LE STATUAIRE APPELÉ PAR CATHERINE II
A Messieurs de l'Académie royale de 'peinture et sculpture,
A Paris, le 3 septembre 1766.
Messieurs,
Le désir que j'ai eu d'exécuter sous vos yeux le monument dont l'Impératrice de Russie vient de me charger, est un hommage que vous daignerez agréer, puisque la supériorité de vos talents et le besoin que j'ai de vos avis l'ont fait naître.
Je connais parfaitement toute l'utilité des secours dont je vais être privé. Je dois tout à l'Académie, c'est en elle que résident les auteurs de mon éducation et la source des événements les plus heureux de ma vie.
Recevez donc, Messieurs, l'aveu sincère du besoin que j'ai de vos conseils, recevez mes regrets d'en être privé. Un bien n'est jamais pur : il m'était réservé de mêler à celui qui m'arrive aujourd'hui le déplaisir d'être abandonné à moi-même. Au moins, Messieurs, si vous m'honorez de vos ordres pour l'Académie de Saint-Pétersbourg, j'aurai des témoignages bien agréables et bien doux de l'honneur que j'ai de vous appartenir.
Je suis avec respect, Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur.
Falconet.