LA LOIRE VUE PAR UN ARTISTE
A François Grille.
Paris, 8 novembre 1828.
Monsieur,
Me voilà de retour à Paris, et il me tarde d'avoir l'honneur de vous revoir, mais l'état de convalescence dans lequel je suis arrivé, après une maladie à laquelle j'ai failli succomber à Nantes, exige que je prenne quelques jours de repos avant de pouvoir sortir : ce sont les ordres exprès de mon docteur.
J'espère néanmoins avoir l'avantage d'aller vous voir à la fin de la semaine, vendredi ou samedi ; je serai heureux de pouvoir vous réitérer, de vive voix, combien j'ai eu à me louer des personnes auxquelles vous aviez bien voulu m'adresser dans mon voyage, notamment de M. votre frère, dont l'obligeance et la bonté m'ont pénétré de reconnaissance, et de ce bon docteur Tréluyer, qui m'a prodigué dans ma maladie les soins d'un ami, d'un parent, et auquel je dois d'être encore de ce monde.
J'avais voulu profiter, avec trop d'ardeur, des beaux jours qui ont succédé à deux mois consécutifs de pluie et de mauvais temps. J'ai failli payer bien cher l'excès de travail auquel je m'étais livré. Heureusement encore que mes croquis des Bords de la Loire 1 étaient terminés quand cette cruelle maladie