‹ Les majoliques italiennes en ItalieChapitre 13 sur 54 · I. Noti\ia délia raccolta Correr, page · texte numérisé non relu

I. Noti\ia délia raccolta Correr, page

pour attribuer le dessin de cette plaque, qui est excellent, à Nicolo ou Nicoletto Pizzolo ; cette conjecture est assez vraisemblable et suffirait à prouver Torigine padouane de cette pièce. Il n'est du reste guère possible d'en douter, car d'après le même Lazari, avant d'entrer au musée, cette plaque ornait à Padoue la façade d'une maison de la via délie boccalarie^ maison dans laquelle on a trouvé des traces non équivoques de l'existence d'une ancienne fabrique de poteries.

A la même fabrication en sgraffio et peut-être à la même époque se rapportent divers fragments de poteries découvertes en 1878 et exposées dans les vitrines du Museo Civico; les ornements sont les mêmes que ceux que nous avons décrits déjà en parlant soit des faïences du musée Brera, soit des faïences de Pavie : poissons entre-croisés, rinceaux, fleurs, zigzags, ou médaillons où se voient des figures de profil. Là aussi nous avons retrouvé quelques échantillons des pattesde-coq employées par les potiers, mais d'une forme un peu différente de celles des fabriques de Pavie.

En fait de pièces de la bonne époque des majoliques, c*e5t-à-dire de la fin du xv« et du commencement du xvi« siècle, nous n'avons à signaler qu'une seule pièce. C'est une plaque Carrée que nous attribuons à Faenza, sur laquelle est peinte

la Déposition de la croix d'après Andréa Mantegna. Cette majolique est remarquable par son excellent dessin largement traité en bleu foncé, les vêtements étant lavés en bleu et en jaune clair, et le fond en vert. Il y a là un parti pris qui prouve que les potiers de Faenza étaient de véritables coloristes ; leur mérite éclate surtout quand on les rapproche des majoliques à personnages que Ton fabriqua à Urbino pendant tout le XVI® siècle. Si les Faentins ne furent pas toujours des dessinateurs fort habiles (et la collection du musée Correr prouve qu'il y a eu des exceptions), ils ne possédèrent pas du moins cet abominable dessin de pratique dont les Xanto et surtout les Fontana ont usé et abusé. Si Ton excepte les pièces attribuées à Nicola da Urbino, dont quelques-unes sont véritablement des œuvres d'art, on ne comprend pas bien la vogue qu'ont obtenue les poncifs de ses successeurs, et ce que l'on comprend bien moins encore c'est le succès qu'obtiennent aujourd'hui encore ces produits de pure décadence.

Qu'on nous pardonne cette digression. Revenons maintenant aux quelques pièces du Museo Civico qui valent la peine d'être signalées. Commençons par Xanto. C'est à ce maître que nous attribuerons un plat représentant le maître d'école de Falérie et Camille ; le dessin est passable, le modelé traité en bistre avec rehauts de blanc, les draperies jaunes et bleues. Au fond, sur l'étendard qui flotte au-dessus d'une tente se voit un X accompagné d'un petit o, monogramme qui peut passer pour une signature. A l'école de Xanto nous attribuerons aussi un plat daté de 1542 représentant le roi Métabus sauvant Camille, plat dont le Louvre possède un exemplaire, et dont de nombreuses répliques, avec ou sans variantes , se trouvent dans presque toutes les collections; enfin un plat représentant Daniel dans la fosse aux lions. Un ange tient par les cheveux le prophète Abacuc qui apporte des petits pains placés dans un panier. Dans cette pièce on retrouve le dessin et la façon de modeler de Xanto, mais les tons sont excessivement som-

— Sobres ; à gauche se voit un écu mi-parti d'azur au léopard d'or à récharpe de gueules et de gueules au lion d'argent.

Un plat d'Urbino, signé au revers S. A. M. (Simone di Antonio Mariani ?), représente un sujet inconnu. A droite se voit un prince assis sur un trône ; un homme vise avec un arc un vieillard nu attaché à une pièce de bois ; au premier plan deux jeunes gens ont Tair de pleurer et de refuser d'imiter son exemple. Au second plan se voient de nombreux personnages. Le dessin est détestable et la note dominante, aussi mauvaise que le dessin, est jaune.

Peut-être faudrait-il attribuer à Orazio Fontana lin plat Représentant Judith coupant la tête d'Holopherne et qui porte des armoiries d'or au dauphin d'azur posé en pal ; et un autre où l'on voit Samson tuant les Philistins.

Mentionnons encore comme appartenant à cette école un Combat de cavalerie sur un pont, remarquable par ses tons bleu vif et roux, et un groupe d'hommes combattant à cheval, composition empruntée à la célèbre bataille du pont Milvius. Ce sont là à peu près tous les renseignements, assez maigres d'ailleurs, que peut fournir le Museo Civico de Padoue.

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