VII. — CAYOL
Les « Recherches sur la phtisie trachéale »
de Cayol ne sembleraient pas devoir rentrer dans le cadre d’étude que nous nous sommes tracé. En réalité, il n’en est pas ainsi, parce que la trachée, en somme, ainsi que l’œsophage, tendent peu à peu à faire partie du domaine de notre spécialité, surtout depuis que les méthodes nouvelles d’exploration physique se sont peu à peu intronisées dans la pratique, nécessitant des techniques spéciales, ce qui semble exclure ces examens de la médecine générale. D’autre part, les contemporains de Cayol et ses successeurs immédiats se préoccupaient, beaucoup plus que nous, d’un type morbide, intéressant à plus d’un titre, mais qui coïncide le plus souvent soit avec la tuberculose pulmonaire, soit avec la phtisie laryngée lorsque les poumons semblent indemnes. N’empêche que quelquefois le mal, soit parce qu’il est en réalité isolé, soit parce que ses lésions prédominent sur celles du larynx et des poumons, prend une allure clinique qu’il est impossible de négliger. On a alors devant soi toute une série de symptômes qui simulent, suivant la plus ou moins grande rapidité de l’évolution, tantôt une bronchite subaiguë, tantôt une bronchite chronique, parfois une dilatation des bronches qui ne s’améliore point par les moyens habituels, s’exacerbe peu à peu et entraîne une déchéance plus ou moins prononcée de l’organisme. Or, c'est Cayol qui a étudié le premier, on peut le dire, cette localisation spéciale du processus tuberculeux.
Son esquisse clinique n’est pas toujours heureuse. Il exagère les crises asphyxiques parce qu’il ne sait pas séparer ce qui appartient à la phtisie laryngée de ce qui revient à la trachée, et c’est pourquoi il méconnaît également l’origine véritable du sifflement qu’il a noté chez ses malades, et qui est dû réellement à l’affection que Bayle’ venait tout récemment de faire connaître sous le