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PAYSAGES DES ENVIRONS DE HARLEM

ALLAKRT V. KVERDIN(.EN. — • PAVSAGH NORVEGIEN. Collcclion de l'Albcrlina (Phot, Braiin, Clément et Cie).

ceinture. Sans se lasser jamais et en les modifiant toujours, Ruisdael a multiplié les exemplaires de ces Dunes d'Overvcen dont nous trouvons des répétitions dans les Musées d'Amsterdam, de la Haye, chez M. Holford, à Dorchester-House, à Paris chez MM. Rodolphe et Maurice Kann, chez Mme Edouard André et à la Galerie de Berlin qui en possède deux remarquables variantes.

Peut-être l'originalité du peintre apparait-elle mieux encore dans des motifs plus simples dont, à force de talent, il a tiré un si merveilleux parti. \'()us imagineriez difficilement qu'il pût trouver le sujet d'un tableau dans ce Champ de Blé dont il existe aussi plusieurs répétitions, plus ou moins modifiées. C'est en insistant sur l'humilité même du sujet que Ruisdael a su le rendre expressif. Au lieu de ces moissons abondantes et dorées que dans les contrées méridionales un sol généreux fournit à l'homme, presque sans culture, ici des épis grêles et chétifs, à peine jaunissants, ondulent sous un ciel pâle, menacés par le sable qui les enserre de toutes parts. Cette même impression de lutte et de tristesse, nous la retrouvons plus éloquente encore dans le Buisson

du Louvre, une des toiles les plus célèbres du maitrc et dont notre

grand paysagiste Daubigny a donné, dans une eau-forte que nous reproduisons ici, une si fidèle traduction. Si Ruisdael n'a jamais cessé de s'inspirer de cette nature mélancolique, il a cependant cherché dans d'autres parties de la Hollande des sujets d'étude. Rarement, il est vrai, il a peint — ainsi que l'avaient fait son oncle Salomon et van Go3'en — le cours des grands fleuves, et avec le beau tableau de M. Aynard, on ne peut guère citer, en ce genre, que le Moulin à veut de la collection van der Hoop, dont il a trouvé le motif sur les bords du vieux Rhin, aux environs de la petite ville de Wyck-by-Dursteede, encore facilement reconnaissable à sa tour tronquée. L'ceuvre est de prix et, dans l'interprétation de ce motif qu'avaient souvent traité ses prédécesseurs, Ruisdael s'est montré à la fois très puissant et très original. On sait la belle description que Fromentin a faite de ce « grand tableau, carré, grave (il ne faut pas craindre d'abuser du mot avec l'artiste , d'une extrême sonorité dans le registre le plus bas... et dont la tache est singulièrement imposante, à la considérer comme un simple décor »'. Poussant un peu plus loin ses excursions, Ruisdael, comme quelquesuns de ses confrères, a peint plusieurs fois le château de Benthcim — notamment dans les tableaux du Ryksmuseum et de la galerie de Dresde et surtout dans l'admirable chef-d'œuvre de la collection de M. A. Beit — avec la fière silhouette de ce château campé au sommet d'un monticule. Au milieu des vastes plaines de la Hollande, la moindre éniinence prend un relief extrême et domine tout le pays : on comprend donc que les paysagistes fussent attirés de ce côté. Non loin de là, d'ailleurs, à en juger par la configuration des terrains et le caractère de la végétation, il nous semble que Ruisdael avait trouvé, sur les confins du Hanovre, dans la Gueldre ou l'Over-Yssel, des solitudes bien faites pour lui plaire. C'est de cette contrée écartée qu'il rapportait, sans doute, les études de ce Monastère de la Galerie de Dresde, dans lequel Goethe, fidèle à sa poétique, prend plaisir à relever les contrastes de ce pont écroulé, de ce cloître autrefois peuplé de religieux, maintenant abandonné, et des vieux arbres qui survivent à ces constructions, prétexte nouveau à des rapprochements qui lui sont chers et à ces comparaisons inévitables entre les fragiles créations de l'homme et l'éternelle

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