‹ Les maîtres de l'estampe japonaiseChapitre 49 sur 102 · Cf. C. m, 57, Scène d'auberge · texte numérisé non relu

Cf. C. m, 57, Scène d'auberge

6. Même disposition dans la femme accroupie au milieu du diptyque, pi. XV.

parallèles, les bras tendus de Thomme debout et de la femme accroupie au premier plan : symétriquement, les deux groupes de personnages se font pendant. De telles réussites de lignes, de tels équilibres de masses ' ne se décrivent pas : là est le triomphe de l'art de Kiyonaga.

Par la beauté calligTaphique et l'élégance schématique de son dessin, Kiyonaga s'apparente aux artistes de l'atelier Kwaigetsudo ou à Torii Kiyomassu ". Toutefois, chez Kiyonaga, le trait, plus fm, accuse moins les pleins et les déliés, et les droites et les courbes que les Primitifs opposent sur le même kimono dont les plis foisonnent, Kiyonaga les distribue entre les diverses figures qu'il se plaît à gi'ouper \ Dans la Scène de chaya, les lignes droites des grandes femmes, symétriques à 1 axe formé par le bras gauche de la geisha assise au centre, s opposent aux courbes des personnages accroupis *. Cette répartition entre plusieurs personnages des droites et des courbes que les Primitifs rassemblaient sur la même figure permet à Kiyonaga de simplifier les kimono de ses modèles. Comparés aux héroïnes des Kwaigetsudo, on dirait d'ombrelles qu'après avoir vu largement ouvertes on reverrait au fourreau.

Et encore par la prestance et la démarche de ses héroïnes, Kiyonaga, élève des Torii, rappelle la mimique du théâtre classique des nô, bien antérieur au théâtre populaire : c'est le même art noble, hiératique, un peu froid, mais si beau d'attitudes, de gestes, de groupements ! Les mouvements de ses belles sont rares, toujours sobres, jamais brusques. Voyez-les mai'cher au bord de la Sumida " : leurs bustes

1. Notez comme les noirs, les bruns, les rouges, couleurs sombres, juxtaposés à des roses, des verts, des gi'is, couleurs claires, contribuent à équilibrer ces masses.

2. V. pi. IV, un acteur dans un rôle de femme, par Tori Kiyomassu.

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