FALCONET
Du Cabinet de M. Delacroix, ancien liquidateur au Tribunal de commerce de Paris. — On sait ce qu'était Falconet : esprit cultivé, mais personnel, caractère irascible, et, à ce titre, assez enclin à la flatterie, dans l'espoir qu'on userait avec lui de réciprocité. Au demeurant, un sculpteur adroit, faisant bonne contenance parmi ceux qui honorent l'École durant la seconde moitié du dix-huitième siècle.
En 1766, Falconet dut se rendre en Russie, où il vécut douze années, retenu par l'exécution de sa statue équestre de Pierre Ier. Prendre congé de l'Académie royale était un devoir qu'il ne négligea point. Et c'est plaisir de voir en quels termes galants ce sceptique parle du mérite de ses confrères. La lettre, que nous publions ici, fut communiquée à l'Académie le 6 septembre 1766. Aussitôt, la Compagnie — c'est le procès-verbal qui nous l'apprend — chargea son « Secrétaire de répondre à M. Falconet en des termes exprimant combien Elle est sensible à se voir privée d'un Professeur si digne de son estime, privation qui ne peut être compensée que par la certitude qu'Elle doit servir à étendre la gloire de l'Académie et de l'école française ». On ne pouvait mettre plus d'empressement ni de courtoisie à reconnaître l'urbanité d'un confrère.