HORACE VERNET
messieurs d'en bas, les prier de renoncer à des dîners patriotiques, qui se seraient, comme vous le pensez bien, terminés par quelque explosion de joie. J'avais promis, sur ma tête, au cardinal Albani,que tout resterait dans Tordre, moyennant une note de sa main qui m'y posât les inconvénients que pourrait occasionner, pour le repos public, la vue des couleurs nationales ; enfin, jusqu'au 1er septembre, époque à laquelle le pavillon français est entré dans les ports, nous sommes restés sans signes extérieurs, et, depuis, tout a marché sagement, le premier moment d'enthousiasme étant amorti. Vernet.
Il faut lire, dans l'ouvrage, l'Académie des Beaux-Arts, le récit tracé par le comte Henri Delaborde des difficultés, très imprévues, survenues entre Horace Vernet, directeur de l'Académie de France, et l'Académie des Beaux-Arts, à la veille des journées de Juillet, si l'on veut se rendre compte de l'allusion du peintre à la défense qu'il a su prendre des pensionnaires. Des dessins d'Henri Labrouste, censurés par l'Académie des Beaux-Arts, approuvés sans réserve par Vernet, avaient été la cause du conflit. Mais 1830, avec ses agitations à l'intérieur et ses contrecoups à l'étranger, donna bientôt une autre direction aux pensées de Vernet, dont la situation à Rome ne laissa pas d'être périlleuse. Le comte Delaborde raconte, en détail, les mesures prises par le directeur de l'Académie de France, dans le but de protéger les pensionnaires et la Villa qui les abritait. Cette page d'histoire ajoute à la physionomie de Vernet, impétueux, aisément frondeur, expansif jusqu'à la jactance. Vernet écrit à Guérin, son prédécesseur; sa lettre évoque le souvenir des journées de Juillet : elle a donc son intérêt. Cette lettre a fait partie du Cabinet Cottenet.