LE DERNIER MOT D*UN MATÉRIALISTE
donner ces raisons-là... autre chose est la cause, cl autre chose ce sans quoi la cause ne serait jamais cuuse\ »
Diderotrevient avec insistance sur cette distinction fondamentale de la condition et de la cause : « Je vous contredis, donc j'existe, fort bien ; mais : je vous contredis parce que j'existe, cela n'est pas ; pas plus que : il faut un pistoîet pour faire sauter la cervelle; donc je fais sauter la cervelle parce que j'ai un pistolet... Il faut une scie pour scier; mais il n'a pas vu qu'on ne sciait pas par la raison qu'on avait une scie. »
Sans doute, il faut se garder de rien exagérei', et de prêter ici à Diderot plus de spiritualisme qu'il n'en a; car le- fond de son objection est qu'Helvétius a attaché trop d'importance aux sens externes, et pas assez à l'organe interne, à l'organe, cérébral luimême. « Il y a cinq sens; voilà les cinq témoins; mais le juge ou le rapporteur? Il y a un organe particulier, le cerveau, auquel les cinq témoins font leur rapport, cet organe méritait bien un examen particulier. Il y a deux sortes de stupides : les uns le sont par des sens hébétés ; les autres, avec dvs sens exquis, par une mauvaise conformation du cerveau. C'est oii j'attends l'auteur qui a pris l'outil nécessaire à l'ouvrage pour la raison de l'ouvrier... Il y a cinq sens excellents, mais la tête est mal organisée; les témoins sont fidèles, mais le juge est corrompu. »
Il ne s'agirait donc, après tout, que d'opposer le