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PROSPER MARILHAT

LOUIS FRANÇAIS. — DKSSIN D APRES NATURE. (Collection de M, I.éon Bonnal.)

la recherche du style à un amour très vif de la nature. Né le 26 mars 181 1 à Vertaizon, au cœur de l'Auvergne, il devait garder de ce pays où s'était passée son enfance le goût d'un pittoresque un peu sauvage. Sa vocation très précoce avait été encouragée, au collège de Thiers, par son professeur de dessin, un Italien nommé Valentini qui fut aussi le maître de Ch. Blanc'. Mais ses parents, bien que jouissant d'une certaine fortune, ne cédaient que très difficilement à son désir de s'adonner à la peinture. Ses études finies, Marilhat avait cependant obtenu la permission d'aller à Paris où il fréquentait durant une année l'atelier de Camille Roqueplan. C'est là que l'avait connu un riche Allemand, le baron de Hugel, qui lui offrait de l'emmener avec lui en Orient. Curieux comme il l'était, le jeune homme, au sortir de son pays natal, ne s'accommodait guère des tranquilles horizons de la banlieue parisienne. Il accepta donc avec empressement cette proposition et partit de Marseille le 3 1 avril 1 83 1 . Dans les lettres enthousiastes qu'il écrivait à sa

I. V. H. Gomot, Marilliat et son Œuvre; et Th. Gautier, l'Ai-t moderne.

sœur des diverses contrées qu'il visita successivement, il lui vante « le caractère superbe de la Grèce, la grandeur et la beauté magnifique de ses plaines désertes. » Puis, c'est la Syrie, où il aborde, « aride, brûlée, réduite en cendres, mais sans avoir perdu la noblesse de ses formes. » Les trop courtes haltes de ces rapides escales n'étaient guère favorables à un travail un peu sérieux et, arrivé à Alexandrie, Marilhat, « jugeant que tout ce qu'il avait vu jusque-là n'était rien », se séparait de son compagnon pour se livrer en toute liberté à son travail. L'Egypte Pavait conquis par la simplicité et la pureté de ses lignes, par la merveilleuse harmonie de ses colorations et la beauté de sa lumière, aussi bien que par l'accord toujours heureux que la figure humaine y présente avec la nature. Pour rassasier ses yeux et amasser sans relâche de nombreuses études, les journées lui paraissaient trop courtes et ni les chaleurs excessives, ni la fatigue, ni les privations ne pouvaient l'arrêter dans son travail. Quand l'argent que lui envoyaient les siens tardait trop à lui parvenir, il peignait, pour vivre, des portraits ou brossait des décors pour le théâtre d'Alexandrie. Rappelé par sa famille, il ne se décidait à quitter l'Egypte qu'avec un profond regret.

Dans les tableaux que, rentré en France, en i8(33, il composait à l'aide de ses études et qu'il exposait aux Salons qui suivirent, la Place de rEsbékieh, le Café sur une route de Syrie., les Ruines de Balbeck, la Valley des tombeaux., le Village près de Rosette^ etc., Marilhat s'est appliqué à exprimer des impressions très vivement ressenties par lui^ celle de la lumière et de l'étendue surtout, qui le frappaient particulièrement dans les contrées qu'il venait de parcourir. Le premier, il a su rendre avec autant de force que de délicatesse, dans son Crépuscule sur les bords du Nil Qt\Qs Arabes syriens en ro^'a^^e, le contraste entre la riche végétation qui se presse sur les rives des cours d'eau de ces contrées avec la désolation de leurs solitudes rocheuses. Ces pénétrantes images donnent bien l'idée de la grandeur et de la poésie de la nature en Orient. Mais de bonne heure, la saaté de l'artiste fut compromise par les imprudences de sa vie aventureuse. Très ardent, passionné pour le plaisir comme pour le travail, il avait ressenti avec terreur les premières atteintes du mal dans lequel devait sombrer sa raison. A la suite d'un séjour en Auvergne, le calme qu'il y goûtait n'amenait qu'un court répit dans les progrès de ce mal et bientôt après, à son retour à Paris, il

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