‹ Les maîtres de l'estampe japonaiseChapitre 47 sur 102 · PI. XXI · texte numérisé non relu

PI. XXI

en soulève les pans ou les grandes manches, et voilà le lis qui s ouvre et s épanouit'.

Mais la préférence de Kiyonaga va encore au calme des longues et minces femmes qui, le manteau frileusement ramené, se dressent engainées dans leurs kimono comme les tiges des graminées dans leurs feuilles ^ Il est une estampe dont les draperies sont des chefs-d'œuvre^ : au second plan, une femme, penchant légèrement vers la gauche ; la ligne de son kimono monte, se courbe, tombe et remonte, indéfiniment jaillissante et captive comme un jet d eau, tandis qu'à côté, par défi d élégance, svelte s élance la silhouette d une compagne ; après une chute vertigineuse, les étoffes se brisent à terre avec les mêmes bouillonnements que 1 eau d'une cascade en larges ondes dans un bassin. Souvent Kiyonaga s'est plu à balancer ainsi deux figures hiératiques, et à les faire tantôt converger, tantôt diverger *. Ou bien il a opposé des courbes à des lignes presque droites : courbes des ailes des cheveux, courbes de l'échancrure du kimono au col, courbes des manches, courbes des robes sur le sol, et, longitudinalement, des plis presque rectilignes. Voyez encore, dans cette scène d auberge, deux femmes. Tune assise sur les nattes, lautre accoudée à la balustrade ; toutes deux s appuient sur lun de leurs bras % qui, tendu, porte tout le poids du corps et contraste avec les courbes molles du torse et de la croupe ^ Cette même estampe a comme deux axes

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