Traité des systèmes, ch. X
2. De Gérando, dans son Histoire comparée des syslêmes de philosophie, consacre huit pages au système de Spinoza (tome II, p. 62-70).
école, que revient l'honneur d'avoir rétabli la signification de la doctrine de Spinoza, de l'avoir vraiment fait connaître, enfin de lui avoir restitué sa place dans l'histoire de la philosophie.
C'est Victor Cousin qui a le premier introduit en France le point de vue que Herder, Gœthe, Schleiermacher, Novalis avaient défendu en Allemagne à la fin du dernier siècle ou au début de celui-ci, peut-être même avec quelque exagération, mais certainement aussi avec un grand fond de vérité ; c'est que le panthéisme n'est pas l'athéisme. « Bien loin d'accuser Spinoza d'athéisme, disait Cousin dans le cours de 1829 S il faudrait plutôt lui adresser le reproche contraire, » à savoir « un théisme excessif qui écrase l'individu *» .
Il associait Spinoza et Mallebranche, et disait do celui-ci qu' « il était un Spinoza chrétien », Dans un passage de ses Fi-agments philosophiques^, il développe la même idée avec éloquence. « Chez lui, dit-il, Dieu, l'être en soi, l'éternel, l'infini, écrase trop le lini, le relatif, l'humanité. Spinoza a tellement le sentiment de Dieu qu'il y perd le sentiment de l'homme. L'Éthique, toute hérissée qu'elle est de formules géométriques, est, au fond, un hymne mystique, un élan et un soupir de l'âme vers Celui qui seul peut dire légitimement: Je suis Celui qui suis... Adorant l'Éternel, sans cesse en