‹ Les maîtres de la pensée moderne [microform]Chapitre 18 sur 47 · Démocratie en Amérique, tome II, 1" partie, ch. TII · texte numérisé non relu

Démocratie en Amérique, tome II, 1" partie, ch. TII

14a LES ItfÀITRES DE LA PENSÉE MODERNE

gination ; il nourrit l'orgueil de leur esprit et flatte sa paresse. » Tandis que Tocqueville voyait clairement les menaces du panthéisme et ses affinités secrètes avec les grandeurs et les faiblesses de la démocratie, Jouffroy au contraire se faisait de singulières illusions lorsqu'il croyait le panthéisme incompatible avec les idées et les croyances de l'Occident, et, à ce titre, peu dangereux, t II n'est pas dans la nature des races occidentales, disait-il, de mépriser la réalité et de lui substituer les rêves de l'imagination*.» Gela peut être vrai du panthéisme mystique, tel que l'ont connu les Indiens. Sans doute le bouddhisme européen est une fantaisie littéraire et mondaine, beaucoup plus que philosophique; mais un panthéisme naturaliste, qui absorbe l'homme dans la nature et fait de la nature l'être divin, n'a rien d'inconciliable avec la civilisation de notre temps.

Aussi vit on, à partir de la Restauration, le point de vue panthéistique prendre, même en France, un assez grand développement. Seulement on ne peut y reconnaître l'influence de Spinoza que d'une manière assez indirecte et à travers l'influence plus immédiate de l'Allemagne contemporaine. Victor Cousin lui-même, dont la vive imagination a traversé bien des phases diverses en philosophie, s'était imprégné de philosophie hégélienne, et son cours de 1828 avait été, non sans quelque raison, accusé de panthéisme ; c'est probablement même à cette influence qu'est due sa sympathie pour

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