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autre pays de l'Europe. Partout, les arts étoient libres, excepté dans le pays qui passe pour le mieux policé; je n'ay pu résister au plaisir de vous faire part de notre joye.
J'ay l'honneur d'être, avec la plus parfaite estime et le plus sincère attachement, Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
Cochin.
Étienne Parrocel préparait, il y a tantôt vingt ans, une Histoire de l'Académie de peinture de Marseille. Nous devons à son obligeance communication de cette lettre de Charles-Nicolas Cochin, secrétaire de l'Académie de peinture de Paris. Elle est adressée au secrétaire de l'Académie de Marseille et porte la date du 27 janvier 1777. Notre confrère, M. Jules Guiffrey, au cours de sa préface des Livrets de l'Académie de Saint-Luc, écrit : « Dans une lettre qui a passé sous nos yeux, Cochin se plaint, avec assez de vivacité, que des cours utiles institués par l'Académie de Saint-Luc pour l'instruction des jeunes artistes manquent à l'Académie royale. » Nous n'avons pas lu la lettre dont parle M. Guiffrey, mais celle que nous publions en est le corollaire. Cochin laisse échapper la joie que lui fait éprouver la suppression de l'Académie de Saint-Luc, rivale, en plus d'un cas, de l'Académie royale. Et, comme l'interdiction d'ouvrir le Salon du Colysée, en août 1777, fut certainement provoquée par l'Académie royale, ayant à cœur d'empêcher une solennité à- laquelle aurait pris part plus d'un académicien de Saint-Luc, la lettre de Cochin est une sorte de préface aux prohibitions qui seront édictées six mois plus tard.