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fiant une théorie vraie, nous nous en servions pour guider nos investigations, et ainsi ajouter aux connaissances dumonde. Une partie de notre travail, à laquelle, me semble-t-il, Tavenir nous appelle, est d^aider le monde à marcher sagement dans les voies de ces recherches où il est maintenant engagé. Vous ne pouvez Tempêcher d^y progresser, la connaissance est déjà trop répandue ; mais ce que vous pouvez faire est d^aider les hommes à avancer avec sagesse, et à éviter bien des abîmes où ils courraient autrement le danger de tomber. Il y a dans ces domaines bien des choses à accomplir, des entreprises à réaliser, des méthodes de recherches à préparer et à contrôler ; et j’espère avant longtemps voir se former dans la Société des groupes qui prendront parmi leurs activités ce travail spécial suivant cette méthode, et, dirigés par un homme ayant quelque expérience pratique de ces études, aideront les jeunes étudiants à étudier avec Sagesse et à expérimenter avec soin. Il est bon, dans ces questions, d’amener autant que possible les membres de la Société les plus instruits en matière de science, au contact de cette œuvre spéciale ; car Tune des raisons pour lesquelles le Spiritisme connut pour un temps le discré-
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i. Vi.
dit fut que les savants et les penseurs lui refusaient leur attention et rabandonnaient aux mains des crédules et des ignorants. Les chefs du monde scientifique qui eussent dû collaborer à l’œuvre entreprise par Sir William Ciookes, Alfred Wallace et d’autres, au lieu de les suivre et de renforcer leur action, se détournèrent, en laissant l’exécution à de bien moins instruits, non accoutumés à l’observation exacte et à la notation scrupuleuse des phénomènes.
Aujourd’hui les principaux hommes de science commencent à s’y adonner;sur toutes les voies de la recherche psychique, il y a du travail pour nous, si nous ne voulons pas diminuer notre Société de son Troisième Objet.
Un grand champ de travail s’ouvre donc devant nous: si large, si vaste, qu’il serait vain de demander du tra vail si seulement vous vouliez commencer à agir dans ces diverses voies. Voyez encore cet autre domaine dont vous entretenait M"* Cooper Oakley, Tétude historique du Mysticisme. N’avez-vous jamais été frappés de l’ignorance où Ton est de Tœuvre de nos prédécesseurs, parce que leur œuvre n’a pas trouvé de ch erc he urs sympathiques ? Combien de pionniers des siècles passés sont demeurés couverts d’un voile de calomnie,
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parce que nul na essayé de comprendre, d’expliquer la nature de leur œuvre? Des hommes tels que Paracelse, Gagliostro et bien d'autres dont je pourrais citer les noms, appellent, poui‘ ainsi dire, la recherche, la pensée et le labeur sur cette voie mystique et occulte. J’ai bon espoir, qu'à ce point de vue encore, un travail vraiment sérieux sera accompli; car, à mon sens, l une des raisons que notre Présidence a d’exister est d'agir comme un centre autour duquel tous les pays peuvent se grouper et communiquer les uns avec les autres, et former des groupements répandus par le monde en vue de l'aide mutuelle. La force de notre Société est dans cette unité de pensée, qui ne peut trouver sa réalisation que si chaque portion de la Société comprend que les autres portions lui demeurent unies, ainsi qu'il se doit, par une commune Présidence. La Présidence Serait une parade vaine si elle n'était un foyer d’inspiration et d'effort. La grande tâche accomplie par le feu Président est, ainsi que je Fai dit ailleurs,pratiquement complète:il a donné à la Société Théosophique une organisation au moyen de laquelle elle peut agir et vivre ; à lous d’utiliser l'organisation qu'il a fondée; ji nous de faire servir ce merveilleux iustru
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ment confié à nos mains pour un labeur universel et le service de tous les hommes. T elle est l’œuvre à laquelle je voudrais vous convier d’apporter votre concours. Ne nous isolons point les uns des autres pour travailler dispersés. En plus du travail personnel il nous faut le travail combiné ; plusieurs peuvent souvent réussir" où un seul est voué à l’échec. Voyez par exemple les grandes bibliothèques d’Europe séparées par une longue distance, 11 deviendra très pénible à une seule personne de parcourir toute l’Europe et de travailler seule dans toutes ces bibliothèques; mais si nous avions des étudiants à l’œuvre dans chaque grande bibliothèque, ils seraient pour nous des pourvoyeurs qui enverraient à un centre commun le résultat de leur travail, pour le répandre ensuite de là dans le monde entiei.
