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La première partie de VE-ssai a donc pour objet : 1° de signaler et d'analyser ce fait primiLif du sens intime, à savoir l'effort volontaire, composé de deux termes indissolubles, le moi voulant et le non-moi résistant, et de le distinguer de tous les faits physiologiques qui le précèdent; 2° d'expliquer par ce fait toutes les idées métaphysiques de substance, de force, de cause, d'unité, d'identité, de liberté, etc. Biran montre que toutes ces idées ont leur type dans le fait primitif de vouloir, et que les débats des philosophes viennent de ce que les uns ont voulu ramener toutes ces idées à des sensations passives, qui en contredisent les caractères essentiels, tandis que les autres en cherchent l'origine dans l'absolu de l'àme. qui, pour Biran, nous est absolument incoimu. Les uns sont les disciples de Condillac, les autres ceux de Descartes.
On remarquera ici le caractère éminemment expérimental de la philosophie de Maine de Biran : et à ce point de vue, il n'a jamais répudié les traditions du xvni*^ siècle. Il n'est jamais revenu aux idées innées de Descartes, et n'a pas davantage admis les concepts à /3?*ion de Kant. Il s'en tient à l'expérience et fait sortir comme Condillac toutes nos idées d'un iait primitif. Seulement, au lieu de l'expérience externe, il invoque l'expérience interne : « J'étudiai, dit-il, le phénomène au dedans, au lieu de le prendre du dehors ^ » Au lieu d'expliquer le fait de conscience par la physiologie et Vanatornie, comme Hartley et Boimet, au lieu d'expliquer les notions par les sensations passives comme