Spinoza et la Synagogue
face de l'inlinijila dédaigné ce monde qni passe; il n'a connu ni le plaisir, ni l'action, ni la gloire. Pauvre et souffrant, sa vie a été l'attente, la méditation de la mort. 11 a vécu dans un coin de La llaye gagnant à polir des verres le peu de pain et de lait dont il avait besoin pour se soutenir, répudié des hommes de sa communion, suspect à tous les autres, détesté de tous les clergés de l'Europe, n'échappant aux persécutions et aux outrages qu'en cachant sa vie, humble et silencieuse, d'une douceur et d'une patience à toute épreuve, passant dans ce monde sans vouloir s'y arrêter, ne songeant à y faire aucun effet, à n'y laisser aucune trace. Spinoza est un mouni indien, un soufi persan, un moine enthousiaste; et l'auteur auquel ressemble le plus ce prétendu athée et l'auteur inconnu de l'Imitation de Jésus- Christ, yt 11 y aurait sans doute, aujourd'hui, quelques restrictions à apporter à ce rapprochement, Spinoza n'est pas si mystique que le fait Victor Cousin. 3Iais,à ceux qui confondaient Spinoza avec Épicure il était nécessaire d'opposer les traits de sa philosophie et de sa personne, qui le rattachent à la tradition mystique des grands contemplatifs.
M. Victor Cousin s'était contenté de marquer le trait général de la philosophie de Spinoza. C'est à un de ses disciples, le plus illustre de tous. Th. Jouffroy qu'il appartient d'avoir le premier, dans une chaire publique, à la Sorbonne, donné une exposition fidèle, impartiale d'un ton haut et noble, de la métaphysique de l'Éthique ^