i" série, p. 2:52-2r
;j. /»<., I'" série, p. 31. — Ce lionu porlrnil H^urail ' \n*
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M. Sully Pnulhonuuf (10 d»'ceinl>re IS8I). innis nu lieu dVii rormer lo déliul, roiinne dans les (7on/c;n/M)/«n«.<. il l'tnil pré«'édé «h» )piel<|Uos ligues du - préparaliuu •, qui en oUeiiuaicul cl eu duniuuaicul un
Et cet autre de Francisque Sarcey, si amusant de verve malicieuse :
Je m'empare d'une phrase de Beaumarchais, dont je change quelques mots et dont je garde le rythme. « Un homme gros, gris, rond, bon, toujours allègre et de belle humeur. » Tel on se représente M. Francisque Sarcey, et tel il est en effet.... Il n'est pas un article de Sarcey où Sarcey ne soit reconnaissable à l'accent, je dirai presque au geste, et qui ne sente en plein son Sarcey.... On le voit, on l'entend : il se conjouit dans sa barbe, il vous appelle « mon ami )>, il va vous taper sur le ventre.... M. Sarcey est comme qui dirait le bonhomme Richard de la presse contemporaine.... M. Francisque Sarcey sera, si vous voulez, quelque chose comme un gros neveu sanguin du maigre et nerveux Voltaire, neveu très posthume et né en pleine Beauce....
« Enfin Francisque vint. » Il vint du fond de sa province, attiré par About, comme un Caliban de collège par un Prospero de boulevard.... Il vint armé de bon sens, de patience, de franchise et de bonne humeur; professeur dans l'âme, consciencieux, appliqué, décidé à n'écrire que pour dire quelque chose; non pas naïf, mais un peu dépaysé parmi la légèreté et l'ironie parisienne. Déconcerté, non pas ^...
Notez que cet écrivain qui sait si plaisamment railler et si finement sourire, sait aussi, quand il le faut, être cloquent, et manier la grande période oratoire :
Le jour où, acculé contre une petite porte de l'Hôtel de Ville, monté sur une chaise de paille, visé par des canons de fusils,
peu l'effet. En relisant son article pour le recueillir en volume, V écrivain-né qu'est M. Jules Lemaître a supprimé les « préparations » inutiles et « attaqué » son élude comme elle devait l'élre. — Notons ici une lois pour toutes que les articles des Contemporains ont été non pas toujours, mais assez souvent rcloucliés en passant de la Revue dans le livre; et regrettons qu'entre autres articles fâcheusement dédaignés, un article de la Revue Bleue (17 avril 1883) sur Alphonse Daudet romancier n'ait pas clé recueilli. « C'est tout simplemont, nous avoue M. Jules LcMnaîlre lui-môme, que je n'en étais pas salisf.iil; c'est (|ue j'ava-s des remords de ne l'avoir pas su définir (Al|)l!()nso Daudcl), cuniiue je le sentais, et que, sur lui, je ne consentais pas à être insufllsant. » {lîevue hebdomadaire, art. cit., p. 5G-57). 1. Contcm.porains, 2" série, p. 213, 214, 225, 227.
M. JULi:> Ll. MAITRE. .?5
la pointe des sabres lui piqii.inl les mains et le forçant a relever le menton, gesticulant d'un bras, tandis que de l'autre il serrait sur sa poitrine un homme du peuple, un loqueteux qui fondait en larmes, — le jour où, tenant seul tête à la populace aveugle et irrésistible comme un élément, il l'arrêta, — avec des mots, — et fit tomber le drapeau rouge des mains de l'émeute, — la fable d'Orphée devint une réalité, et Lamartine fut aussi grand qu'il ait jamais été donné à un homme de l'être en ses jours périssables*.
Et vous ne vous plaindrez pas, je Tespère, de lire encore cette page étonnante, que M. France a sue presque par cœur 2 :
Quand j'entends déclamer sur l'amour de la patrie, je reste froid, je renfonce mon amour en moi-même avec jalousie pour le dérober aux banalités de la rhétorique qui en feraient je ne sais quoi de faux, de vide, et de convenu. Mais quanti, dans un salon familier, je sens et reconnais la France à l'agrémnit de la conversation, à l'indulgence des mœurs, à je ne sais (luelle générosité légère, à la grâce des visages féminins; quand je traverse, au soleil couchant, l'harmonieux et noble paysage des Champs-Llysées ; quand je lis quelque livre subtil d'un de mes compatriotes, où je savoure les plus récents raflinemenls do notre sensibilité et de notre pensée; quand je retourne en province, au foyer de famille, et qu'après les élégances et l'irimie de Paris je sens tout autour de iikù les vertus hérilées, la patience et la bonté de cette race dont jo suis ; quand j'embrnsso. de quelque courbe de la rive, la Loire étalée et bleue comme un lac, avec ses prairies, ses peupliers, *va' 1/0/5 blonds, ses toujj'i's d'osiers bleuâtres, son ciel léger, la douceur épandue dans l'air et, non loin, dans ce paya aimé de nos anciens rois, quelque château ciselé comme un bijou qui u\o rap|H»lle la vieille France, ce (|u"elle a fait et re qu'elb' n rlé dans Ir mondi* ; al»u-s je me sens pris d'une inlinie lentliesse ptuir celle terre maternelle où j'ai partout «les racines si délicates et si f»»rles: je songe (]ue la patrie, c'est tout «-e qui m'a fait ce que je suis; eo sonl mes parents, mes ninis d'à prés»Mil «»l tous u»es auiis pu^siblcâi