumer une altération du larynx; dyspnée portée quelquefois jusqu’à la suffocation; fréquence, petitesse et dureté du pouls ; sueurs nocturnes, perte d’appétit, digestions difficiles.

«Malgré le traitement, pas de changement notable au bout de quatre jours. Le 5, respiration plus gênée, sifflante; constric- C. Chauveau. — Les Maîtres de l'École de Paris, t. II. 2

LES MAÎTRES DE l’ÈCOLE DE PARIS

tion du larynx. Le 6, dyspnée plus considérable, l’occlusion du larynx paraît plus avancée. Le 8, l’oppression est considérable ; douleur derrière le sternum. Le 9, occlusion presque complète du larynx, inspiration difficile avec bruit, orthopnée, toux, anxiété extrême, aphonie. Le soir, menace de suffocation ; nuit très agitée. Le lendemain, les accidents augmentent et atteignent le plus haut degré d’intensité; M. Fouquier jugeant la suffocation imminente, propose la trachéotomie, seul moyen pouvant prolonger la vie. Il en réfère à Roux qui adopte le même avis. L’opération est pratiquée le jour même. La trachée à peine ouverte, une petite quantité de sang pénètre dans le canal pendant l’inspiration ; la malade tombe sans connaissance; les artères cessent de battre ; la respiration est interrompue, les battements du cœur ne sont plus sentis. Loin de se déconcerter, l’habile chirurgien introduit une sonde de gomme élastique dans la trachée et par des aspirations réitérées, il parvient à enlever une partie du sang qui fait obstacle au passage de l’air. La respiration alors reprend son jeu, la respiration se rétablit, mais la malade reste sans connaissance. La sonde est fixée, et le reste de la journée se passe dans un état presque désespéré.

« Le 11, la malade n’a pas encore recouvré connaissance. Le 12, la respiration est plus libre, la malade commence à reconnaître les personnes qui l’entourent ; la fièvre est moins forte.

«Le 15, la plaie du larynx commence à se rétrécir ; la respiration se fait très bien par la bouche ; le pouls plus fréquent ; la plaie se ferme et se déterge. Le 31, très peu d’air sort par la plaie ; la malade a de l’appétit ; sa respiration est complètement libre. Le 14, la fistule est fermée. Le 15, la malade sort de l’hôpital complètement guérie. Mais, au bout de huit jours, elle revient, se plaignant d’éprouver de nouveau de la gêne dans la respiration, de la douleur dans la gorge, de la toux, du malaise, de l’agitation la nuit.

« Sur interrogatoire, on apprend que cinq ans auparavant elle a eu une maladie vénérienne, et alors on soupçonna que l’ulcération du larynx pourrait avoir des connexions avec elle. On institue le traitement, et, le 13 avril, la malade quitte l’hôpital et depuis, elle a joui toujours d’une excellente santé. » *

Page 1