La Sorcière, chap. vu, au sujet du jour des morts
2. Nos Fils, page 422. Ce culte pour les morts se montrait chez lui par des traits touchants, n souffrait à la vue d'une tombe mal soignée, et quand il allait visiter les siens au Père- Lachaise, il lui arrivait souvent de faire orner de fleurs les tombes voisines de celles de ses proches. 11 fît même une fois refaire la grille brisée du tombeau d'une personne qui lui était entièrement inconnue. Grâce à la libéralité de la Ville de Paris et à une souscriptioa à laquelle la France entière a contribué, un admirable momument, dû au ciseau du sculpteur Mercié, honore la mémoire de Michelet, dans ce cimetière du Père- Lachaise, qai était une de ses promenades favorites*
idO VICHELET.
De même qu'en éducation, instruire lui paraissait un point secondaire, et que l'important à ses yeux était d'émouvoir le cœur et de former le caractère, l'étudte et l'enseignement de ITiistoire étaient pour lui un moyen de perpétuer, de renouveler, de rendre plus intense la vie nationale et (fagir sur l'avenir par le passé. Michelet aima passionnément te France ; îï a tracé d'elle au second volume de son Histoire un portrait ému, enthousiaste, comme on ferait d'une personne adorée. Il vivait de sa vie dans le passé, et il est mort des coups qui Font frappée. Elle était pour lui une religion : « La patrie, ma patrie peut seule, disait-il, sauver le monde. » Son histoire lui semblait le plus beau, le plus utile des enseignements. Il rêvait « une école vraiment commune où les enfants de toute classe, de toute condition, viendraient un an, deux ans, s'asseoir ensemble, et où l'on n'apprendrait rien d'autre que la France*. »
C'est cet amour pour la France qui lui a dicté son clief-d'cBuvre, ces pages qu'on ne peut relire sans des larmes, la Vie de Jeanne d'il rc, l'héroïne, le messie de la patrie.
Mais le patriotisme de Michelet n'avait rien