Par exemple, Mitsunobu
4. Kitao Keisai Masayoshi est le créateur de la Méthode du dessin abrégé, Riakougiva shiki.
règne : voici des quadrupèdes de tout poil, de tout climat; tous les vols, toutes les poses des oiseaux, toutes les sinuosités des poissons ; puis de frêles saules hérissés par le vent, de vieux pins se courbant vers la terre, déjeunes pins imprudents se penchant sur Teau ; des légumes, des herbes ; puis des silhouettes de côte dans la bruine au clair de lune, les divers mouvemenls de la mer ; presque tout un livre sur des modèles d'architecture, des ponts de tout style, des maisons groupées autour dune pagode s'étirant de chaque côté d'une route sinueuse, des ustensiles domestiques, les diflérentes pièces d une armure, d un harnachement, des armes à feu, et des lanternes, des escaliers, des rocailles pour décorer les jardins... Et toutes ces formes sont jetées à la hâte, pêle-mêle ; on passe de 1 animé à l'inanimé, de 1 énorme au minuscule, et partout ce ne sont qu'ébauches : jambes, bras, pattes, ailes qui remuent, qui battent, qui s agitent, fragments de paysages surgissant, puis s abîmant dans la brume, — curiosités d un instant.. On dirait les coulisses de 1 univers, un incohérent musée de germes. C est la vie gâcheuse, mais indéfinie. On ferme les quinze volumes, un peu étourdi, mais animé d'un rythme allègre, porté par cette force même qui, en ces milliers de croquetons, lance les lames à 1 assaut des rocs, les samuraï contre leurs ennemis, fait virevolter les gymnastes, fuir les oies sauvages, — ■ visions fugaces, formes sommaires, à travers quoi apparaît l'universel mouvement.
L'occasion de la Mangwa, c'avait été, dit-on, un entretien queHokusaï, de passage à Nagoya, eut avec son ami Bokousen sur le dessin : « Or nous avons voulu que ces leçons profitassent à tous ceux qui apprennent le dessin, et il a été décidé d imprimer ces dessins en un volume. » Ce premier livre fut suivi d une douzaine d autres, lentretien se prolongea pendant trente-sept ans à bâtons rompus, au hasard
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des observations, mais avec la volonté ferme et méthodique, chez ce fantaisiste de Hokusaï, de ne s'intéresser à travers les déformations de métiers, de professions, de monstruosités, à travers toutes les formes animales, végétales et minérales, qu'au mouvement. Car cet homme si primesautier, qui passe si vite d'un sujet à un autre, qui change d élément, qui est sur terre, puis en lair, puis sous l'eau, qui abandonne un croquis de manant pour une esquisse de fleur, d'oiseau, de poisson, puis qui quitte notre monde pour suivre ses imaginations, — cet artiste capricieux et toujours en éveil a des arrêts subits, des retours, des insistances. Tenacement il s'essaye à saisir l'essence de chaque être et à faire de son dessin une libre, souple et franche calligraphie inspirée des plus belles formes de la nature. Les commentateurs chinois nous parlent d'un vieux peintre de la dynastie Song qui, « chaque matin, avant l'évaporation de la rosée, se promenait dans son jardin, examinant soigneusement une fleur, la tournant et la retournant dans sa main, puis préparait son pinceau et la peignait », ou d'un autre qui installa derrière sa maison un jardin et un vivier avec des rochers, des bambous et des roseaux, et y éleva des oiseaux aquatiques pour les contempler en mouvement et au repos, ou encore d un autre qui pour mieux observer les poissons vivait presque avec eux dans l'eau V Hokusaï a l'esprit de ces grands curieux de jadis ; sur une planche du Shashin Givafu, Etudes d'après nature, il a représenté un Japonais accoudé sur une petite table, les deux mains croisées sous le menton, 1 éventail tombé à terre près d une coupe vide de saké, en contemplation devant des papillons : c'est l'attitude du sage chinois, adorant dans une demi-ivresse les symboles de sa vie éphémère. C est l'attitude même de Hokusaï. Dans la Mangwa, dans V Imayo sekkin hinagata, Modèles des peignes et des pipes