Ibid, tome II, p
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bles au même moi, sujet d'inhérence, et avant tout de mouvements répétés à la môme force productive, ou à la même volonté moi i. » La réflexion serait donc, pour employer le langage de Kant, la faculté qui ramène la pluralité à l'unité, surtout à cette unité fondamentale dont le type est en nous-mêmes. « Elle commence donc avec le premier effort voulu, avec le fait primitif de conscience.» Par la réflexion le moi se distingue de ses impressions : il distingue, en outre, les perceptions qui lui viennent du dehors de celles qu'il peut produire et se procurer à lui-même par un effort de la volonté. A ce point de vue, Biran attache une grande importance ù un fait trop peu remarqué par les psychologues, celui de l'union du sens de l'ouïo et des organes de la voix. Grâce à cette union, et en même temps à Ja distinction des deux espèces d'organes, le moi peut se donner à lui-même des sensations sans s'y perdre et sans s'y confondre; tandis que pour tous les autres sens l'élément actif est tellement mêlé à l'élément passif qu'on ne peut que très difficilement les séparer par l'esprit; de telle sorte que c'est dans le mouvement volontaire de l'organe vocal que Biran saisit le premier exercice précis et conscient de la réflexion, le premier acte du moi. On comprend par là l'importance qu'il attribue à l'institution volontaire des signes, et comment il se sépare à la fois de l'école de Bonald, qui fait venir le langage d'une révélation extérieure et divine, et de
i. Ibid, p. 225.
UN PHILOSOPHE SPIRITUALISTE
Condiliac qui le fait venir des sens, c'est-à-dire de la pure passivité. L'institution des signes est pour lui le fait caractéristique de l'état de réflexion. A cet emploi volontaire et conscient des signes se rattache un nouveau degré de la mémoire. La mémoire imagina tive^ ou réminiscence correspond au système sensitif et la mémoire volontaire au système perceptif. A celle-ci succède à son tour la mémoire intellectuelle, qui se rapporte au système réflexif. Ce système comprend encore toutes les opérations discursives de l'entendement, l'induction et la déduction, et les diverses espèces de déductions. Les psychologues trouveront sur toutes ces questions une riche matière d'observations et de faits. Remarquons cependant comhien Biran, malgré la profondeur de son esprit a été peu frappé do la difficulté d'expliquer, en partant du simple fait de l'effort volontaire, les notions absolues et nécessaires, et les principes premiers. Il ne parle qu'incidemment de ce qu'il appelle « l'intuition intellectuelle ^ >; qui donnerait, suivant lui, les jugements nécessaires et immédiats; mais, c'est là un point tout à fait secondaire dans sa théorie ; et sur cette question, il est resté iidèle à l'empirisme du xviii^ siècle ; seulement, comme nous l'avons dit déjà, ce n'est pas un empirisme extérieur, comme celui de Condiliac : c'est un empirisme intérieur, que l'on pourrait appeler une sorte de réflexivisme empirique.
Quelque objection que l'on puisse opposer à la doctrine de Biran, il faut lui savoir gré d'avoir