‹ Les maîtres de l'heure: Maurice BarresChapitre 33 sur 45 · L'Union sacrée, p · texte numérisé non relu

L'Union sacrée, p

2. C'est M. Barrés qui, le premier, a baptisé la Voie sacrée la fameuse route de Bar-le-Duc à Verdun.

Cependant les armées adverses croisent le fer, et le sort des armes nous est d'abord contraire. Les hordes germaniques s'avancent à marches forcées sur Paris. La volonté française se tend dans un efîort surhumain. « Voulez-vous que j'emploie le mot de prière'? Il rend bien ma pensée. A cette heure, dans tout l'univers, l'élite des hommes, les plus cultivés, les plus humains, prient pour le succès de nos armes. Ils voient que la civilisation serait diminuée, si elle était privée de notre nation, de notre ville, plus capables qu'aucune nation et qu'aucune ville de maintenir les idées généreuses dans le monde. » Une partie suprême va se jouer que nous devons aborder avec confiance, car nos armées sont intactes et leurs dispositions morales sont admirables. « Quelque chose d'heureux et de grand se prépare. » Et en effet, au bout de quelques jours d'angoisse, le miracle souhaité s'accomplit; la victoire, que nous avions attendue quarante-quatre ans, redevient enfin française. Un immense soupir d'allégresse salue notre délivrance. « Ils s'en retournent, les Barbares, comme s'en retournèrent jadis le duc de Brunswick et Attila. Et nous, d'avoir par nousmêmes, une fois de plus, assuré notre salut et préparé le salut du monde, quelle grandeur! Toutes les âmes françaises en reçoivent de la lumière et une indéfectible énergie. C'est une fermentation immense dans tout notre pays. Tout un peuple cet après-midi, battait les murs de Notre-Dame. Chacun de nous cherche où porter ses remerciements aux autels de la patrie ^. »

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