‹ Les maîtres peints par eux-mêmesChapitre 37 sur 116 · MEYNIER · texte numérisé non relu

MEYNIER

saint Roi ; mais je crois que celui-ci mérite la préférence, par les épisodes qu'il présente : d'un côté, les princesses défaillantes, les princes consternés, les chevaliers prosternés près du Roi. Des malades sortant des hôpitaux et s'empressant pour voir et pour toucher encore les vénérables restes de leur maître. Le fond représentant des feux allumés dans le camp des Maures.

Le second, l'un des plus héroïques et des plus religieux, en même temps qu'il est de la plus haute importance dans l'histoire de France. La scène se passe dans le camp de Philippe-Auguste, qui, après avoir déposé sa couronne sur l'autel, et prononcé une harangue sublime, donne sa bénédiction aux barons, dont la valeur va sauver la monarchie. Les prêtres, cet autel, les soldats, les chevaliers prosternés, la variété des costumes, les armures extraordinaires qui sont consacrées par les anciens monuments, tout me fait croire qu'il est digne de décorer le lieu auguste auquel il est destiné.

Je pense aussi qu'il est infiniment plus avantageux de peindre les grandes machines sur une seule toile et d'un seul sujet.

Je renouvelle à Votre Excellence, Monseigneur, l'expression de ma reconnaissance, et je la prie d'agréer l'assurance du profond respect avec lequel je suis,

De Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur.

Meynier,

Membre de l'Institut (Académie royale des Beaux-Arts).

Meynier propose au choix du ministre deux sujets historiques, mais la lettre de Prud'hon avait précédé celle de Meynier, et M. Lainé avait assigné à Prud'hon une scène tirée de l'histoire de saint Louis. Il fut résolu que Meynier devrait traiter la bénédiction de Philippe-Auguste, avant la bataille de Bouvines.

Page 1