‹ Les maîtres de l'heure: Maurice BarresChapitre 32 sur 45 · Les Saints de la France, p · texte numérisé non relu

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que pour exprimer à haute voix nos vœux ardents, pour me faire le servant d'une sorte d'office national et de la supplication de tous ^. » C'est cela même, et l'on ne saurait mieux définir le rôle que s'est assigné l'auteur des Déracinés en écrivant ses articles quotidiens : dans ce long drame aux multiples péripéties qui s'est joué sur la scène du monde, il a comme rempli l'office du chœur dans la tragédie antique -.

C'est d'abord, en réponse à l'insolent défi de l'Allemagne, la brusque « résurrection » française, « l'union des Français autour des grandes idées de notre race », le « jour sacré » du 4 août, et l'élan de tout un peuple qui se porte à sa frontière. Puis c'est la fièvre de la mobilisation et l'attente impatiente des premières batailles. « Une matière enthousiaste passant par des mains qui savent l'ordonner, voilà notre France à cette heure, plus belle, ma foi, que nous n'osions la rêver, nous-mêmes qui, toujours, avons proclamé que le génie français est de vieille formation militaire. » Et tandis que le front intérieur s'organise, que les dévouements s'offrent et se multiplient, une même pensée inquiète hante tous les non-combattants : « J'ai là trois œuvres très utiles, sans compter d'autres soins de propagande, et c'est assez pour j-emplir les journées, même pour remplir l'esprit. Mais tout cela n'arrive pas à accaparer suffisamment l'âme. On se surprend à se croire en faute ; c'est ailleurs qu'on voudrait être, là-bas, au champ du devoir. »

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