ET L'ACADÉMIE DE FRANGE
Au baron Guérin.
Rome, 2 décembre 1830.
Il y a bien longtemps, monsieur et ami, que je vous dois une lettre. Si j'ai tant tardé, la raison en est simple : j'ai voulu attendre que tout fût fini entre moi et l'Académie, afin d'avoir à vous remercier des lumières que vous avez bien voulu jeter sur ma position, sans vous ennuyer des détails fâcheux qui ont dicté ma conduite envers l'Académie de Paris. Aujourd'hui, la barre est tirée ; il n'y a plus ici qu'une seule autorité à satisfaire, et je ne dois recevoir d'instruction que du ministère...
L'occasion n'a pas tardé à se présenter de me faire apprécier l'avantage de m'être établi le défenseur des pensionnaires, et, par ce moyen, d'avoir obtenu leur confiance. Lors des événements de Paris, toutes les têtes se sont montées, chacun avait fait son drapeau tricolore, des cocardes, etc.. Il n'était bruit, dans Rome, que d'une promenade qui devait avoir pour but de soulever le peuple, et d'égorger les cardinaux. L'absence entière (mais heureusement momentanée) d'ambassade, rendait ma position importante et difficile. J'ai pris chaque pensionnaire en particulier, puis en masse ; les drapeaux ont été brûlés, puis ils sont allés en mon nom, vers ces