En agissant ainsi, la Société gagnera le respect lorsqu’elle sera connue pour son travail probe et utile dans tous les domaines de l’activité humaine. 11 est inutile de la glorifier par des paroles, de proclamer son excellence si nous ne justifions nos louanges aux yeux du monde par l’effort eftectit que nous apportons au service de tous.
Je vous demande donc d’envisager ainsi notre
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vaste champ de travail. Les travailleurs maiiqueut. Il y a du travail plus qu’assez pour tous, et le principe qui doit nous guider dans cette œuvre est, comme nous l’avons si souvent répété, la liberté de pensée, la liberté d’expression. Mais qu’il demeure bien entendu dans ta Société, car il y a danger qu’on l’oublie, que cette liberté est accordée à ceux qui affirment comme à ceux qui nient, que tous sont également libres. Ceux qui savent ont le droit de parler, et l’on ne doit point s’élever contre eux ; ceux qui ne croient pas ont le droit de dire leur incroyance, et l’on ne doit point s’élever contre eux parce qu’ils ne croient point. Mais ü y a ce danger qire ceux qui ne croient point pensent qu'eux seuls ont droit à la parole et que ceux qui savent n’ont pas le droit de dire ce qu’ils savent être vrai. C’est un danger qui entrave partout les pas de la Libre Pensée. Vous en voyez un exemple en France au moment présent, où le Libre Penseur révolté contre l’oppression de l’Eglise s’efforce de la réduire au silence comme il avait été lui-même réduit au silence dans le passé. C’est une réaction fâcheuse et nous n’en pouvons admettre de semblable dans la Société ; la liberté doit y être égale pour tous. Je n’ai point le désir d’irnpo-
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sor mes croyances à aucun membre de la Société, mais je réclame parmi vous le droit de dire la vérité que je connais, et d'apporter mon témoignage à la réalité de mon Maître que je sers depuis dix-huit ans, sans êtreTobjet d’attaques véhémentes de la part de ceux qui nient mon expérience. Je sais ce dont je parle. Je ne vous demande point d’accepter, c’est affaire à vous. Mais vous u avez point le droit d^essayer de me fermer la bouche ni de dire que Fassertion de ma croyance dépasse la liberté permise au sein de la Société Théosopbique. Aussi longtemps que durera ma Présidence, je défendrai de tout mon pouvoir le droit de tous à dire leur pensée, croyants et incroyants de tous genres ; mais je ne reconnais à personne le droit d’imposer à la Société un dogme d’incroyance, non plus qu’un dogme de foi. Nous ne pourrons vivre et grandir que par cette liberté absolue ; la Société ne conservera la santé que par la parfaite liberté de chacun à dire son opinion, quelle qu’elle soit. Dans les années qui s’ouvrent devant nous, il y a bien des connaissances à acquérir, bien des laits nouveaux à découvrir, bien des expériences à subir, et il ne faut pas décourager les investigateurs en leur ôtant la facilité de parler devant
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nous. Nous avons besoin de tous les faits que les hommes peuvent nous apporter. Le droit nous appartient de critiquer le fait et de Fexaminer sincèrement et dire^ ou bien: « C/est un fait », ou bien: < Je ne le reconnais pas comme un fait > ; mais nous n’avons pas celui de dire à personne : « Vous n^étudierez ni ne parlerez », car nous sonnerions nous-mêmes le glas de notre liberté, nous minerions le terrain qui nous supporte tous.
Marchons donc vers un avenir que j^espère plus beau qu’en aucun moment du passé.
4ccueillons toute pensée, tout refus de pensée, toute investigation, toute parole, si différente qu'elle puisse être de notre parole et de notre pensée, dans Tabsolu respect de chacun pour chacun, la pleine conscience des différences qui séparent les esprits, et que chaque esprit a sa propre sphère oii il peut réaliser un travail utile à tous ; encomageons dans notre Société toute école de pensée, toute forme d opinion, toute expression de la pensée quelle qu’elle >soit. Et de ces conflits d’opinions, de toute cette discussion, la Vérité sortira plus forte, plus riche, plus grande que jamais. Qu’importe si parfois des erreurs sont prononcées, qii’imj)orte si parfois des erreurs sont cornmi-
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ses- Un vieux livre dit: « C’est la Vérité qui triomphe,Don rErreur»; car Dieu est Vérité; rien de ce qui n’est pas animé par Sa V’^ie ne saurait vivre, rien de ce qui tire de Lui sa vie ne saurait périr. Pénétrés de cette vérité,nous pouvons marcher sans crainte vers ravertir inconnu, certains que pour le cœur br ave et la vie sincère, toute expérience, tout échec, toute erreur,n’est qu’un nouvel échelon grâce auquel nous nous élèverons de l’ignorance à la connaissance, de l’esclavage de la matière à la liberté de l’Esprit.