Landon (Charles- Paul), peintre, grand prix en
Il est permis de ne pas prendre au sérieux la tendance de l'esprit français à s'éprendre de l'uniforme, de la broderie, du galon ; mais, d'autre part, il faut bien se rendre à l'évidence, cette tendance existe. On sait quels costumes prépara Louis David à l'époque de la Révolution ! Pour peu que la nation eût reçu l'ordre d'endosser ces vêtements prétentieux, nos pères n'auraient plus formé, en apparence du moins, qu'un ensemble de groupes bizarres, catégorisés, étiquetés, enrégimentés. L'époque voulait cela, on peut le croire, car le goût de l'uniforme gagna jusqu'aux peintres, aux sculpteurs et aux architectes du palais Mancini. On vient de lire la lettre que sept des pensionnaires firent tenir au ministre de l'Intérieur, le 25 décembre 1798. Nous en avons nous-mème relevé le texte sur la minute originale, conservée aux Archives de la Villa Médicis. Ménageot avait été remplacé par Suvée en 1792 comme directeur de l'Académie. Mais Suvée ne prit pas possession de son poste. Confirmé dans sa charge en 1796, il ne serait allé à Rome, d'après M. Lecoy de la Marche, qu'en 1801. C'est donc, en quelque sorte, durant la vacance du gouvernement, que les pensionnaires, à la veille de se rendre au palais Mancini, se laissèrent aller à la fantaisie de se choisir un uniforme. La description du costume, composé par trois sculpteurs, deux peintres et deux architectes ne nous rassure pas sur l'effet qu'il eût produit. Ce fut Letourneur, ancien conventionnel, qui, en sa qualité de ministre de l' Intérieur, reçut la requête des pensionnaires, et, sans doute, il en donna connaissance au sage Suvée, qui dut proposer de n'en point tenir compte.