L'ACADÉMIE DE SAINT -LUC
A M. le Secrétaire de V Académie de Marseille.
Ce 27 janvier 1777.
Monsieur,
J'ay l'honneur de vous adresser la lettre que j'écris à MM. de l'Académie de Marseille, de la part de la nôtre de Paris. En même temps j'ay l'honneur de vous remercier des politesses dont est remplie celle que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser, et de vous demander la continuation de votre amitié, en vous assurant de la réciprocité.
Je fais mention, dans ma lettre à l'Académie, d'un fait dont peut-être on n'est pas instruit à Marseille, ou peut-être qui n'y fait pas une si grande sensation, soit parce que vous n'avez pas de maîtrises, ou peut-être parce qu'elles ne sont pas aussi persécutrices que l'était à Paris la maîtrise des Peintres de Saint-Luc. Mais c'est pour nous, à Paris, un très grand événement que la liberté des arts, et la destruction du droit de saisie qu'avait sur eux la communauté de Saint-Luc. Vous y avés aussi un très grand intérêt en ce que, si aucun des artistes de votre corps fut venu à Paris, il ne lui aurait pas été permis d'exercer ses talens sans être auparavant entré, à prix d'argent, dans cette funes.te communauté : tyrannie cruelle et qui n'existoit en aucun