Le Petspkj page 3IÎ
MICHELBT. 2S1
de commun avec le chauvinisme étroit de ceux qui ne savent aimer leur pays qu'en haïssant l'étranger. Bien loin d'y trouver des motifs d'égoîsme et de haine, il y trouvait la souTce d'un amour plus large encore. La patrie était pour lui « rinitiation nécessaire à l'universelle patrie ». « Plus l'homme, disait-il, entre dans le génie de sa patrie, mieux il concourt à l'harmonie du globe ; il apprend à connaître cette patrie, et dans sa valeur propre, et dans sa valeur relative, comme une note du grand concert; il s'y associe par elle; en elle^ il aime le monde. » Si, de toutes les nations, la France lui paraissait la plus digne d'amour, c'est qu'elle est « ie représentant des libertés du monde et le pays sympathique entre tous, f apôtre de la fraternité » ; c'est qu'elle a eu plus qu'aucun autre le « génie du sacrifice » . La plus haute manifestation du génie de la France est à ses yeux la Révolution, qui restera dans l'avomT son « nom inexpiable, son nom étemel », et la Révolution symbolise pour lui les idées de justice et de concorde universelle. Il eût dit avec le poète :
Je tiens de ma patrie un cœur qui la déborde,
Et plus je suis Français, plus je me sens humain K