‹ Les maîtres de la pensée moderne [microform]Chapitre 14 sur 47 · vol. in-8. Amsterdam · texte numérisé non relu

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2. Dom Deschamps représenterait plutôt le panthéisme logique ; Robinet le panthéisme vitaliste et naturaliste.

conclure de l'intelligence humaine à l'intelligence divine : mais, plus conséquent que Spinoza, il n'admet pas même en Dieu l'attribut de la pensée ; comme Spinoza, il admet une « perfection absolue » et une « perfection relative », dont l'une n'est que la négation de l'autre. Il enseigne aussi comme lui, « qu'il est au-dessous de Dieu d'agir pour une lin », mais que néanmoins il ne faut pas conclure de là qu'il agisse au hasard. Dieu n'est « ni libre ni nécessité ». Il n'a pas plus de « volonté » que d' « intelligence ». En un mot. Robinet enseigne, sans en connaître l'origine, la doctrine alexandrine du Dieu sans attributs. Par là, il passe même au delà de Spinoza. Entin, il essaye de concilier sa doctrine avec celle des Écritures, en disant qu'il n'a fait que développer la parole sacrée : « Je suis Celui qui est ».

L'École philosophique, la plus savante et la plus rigoureuse du xvni® siècle, l'école de Condillac, se montra opposée au système et à la méthode de Spinoza. Cette école en effet avait élevé contre la métaphysique toutes les objections que l'on a renouvelées de nos jours. Toutes les recherches sur les causes et les substances, le commencement et la fin des choses, sur le fini et l'infini, paraissaient des recherches présomptueuses et chimériques dignes de la scolastique. C'est ce que Condillac appelait des « systèmes abstraits ». 11 croyait avoir fondé une métaphysique véritablement positive en la réduisant à V analyse des sensations. En outre, .il attachait une extrême importance à la méthode,

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la définition des mots, à la règle fondamentale d'aller du connu à l'inconnu. Spinoza ne le satisfaisait nullement à ce point de vue. Aussi, dans son Traité des systèmes (1749) a-t-il soumis à une critique serrée et sévère le premier livre de rÉthique. Il lui reproche d'avoir manqué aux deux conditions principales des démonstrations géométriques : (( la clarté des idées et la précision des signes. » Il conclut cette discussion en disant • « Prévenu pour tous les préjugés de l'école, il ne se faisait que des notions vagues dont il se contentait toujours ; s'il connaissait l'art d'arranger les mots et 1rs propositions à la manière des géomètres, il ne connaissait pas celui de se faire des idées comme eux. Une chose me persuade qu'il a pu être lui-même la dupe de ses propres raisonnements : c'est l'art avec lequel il les a tissus* . » L'opinion de Condillac sur Spinoza est celle de toute son école. Aussi, dans les écrits de Cabanis, de Destutt de Tracy, de Laromiguière, on ne trouve pas même le nom de Spinoza prononcé une seule fois».

En résumé, ni au xvii« ni au xvni« siècle, du moins en France, Spinoza ne fut guère lu ni compris. Il n'eut que quelques adhérents obscurs, dont les ouvrages même étaient ignorés. C'est à notre siècle et dans ce siècle à Victor Cousin, et à son

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